Le blog de Jean-Philippe Accart, biblioblogueur

  • L'histoire de Genève sous le prisme de ses bibliothèques

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    jvr-ombre-1.jpgPeu de Genevois le savent, mais leur ville est une des plus riches au monde en terme documentaire : les collections de ses bibliothèques, et ce depuis au moins de deux siècles, comptabilisent le plus grand nombre d'ouvrages par habitant, constituant un patrimoine documentaire, littéraire et scientifique inégalé. A l'heure où l'on parle de numérique, ces collections papier existent toujours, et occupent un grand nombre de professionnels : doit-on voir dans cette richesse documentaire une des clés de la réussite de Genève puisqu'elle nourrit les milliers d'étudiants et de professeurs ? Certainement. L'habitant lambda n'est pas exclu puisque le réseau des bibliothèques municipales de Genève est lui aussi très dynamique.

    La maison d'édition genevoise L'Esprit de la lettre publie un ouvrage à quatre mains intitulé "Histoire d’une (r)évolution | L’informatisation des bibliothèques à Genève 1963 – 2018 : là aussi, peu de Genevois le savent, mais l'histoire des bibliothèques suit de près celle de l'informatique. Plus rien - ou très peu - de transactions au sein d'une bibliothèque a à voir avec le papier : tout est informatisé par des systèmes de gestion de bibliothèques performants qui permettent de réaliser une multitude d'opérations.

    Les auteurs de cet ouvrages ont participé activement à l'évolution des bibliothèques genevoises, et il faut leur rendre cet hommage-là : ils ont accompagné toutes les transformations depuis une bonne quarantaine d'années, Alain Jacquesson en tant directeur de la Bibliothèque de Genève et Gabrielle Von Roten de l'Université de Genève.

    Sur le chemin de l'histoire, Genève peut aussi être vue sous le prisme de ses bibliothèques.

    Jean-Philippe Accart

  • Heidi au Japon

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    heidi.jpgHeidi est un des plus célèbres mythes suisses et il s'exporte même au Japon. En soi, cela n'a rien d'étonnant que la petite fille montagnarde créée par Johanna Spyri dans les années 1880 continue à faire rêver des générations d'enfants de par le monde, et même au pays du soleil levant : elle représente la quintessence d'une Suisse idéalisée, un petit pays niché au milieu des montagnes enneigées, d'une nature luxuriante, d'une vie simple et accessible.

    Traduit en 1920 au Japon, le roman Heidi connait un immense succès, amplifié par la suite en 1960 quand il est adapté par le cinéma d'animation japonais qui cherche alors un second souffle. Le succès dépasse même le Japon car il est adapté dans une vingtaine de pays. Le dessin animé pour enfants est alors lancé.

    Aujourd'hui, des milliers de touristes japonais visitent chaque année Maienfeld, le village grison considéré comme la patrie de Heidi.

    Le Musée national suisse à Zürich retrace dans une exposition jusqu'au 13 octobre 2019 l'aventure japonaise de Heidi dont le succès est dû au réalisateur de films d'animation Isao Takahata.

    Jean-Philippe Accart

  • Votre journal a 140 ans !

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    topelement.jpgLe saviez-vous ? La Tribune de Genève fête ses 140 ans cette année : autant dire que par les temps qui courent, c'est un exploit et c'est bien sûr grâce à ses lecteurs et ses journalistes. Souhaitons-lui encore 140 ans d'existence !

    La Bibliothèque de Genève, bibliothèque patrimoniale, a numérisé la TdG de 1879 à 1920, en attendant l'entier de la collection. Une autre bibliothèque, la Bibliothèque nationale suisse, a entrepris un vaste projet de numérisation de la presse suisse, travail titanesque (87 journaux numérisés) que l'on peut retrouver sur le site e-newspaperarchives

    La Tribune de Genève est donc un des plus anciens quotidiens suisses encore publié, et vous retrouverez régulièrement dans ces colonnes les événements qui ont jalonnés l'histoire de Genève, et bien sûr l'histoire mondiale.

    En illustration, la première une du 1er février 1879, un régal !

    Jean-Philippe Accart

     

     

     

  • Une politique culturelle pour Genève

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    BGE.jpgLe conseiller d'Etat Thierry Apothéloz vient de publier un document  qui dévoile ses ambitions pour une véritable politique culturelle à Genève. Aussi étonnant que cela paraisse, un tel document n'existait pas jusque-là... : il est vrai que la culture en ville et dans le canton de Genève apparait disparate et sans grande cohérence, même s'il existe de nombreux événements culturels dignes de ce nom. Or, vu le renom international de la ville, c'est pour le moins surprenant et pas en adéquation avec les richesses (culturelles, littéraires, artistiques, patrimoniales...) de celle-ci.

    Que propose le conseiller d'Etat ? Notamment que la constitution genevoise instaure une nouvelle gouvernance pour la culture entre les communes, les villes et le canton. Parmi les propositions : un rapprochement des Archives de l'Etat avec la Bibliothèque de Genève ce qui renforcerait un pôle patrimonial d'envergure ; la création d'un musée de la bande dessinée ; et enfin, une rétribution équitables des artistes.

    Ce projet est soumis à observations jusqu'au 30 septembre avant d'être présenté au Conseil d'Etat.

    Jean-Philippe Accart

    Illustrations : La Bibliothèque de Genève au Parc des Bastions

     

  • Etes-vous "Brut" ?

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    brut.pngLa question est peut-être brut...ale, mais si vous avez plus de 35 ans, n'êtes pas sur les réseaux sociaux, vous avez peu de chance d'en avoir entendu parler. Il s'agit en réalité d'un nouveau support d'information - un nouveau média - créé par des journalistes télé (parmi lesquels d'anciens de Canal+) qui est 100% vidéo et 100% réseaux sociaux (donc pas de papier, pas d'édition numérique). Concrètement cela donne quoi ? L'information - quelle qu'elle soit - est traitée dans une vidéo très courte de quelques minutes et traite indifféremment de politique, d'une catastrophe, d'une guerre ou de la vie d'une star de l'écran.

    La rédaction de Brut est entre Paris et New York, il y a maintenant un Brut America, un Brut India, un Brut UK, un Brut Mexico. Au quotidien, une vingtaine de vidéos sont réalisées et diffusées sur Facebook, Youtube, Instagram, Twitter, Snapchat... Brut se rémunère en produisant des films publicitaires.

    L'époque de l'instantanéité, du tout tout de suite, du format court est donc à son apogée : on peut le regretter et préférer la lenteur, la lecture d'un journal papier ou l'écoute du Journal télévisé de Darius Rochebin... On peut aussi poser la question de la prise de recul par rapport à un événement filmé en direct, et du métier de journaliste lui-même. Il n'en reste pas moins que Brut existe bel et bien, et rencontre un certain succès.

    Jean-Philippe Accart

  • notreHistoire.ch : c'est votre histoire !

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    notrehistoire.jpg

    notreHistoire.ch est une plateforme en ligne collaborative : elle n'existe que parce que tout un chacun peut y participer, y déposer ses photos et vidéos ou des documents familiaux, personnels. Ce sont en quelque sorte des archives vivantes qui se dévoilent sous nos yeux. notreHistoire.ch a été lancé en 2009 par la FONSART (Fondation pour la sauvegarde du patrimoine audiovisuel de la RTS), en partenariat avec la RTS. Ouverte à tous, particuliers, institutions, associations, médias, sa consultation et son utilisation sont gratuites (après inscription pour le dépôt de documents).

    Un nouveau slogan vient d'être lancé « Quand les Romands écrivent leur histoire ! », slogan qui marque la rénovation de la plateforme : l'idée principale est de faire vivre l’histoire de la Suisse romande à travers la propre histoire de ses habitants. Près de 100'000 documents photos, vidéos, audios et écrits sont déjà rassemblés.

    La plateforme propose maintenant des entrées multiples, des galeries thématiques de documents composées par les membres ou dans les documents que chacun publie sur son profil, qu'il soit institutionnel ou privé. Un blog permet de se tenir au courant des nouveautés.

    Jean-Philippe Accart

    Ill. : 14 juin 1991, la grève des femmes à Neuchâtel 

  • Du voyage en ballon au drone : la Suisse vue du ciel

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    Lagginhorn_Eduard_Spelterini.jpgLa Bibliothèque nationale suisse (BN) à Berne possède des collections variées et sur tous types de supports concernant la Suisse (son mandat étant de collecter tout ce qui concerne la Suisse, même ce qui est publié sur la Suisse à l'étranger) : livres, journaux, revues, sites web, cartes et atlas, écrits académiques et de sociétés, publications officielles et documents musicaux.

    Ce qui nous occupe aujourd'hui sont ses collections photographiques que la BN met en valeur au travers d'expositions. "Vu du ciel" ("Von Oben"), la dernière en date visible jusqu'au 28 juin prochain, permet de mettre en valeur les travaux d'Eduard Spelterini, alias Eduard Schweizer (1852-1931) qui fut un des plus célèbres pionniers de la photographie aérienne au monde. 

    Pour raconter l’histoire de la photographie aérienne en Suisse, l’exposition prend comme point de départ les clichés d’Eduard Spelterini, des images conservées par le Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale suisse. Puis viennent les photos faites par avion, par satellite et enfin par des drones. Une exposition virtuelle permet de mieux s'en rendre compte. Des visites sont organisées sur place

    Jean-Philippe Accart

    Illustration : photographie du Lagginhorn par Eduard Spelterini

  • Difficile d'effacer ses traces sur Internet

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    458059_3449772199142_901571561_o.jpgDes enquêtes récentes le démontrent (voir en note) : la plus petite démarche sur Internet depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone engendre des traces qu'il n'est pratiquement plus possible de supprimer. Il est possible maintenant de bloquer les publicités intempestives qui nous arrivent grâce à des  bloqueurs de publicité ou de script (des extensions comme Ghostery, Privacy Badger ou NoScript). Mais pour le reste, nos traces apparaissent comme indélébiles : les polices de caractères spécifiques et les émojis laissent d'importantes traces. Grâce aux emojis qui indiquent une appréciation (ou l'inverse) d'une nouvelle, d'une photo ou autres, les fournisseurs d'information type Google ou Facebook récoltent ainsi de précieuses informations sur ce qui va constituer le profil d'un individu et pourra être analysé  par l'intelligence artificielle (IA). Les contacts pris, les données géographiques qui nous localisent sont d'autres indices précieux. 

    On peut cependant se servir de ce qui est récolté sur nous, mais ce sera l'objet d'un autre billet de blog...

    Jean-Philippe Accart

    Plus d'informations sur le site Thot Cursus

  • 200 ans de littérature pour enfants et jeunes adultes : 6 000 ouvrages numérisés

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    Au travers de la numérisation de 6 000 ouvrages pour jeunes adultes sur une période de 200 ans (principalement de livres en anglais), nous pouvons apprendre beaucoup. Plusieurs genres ont prospéré : l’instruction religieuse, mais aussi des livres de langue et d’orthographe, des contes de fées, des codes de conduite, et, surtout, des livres d'aventure comme ceux de Jules Verne. Ces livres offrent une vue (très colonialiste) du vaste monde. Ils sont souvent publiés en série dans les journaux à partir des années 1890, et mêlent fiction, voyage, histoire naturelle et sciences.

    Mais d'autres genres prospèrent qui rencontrent un grand succès : la poésie avec Elfin Rhymes de Norman ou le fantastique avec le Magicien d'Oz de Frank L. Baum et le non moins célèbre Peter Pan de J. M. Barrie. Ils préfigurent la série des Harry Potter et bien d'autres encore.

    L'étude des 200 prochaines années de ce type de littérature sera certainement tout aussi passionnante.

    Jean-Philippe Accart

    Pour en savoir plus, suivre ce lien

  • Mobilité chérie

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    mobilite.jpgLa société actuelle nous pousse à toujours plus de mobilité : dans le travail et la vie professionnelle en général, il faut changer de travail tous les 5 ans en moyenne et le fait d'habiter loin de son lieu de travail oblige à utiliser les transports en commun ou sa voiture (d'où l'obligation de posséder une voiture); en terme de loisirs et de vacances, les voyages lointains ont la cote au vu des développements du transport aérien (4,3 milliards de personnes en 2018 dans les airs, rapporte le bilan annuel de l'Organisation de l'aviation civile internationale)... en bref, être mobile ou ne pas être, telle est la question.

    Etre mobile, oui, mais dans quel but ? Le plupart des travailleurs résidant loin de leur lieu de travail ne font pas ce choix par plaisir, c'est souvent le coût de la vie qui les y oblige (cherté des loyers ; centre-ville peu pratique pour les familles), ils n'ont donc pas de choix. Le choix est là purement économique. 

    Les désagréments de la mobilité sont nombreux : les coûts engendrés sont élevés, le temps perdu en trajet est conséquent (embouteillages, intempéries), la pollution augmente... Cela a une influence non négligeable sur la santé et au final sur le travail lui-même. Peut-on toujours parler de "mobilité chérie" ?

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site www.genie.ch

    Plus d'informations dans le dossier de Télérama du 6 mars 2019 "La mobilité, de la liberté à l'aliénation"

  • Léonard de Vinci et Genève

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    indexLV.jpgUn mystère sera peut-être dévoilé le vendredi 1er mars prochain à 12h15 à la Bibliothèque de Genève, aux Bastions. Le célèbre manuscrit De Divina Proportione écrit par Luca Piacioli  et conservé par la bibliothèque depuis 1756 comporte-t-il réellement 60 dessins de la main de Leonard de Vinci ?

    De Divina Proportione (La Divine Proportion) est un livre de mathématiques composé aux alentours de 1498 à Milan et publié pour la première fois en 1509 à Venise. Il détaille la proportion mathématique et son application en géométrie, dans les arts et en architecture. C'est dire son importance, et qui en effet mieux que Leonard de Vinci pouvait l'illustrer ?

    A l'occasion de la célébration des 500 ans de la mort du grand homme, le manuscrit partira pour Rome pour être exposé aux Scuderie del Quirinale. Mais auparavant, il sera présenté au public genevois à l'Espace Ami Lullin le samedi 2 mars, une fois le mystère levé la veille au cours d'un débat avec des conservateurs, des historiens et des scientifiques. Une occasion à ne pas manquer.

    Jean-Philippe Accart

    Voir le programme de la manifestation 

     

  • Mode de vie : êtes-vous adepte du frugalisme ?

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    frugalisme.jpgSi la société actuelle peut entraîner une consommation à tout va, parfois même excessive, elle engendre également des mouvements contraires, prônant moins de consommation, un plus grande attention à soi et aux autres, le souhait d'un meilleur équilibre vie privée, travail et vie sociale... Le frugalisme, venu des Etats-Unis, est l'un de ces mouvements : ses adeptes veulent profiter de la vie et du temps à disposition en travaillant moins, voire en arrêtant de travailler à 35-40 ans, en ayant fait suffisamment d'économies pour assurer un niveau de vie minimum ensuite. On va alors parler de déconsommation. 

    Comment est-ce possible ? En réduisant son budget mensuel, en épargnant davantage, en investissant ses économies dans des placements financiers, boursiers ou immobiliers, tout en se projetant dans l'organisation d'un nouveau quotidien (vivre en autogestion ou s'installer sur un autre continent par exemple où le niveau de vie est moins coûteux qu'en Europe). L'argent économisé, et/ou placé, doit ainsi assurer de pouvoir vivre une vie de frugaliste.

    On peut bien sûr qualifier ce mouvement d'individualiste, d'hédoniste ou d'égoïste, ce qui n'est pas complètement faux. Mais il fait tout de même réfléchir sur les contraintes liées à la société actuelle et au monde du travail. Alors, prêt pour adhérer ?

    Jean-Philippe Accart

    Plus d'information dans cet article du journal La Tribune par Fanny Parise (08.10.2018)

    Illustration parue dans le journal La Montagne du 07.08.2018

     

  • Le Musée Voltaire à Genève vous accueille pour une "Nuit des Délices"

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    la_famille_du_duc_de_penthieevr121415.jpgPour celles et ceux qui ne connaissent pas - encore - ce musée dédié aux Lumières et sis en plein Genève, cette "Nuit des Délices" peut être l'occasion de le découvrir. Elle aura lieu le 5 février prochain à 18.30, et sera l'occasion de recréer l'ambiance d'un salon littéraire tel qu'il pouvait exister au 18è siècle...

    Deux récitants, Rose Marie Fuchs-Nicolas et Louis Martinet, prendront les rôles respectifs de Madame du Deffand et de Voltaire et liront des morceaux choisis de leur correspondance assidue qui dura plus de vingt-cinq ans.

    D'après les organisateurs de cette soirée, ces échanges épistolaires sont à la fois "éblouissants, élégants et facétieux". L'esprit du Siècle des Lumières sera bien présent le 5 février.

    Jean-Philippe Accart

    Entrée libre, mais places limitées. S'inscrire par mail à  communication.bge@ville-ge.ch

    Le Musée Voltaire fait partie de la Bibliothèque de Genève

    Ill. fr.muzeo.com

     

     

     

  • Nicolas Bouvier, l'écrivain photographe et iconographe

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    bouvier-28651324.jpgL'automne genevois nous a régalé d'un choix d'illustrations du fonds iconographique de Nicolas Bouvier, invitant ainsi à une promenade non pas littéraire mais artistique dans les rues de la ville.

    La Bibliothèque de Genève prolonge cette promenade par une exposition des propres photographies de l'auteur prises au cours d'un de ses voyages mythiques en 1953, à travers l'ex Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, le Pakistan, avec son ami, peintre, Thierry Vernet. Le résultat de ce voyage est le non moins mythique ouvrage "L'usage du monde".

    La littérature, la photographie, le dessin ou le cinéma sont des arts à la puissance évocatrice, qui ont le pouvoir de nous transporter dans un ailleurs, ou hors du temps. Les photographies de Nicolas Bouvier ont cette force-là, et on ne saurait trop recommander d'aller les contempler jusqu'au 2 février 2019... et de relire "L'Usage du monde" !

    Jean-Philippe Accart

    Voir aussi le site "Le voyage en images"

    Ill. extraite du site Swissinfo.ch : Nicolas Bouvier et Thierry Vernet

    Interview de Nicolas Bouvier à la RTS à propos de "L'Usage du monde"

  • Le livre a-t-il un avenir... numérique ?

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    biblio_numerique_image-1269530748.jpgIl y a une dizaine d'années, la mort du livre papier est annoncée au profit du livre numérique : les liseuses rencontrent le succès et Google se lance dans la numérisation de livres à grande échelle. Les différents intermédiaires de la chaîne du livre (éditeurs, libraires, bibliothécaires notamment) n'ont plus qu'à chercher un autre emploi.

    En 2018, rien de ce qui était annoncé n'a eu lieu, ou en tous les cas, pas avec l'ampleur prévue. Si le livre numérique (e-book) prend une certaine part de marché, le livre physique en conserve une très large majorité (95 %, en volume comme en chiffre d’affaires selon une étude GfK pour l'édition francophone). C'est ce que constate également les principaux éditeurs américains tels Macmillan, Simon & Schuster ou Penguin Random House. Amazon ouvre même des librairies aux Etats-Unis. De nouvelles librairies privées s'ouvrent à Paris ou en province. Les bibliothèques n'ont pas fermé leurs portes, de nouvelles sont construites de par le monde.

    A quoi cela est-il dû ? De nombreuses raisons peuvent être avancées, mais d'après Anne Mangen, chercheuse au Centre sur la lecture de l'université de Stavanger en Norvège, qui a réalisé plusieurs enquêtes comparatives entre lecture sur papier et lecture sur liseuses, "la lecture sur papier est plus empathique, et permet une meilleure immersion dans la narration". De plus "les étudiants qui lisent des textes imprimés obtiennent de meilleurs résultats".

    Jean-Philippe Accart

    voir aussi l'article paru dans Le Monde du 28 septembre 2018 : "Gutenberg vit encore"

    illustration extraite du site "Du temps pour le livre numérique"

  • Une Suisse digitale : autour du SwissDigitalDay

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    digital.pngLe 25 octobre a lieu la 2ème Journée du Digital en Suisse ou SwissDigitalDay. Le succès de la 1ère édition a permis d'en organiser une seconde qui semble prometteuse. Une des particularités de cette journée digitale (ou numérique) est d'avoir lieu dans 12 lieux différents sur tout le territoire suisse, avec plus de 80 événements don vous pouvez consulter le programme ici. Parmi les partenaires de cette manifestation, citons Google, Ringier, les CFF, la RTS et Swisscom.

    L'Association qui gère cet événement que l'on peut qualifier d'hors-normes est digitalswitzerland, fondée en 2015, avec 120 entreprises et organisations diverses.

    Le programme du 25 octobre est très riche, allant d'ateliers, à des conférences, des  lives en gare de Zürich ou de Sion, avec des spécialistes de l'intelligence artificielle, des réseaux sociaux, du monde numérique en général.

    Jean-Philippe Accart

    Les bibliothèques participent également: vous trouverez ici plus d’informations ainsi que les programmes :
    https://www.digitaltag.swiss/fr/
    https://www.dsi.uzh.ch/de/digitaltag.html
    https://www.ethz.ch/de/news-und-veranstaltungen/veranstaltungen/digitaltag.html
    https://www.zb.uzh.ch/Medien/zb_programm_e-day_180920_print.pdf

  • Le nouveau portail "Mon Manuel Scolaire Numérique"

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    ban3.pngUne quasi vingtaine d'éditeurs scolaires français lance un nouveau portail : "Mon Manuel Scolaire Numérique". Mais attention: les livres proposés ne sont pas gratuits, la plateforme redirigeant les intéressés vers l'éditeur du livre concerné. Cependant, les prix restent assez modiques dans l'ensemble. L'avantage est de voir regroupés un ensemble de manuels scolaires, et de pouvoir les télécharger sur une tablette ou un ordinateur par exemple. Du primaire au lycée, ceux-ci sont disponibles dans toutes les matières et pour tous les niveaux, même en vacances...

    Le Manuel Scolaire Numérique propose de nombreuses ressources supplémentaires (vidéos, sons, animations) et des fonctionnalités interactives, rendant ainsi la navigation plus ludique. Les éditeurs ont souhaité une ergonomie accentuée pour ce site facilitant l'appropriation par des enfants en situation de handicap par exemple (zoom ou écoute de textes sont ainsi rendus plus aisés). 

    Reste maintenant à savoir si les enfants vont s'approprier ce site, et notamment la lecture de manuels sur un écran...

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site Mon Manuel Scolaire Numérique

     

  • Le harcèlement des enfants et ados en ligne : un guide de prévention

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    bullying-cyber.jpgOn n'est jamais trop prudent pour protéger ses enfants ou ados face au harcèlement en ligne. C'est un réel danger auquel les parents ne savent comment répondre ou quels sont les moyens à leur disposition. Le harcèlement en ligne peut prendre différentes formes et sur différents médias : régulièrement, la presse se fait l'écho soit de harcèlement entre enfants ou ados eux-mêmes sur Facebook par exemple (cela peut conduire au cas extrême du suicide ou à la dépression) ou également de harcèlement sexuel par des prédateurs plus âgés qui ciblent les plus jeunes en masquant leur identité réelle.

    Si Internet et les réseaux sociaux amènent de nombreux bienfaits, notamment l'accès à l'information et à une certaine forme de culture, ils conduisent aussi à de nombreux débordements. Il existe des guides de prévention, et on ne saurait trop conseiller de les consulter. Un des derniers parus est le Guide complet sur le harcèlement en ligne destiné aux parents élaboré par Chase Williams en juin dernier, avec de nombreux conseils très utiles et très précieux.

    Jean-Philippe Accart

    Ill. extraite de ce site

  • Conserver la mémoire à l'ère numérique : les archives en Suisse

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    entreprise-transformation-digitale-650x287.pngMémoire et numérique, passé et présent, archives et Suisse sont des mots-clés qui résument le livre de Gilbert Coutaz, directeur des Archives cantonales vaudoises, "Archives en Suisse". Qui mieux que lui pouvait entreprendre un tel ouvrage de synthèse sur des thèmes aussi essentiels de nos jours ? Gilbert Coutaz est en effet observateur et acteur dans ce domaine depuis de nombreuses années, il est à l'origine d'avancées importantes, avec le souci de transmettre savoirs et connaissances acquises notamment en enseignant à l'université (Lausanne, Berne...).

    A la croisée de nombreux chemins qui sont finalement ceux de nos vies (de notre naissance à notre mort, nos vies sont consignées, archivées, que ce soit sous forme papier et maintenant numérique) , l'auteur entreprend une plongée dans l'histoire des archives en Suisse qu'il dépeint comme étant entre fédéralisme et universalité.  Les archives sont bien entendu privées, mais également publiques (comme le furent les travaux de la Commission Bergier encore dans toutes les mémoires) et l'archiviste est au coeur de nombreuses transitions actuelles, même si nous n'en avons pas toujours conscience. G. Coutaz conclut cet excellent ouvrage (plus riche que ce qui en est dit ici) sur la nécessité de signer un "nouveau pacte" entre patrimoines, historiens, institutions et utilisateurs des archives.

    Jean-Philippe Accart

    Ouvrage édité aux Presses polytechniques et universitaires romandes, collection "Le savoir suisse"

    Voir aussi l'interview de Gilbert Coutaz dans Helvetica Historica, du 5 août 2018

    Ill. extraite du site suivant

  • Les tablettes ne sont pas que numériques : une découverte sur des tablettes d'argile du IIIè siècle

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    greece.jpgLe terme "tablette" désigne généralement un écran tactile en vue de lire une information, consulter un moteur de recherche, prendre des photographies, lire un article. Mais c'est aussi un support pour l'écriture ancienne, grecque notamment. Un texte d'Homère (des vers pour être plus précis) a ainsi été découvert sur une tablette faite en argile datant du IIIè siècle après J.-C. lors de fouilles archéologiques dans le Péloponèse, autour du Temple de Zeus, lieu des premiers Jeux olympiques. L’extrait est tiré du chant 14, décrivant le retour d’Ulysse sur son île d’Ithaque et sa rencontre avec son porcher, Eumaios, qui le croit mort.

    Il existe, dans toutes les cultures du monde, des textes inscrits sur de la pierre : c'était un des moyens de transmettre le savoir. Il y eu aussi l'utilisation du papyrus en Egypte ancienne, et toutes sortes d'autres matériaux, avant la découverte du papier et de l'imprimerie. Cependant, il n'est pas sûr qu'une tablette numérique dans 2000 ans puisse livrer ses secrets comme une tablette en argile.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration Keystone/EPA Ministry of Culture Greece

  • Votre temps est précieux, c’est le patron d’Apple qui le dit…

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    Comment-limiter-temps-passe-devant-ecranles-enfants_0_730_486.jpg« Je me suis rendu compte que j’y passais plus de temps que je ne le devrais » : cette phrase est de Tim Cook, patron d’Apple, à propos des smartphones et des réseaux sociaux, lors d’une interview sur CNN. Ainsi, même les concepteurs de ces outils technologiques indispensables à la vie quotidienne se rendent compte qu’ils ont créé des produits addictifs pour l’ensemble de la société, et qui engendrent des effets nocifs, notamment l’addiction aux écrans par les enfants ou un niveau d’attention qui baissent chez les adultes ou les adolescents connectés (cela est constaté pour ces derniers dans les écoles durant les cours ou dans les universités pour les plus âgés)… La plupart des patrons de la Silicone Valley en Californie où sont élaborées les technologies de demain, placent leurs propres enfants dans des écoles où les smartphones sont interdits…

    Facebook, Apple, Google mettent en place des moyens pour que le temps passé soit contrôlé et limité par leurs utilisateurs de manière quotidienne. Il est en effet difficile de dire quelle consommation en temps est faite par chaque utilisateur, mais celle-ci est certainement  de plus en plus grande avec plusieurs heures par jour de connexion.

    Certaines études récentes (voir Le Monde Science & Médecine du 13 juin 2018) évoquent même une chute de l’intelligence, avec une régression du quotient intellectuel chez les jeunes générations, dues cependant à un ensemble de facteurs (l'environnement général, la nourriture...) et pas à un seul : cela reste encore à confirmer.

    Jean-Philippe Accart

    Crédit photo goodluz - Fotolia

  • Le livre à tous les coins de rue

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    Berlin.jpgLe livre papier résiste plutôt bien à la déferlante numérique, les dernières enquêtes en Europe et aux Etats-Unis montrent qu'il y a encore une place pour la lecture-loisirs, ou la lecture pendant les vacances et les voyages... 80 % des Français vont emporter un livre en vacances. De même dans les universités, les étudiants préfèrent encore étudier leurs livres de cours sur support imprimé. Le livre électronique (ou e-book) trouve une place pour la consultation rapide d'information, une vérification, un contrôle. Il s'agit plus là de "feuilletage".

    Si jusqu'à présent, la vue de livres exposés chez les bouquinistes et leurs étals sur les trottoirs n'avait rien d'étonnant (cependant, il y a de moins en moins de bouquinistes sur les quais de la Seine à Paris), ce qui l'est plus est la place prise par le livre dans l'espace public : de nombreuses initiatives dans les villes font qu'il investit qui un ancien abri de bus, qui une cabine téléphonique désaffectée, qui une piscine en été ou même à la plage ou au parc public. Le livre est ainsi mis à la disposition de tout un chacun, il circule, s'échange. Il devient un bien commun.

    Le phénomène s'amplifie car il existe des secteurs livres (ou parfois des bibliothèques) sur les lieux même où se trouvent des voyageurs : dans les aéroports (celui de Schilphol d'Amsterdam), les gares ou les métros des grandes villes : c'est le cas à Montréal où la station Berri-Uquam est directement relié à la Grande Bibliothèque. Ou à Berlin, qui met en place des distributeurs de livres et de friandises...

    Le livre s'expose aussi dans d'autres lieux publics : la boutique Sonia Rykiel à Paris sur le boulevard Saint-Germain est conçue avec des parois surchargés de livres ; des restaurants utilisent ce même type de décor. Certains hôtels ne sont pas en reste où les chambres sont de vraies bibliothèques (à Tokyo notamment). 

    Ainsi le livre est devenu un objet d'exposition, disponible et élément du décor urbain. Il est présent à tous les coins de rue.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration : distributeur de livres à la station Alexanderplatz dans le métro de Berlin

  • Louer une oeuvre d'art : l'art à la maison

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    frap2.jpgSi les initiatives proposées par les musées sont nombreuses pour faciliter l'accès aux oeuvres artistiques à tout public - et pour cela le numérique présente beaucoup d'avantages : expositions virtuelles ; animations virtuelles à partir d'un tableau... dont il est fait mention régulièrement dans ce blog - une nouvelle possibilité offerte maintenant est d'inviter l'art à domicile, dans son salon, sa salle à manger, son salon. 

    La Médiathèque Valais a ainsi ouvert en janvier dernier une artothèque aux Arsenaux à Sion. Le principe est que tout un chacun peut choisir l'oeuvre d'un artiste, sur place ou sur internet, et l'exposer à son domicile pour une durée - prolongeable - de trois mois. C'est la première fois que ce concept apparaît dans une bibliothèque de Suisse romande. On y trouve des gravures, lithographies, sérigraphies, photographies, dessins, aquarelles et des collages, tous réalisés par des artistes professionnels. 

    A l'Ecole des Beaux-Arts de Nantes, en France, ce sont 400 oeuvres contemporaines qui sont mises à disposition et sont empruntables pour la somme de 6o euros en moyenne. Ce service est ouvert à tous les habitants, mais également aux entreprises. 

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site www.artdelivery.fr 

     

    Lien permanent Catégories : Exposition, Musée, Vie privée 0 commentaire
  • Le Musée du Prado à Madrid explose sur Instagram. Voici pourquoi

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    « Les explications en direct sur Instagram du Musée du Prado me rendent vivant». «Je suis étonné que le Prado soit en direct dans Instagram et explique des tableaux". Ce qui précède sont de véritables commentaires d'utilisateurs d'Instagram, surpris qu'une institution artistique comme le Musée du Prado ait décidé de faire chaque jour des vidéos en direct (les fameuses "stories") à propos d'un des tableaux de sa collection.

    C'est en fait le cas depuis août 2017. Les premières vidéos ont montré une promenade à travers les salles vides, offrant aux utilisateurs « la possibilité de voir les salles d'une manière détendue et intime» selon les mots de Javier Sainz de Los Terreos, directeur de la communication numérique du Musée. " Les retransmissions ont été effectuées en silence." précise-t-il.

    Les spectateurs ont demandé ensuite plus d'interactivité et qu' "il était nécessaire de raconter une histoire". Alors, le Musée a décidé de «commenter certains détails des œuvres ou des aspects qui passent habituellement inaperçus dans les visites, tous d'un point de vue informel, et de plus tous les jours». C'est ainsi que le format actuel est né. Le choix d'Instagram a été fait pour toucher une audience plus jeune et d'en faire un moment spécial car la vidéo n'est disponible que pour vingt-quatre heures. "C'est devenu un moment spécial ".

    Jean-Philippe Accart

    Voir : https://www.instagram.com/museoprado/

  • La vie sur abonnement ou comment nous rendre captifs

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    prime.jpgPetit à petit, la vie quotidienne s'organise en fonction de personnes ou de machines qui pensent pour nous : même sans le savoir, nous sommes abonnés au travers de nos emails à un grand nombre de sites qui proposent des marchandises, des mises à jour logicielles obligatoires, des produits et auxquels il est parfois difficile de nous... désabonner. C'était le thème de l'émission Medialog de la RTS du samedi 7 avril : les exemples donnés sont édifiants et nous font mieux comprendre notre dépendance de plus en plus grande à des sociétés telles que Microsoft, Spotify ou Amazon (qui arrive bientôt en Suisse avec son abonnement Prime). L'exemple du streaming (en s'abonnant pour quelques euros par mois à un site fournisseur de musique) est particulièrement révélateur et fait que nous ne possédons pas ce que nous écoutons sur abonnement. La bonne vieille collection de disques ou de CDs n'est-elle qu'un souvenir, même si les disques vinyl reprennent du poil de la bête ?

    Tout se loue actuellement, du bien matériel à la culture (de plus en plus de livres sont accessibles en streaming également). Les abonnements à des sites nous sollicitent constamment et conditionnent une manière de vivre de plus en plus orientée par un nouveau modèle économique qui vise à nous rendre captifs.

    Jean-Philippe Accart