05/12/2016

Google, les musées et la réalité augmentée

gac.jpgAprès avoir investi le champ des bibliothèques avec la numérisation de millions d'ouvrages imprimés, Google a entrepris un nouveau chantier, celui des musées et de leurs collections, avec Google Arts & Culture. Plus de 1200 musées et centres d'archives dans le monde collaborent maintenant avec l'Institut culturel de Google (dont nous avons déjà parlé lors de son lancement dans ce post) afin de mettre les trésors du monde en ligne. Une année après son lancement, l'Institut propose maintenant plus de 200 expositions en ligne, allant des "Châteaux de la Loire" aux "Merveilles du Pakistan" en passant par "Shakespeare" ou "La Démocratie américaine".

Pour les musées et leur public, l'avantage est immense : pouvoir proposer au plus grand nombre possible des expositions ou des collections parfois difficilement visibles, celles-ci voyant leurs effets décuplées avec la technique de la réalité augmentée en 3 dimensions. Un dinosaure se métamorphose en animal qui peut se déplacer grâce à cette technique.

D'aucuns voient cependant cette emprise de Google sur la culture comme "une volonté totalisante": c'est le cas du philosophe Eric Sadin. Celui-ci rappelle, à juste titre, qu'une exposition ne peut être mieux vue que dans le cadre où elle est réalisée.

Jean-Philippe Accart

Lire l'article paru dans Le Monde du 14 novembre 2016 "Google étend son emprise à la culture"

 

25/11/2016

Pitch my job ou la recherche d'emploi directement avec l'entreprise

pitch.pngIl existe de nombreuses inititatives pour faciliter la recherche d'emploi. La voie traditionnelle n'est pas à négliger, les agences et offices pour l'emploi non plus, mais Internet et les réseaux sociaux apportent des éléments facilitateurs non négligeables. Le réseau professionnel LinkedIn est souvent cité en exemple, les recruteurs ayant recours à lui pour consulter des CV en ligne, vérifier et croiser des informations sur des candidats.

La tendance actuelle est d'éviter les intermédiaires, et de mettre en contact directement candidats et entreprises. Le site pitch my job relève de cette catégorie et mérite d'être signalé: créé en 2013, il a le soutien de l’incubateur d'entreprises AMBITION dans les locaux des MBA ESG à Paris. Il propose aux candidats de mettre en avant leur personnalité et leur motivation. Ceux-ci peuvent utiliser des vidéos ou leurs profils sur les réseaux sociaux, et les entreprises peuvent les contacter directement.

Nul doute que ce type d'inititiave va se développer dans le futur.

Jean-Philippe Accart

 

11/11/2016

Changements numériques et rôle social des bibliothèques

080-zbz-2.jpgC'est le thème d'un reportage de la RTS dans l'émission Intercités du 4 novembre dernier intitulé "Hyperconnectées, les bibliothèques font leur mue" avec trois représentants de bibliothèques, celui de la ZentralBibliothek de Zürich, de Jeannette Frey (directrice de la BCU Lausanne) et de moi-même, en tant que directeur de la Bibliothèque de l'Ecole hôtelière de Lausanne.

Le journaliste Etienne Kocher, visitant une des plus grandes bibliothèques de Suisse - la ZB Zürich et ses 2 millions d'ouvrages papier - était frappé de ne trouver aucun livre dans les nouvelles salles d'accueil du public. D'où la question : "Le livre n'a-t-il plus cours ?"... Vaste question qui demande plusieurs réponses et développements. Les trois représentants de bibliothèques sollicités vont tous dans le même sens : il y a effectivement de nombreux changements en cours dans les bibliothèques avec l'arrivée du numérique, des e-books, des réseaux sociaux (Mme Frey indique d'ailleurs à juste titre que le numérique entraîne une sorte d"'invisibilité" des ressources disponibles puisqu'en ligne), mais nous sommes vraiment dans une période intermédiaire où le "tout numérique" n'est encore pas rentré dans les habitudes. C'est notamment vrai des étudiants (à la BCUL ou à l'Ecole hôtelière) qui, bien qu'hyperconnectés, préfèrent encore les livres papier pour leurs révisions ou des lecteurs d'une bibliothèque publique qui vont lire le dernier prix littéraire dans sa version traditionnelle.

Même si le numérique est en marche, et c'était l'objet de mon intervention, il est notable de constater que de nouvelles bibliothèques sont construites en Europe ou rénovées. L'importance du "lieu bibliothèque" dans une ville, sur un campus universitaire est même renforcée par l'entrée du numérique, car le besoin d'un véritable "lieu social" et d'échanges n'a jamais été aussi fort.

Jean-Philippe Accart

Photo : la ZentralBibliothek Zürich

31/10/2016

La désobéissance numérique

510_harcourt_size1.jpgC’est au détour de Twitter que je suis tombé sur Bernard E. Harcourt et sur son dernier livre au titre à la fois attractif et un peu étrange - qui pourrait être le titre d’un film - Exposed. B. E. Harcourt a un parcours universitaire, il est juriste, professeur de droit à Columbia University à New York où il dirige le Center for Contemporary Critical Thought. Il est aussi directeur d'études à l'Ecole des hautes Etudes en Sciences Sociales.

Cet ouvrage, passionnant car il raconte notre histoire à l’heure du numérique, porte bien son titre : nous sommes tous exposés au sens où ce qui est important à l’heure actuelle est non pas notre être physique, mais notre identité numérique. Vision pessimiste du monde contemporain ou vision réaliste ? Les nouveaux modèles qui nous sont proposés le sont à partir du big data avec l’analyse des données numériques que nous produisons quotidiennement sans même nous en rendre compte : prévoir nos désirs, nos achats, nos envies, nos déplacements tel est l’objectif. 

Comment résister (Disobedience) ? C’est la vraie question. Tout rejeter en bloc ? Débrancher, se déconnecter ? De plus en plus d’individus s’essaient à cet exercice, afin de ne plus succomber à ces addictions. Mais est-ce bien réaliste ? Cela revient à refuser aussi la vie actuelle, les liens tissés et entretenus au travers des réseaux sociaux par exemple, que ces liens soient simplement sociaux ou utilement professionnels

Le grand mérite de cet ouvrage est de nous mettre en garde contre ces addictions plus ou moins grandes auxquelles nous succombons à notre corps défendant parfois. Le simple fait de lire cet ouvrage nous fait prendre conscience de cette réalité, pour notre plus grand bénéfice.

 Jean-Philippe Accart

Lire la version longue de ce texte

 

 

16/10/2016

L'émotion, nouvelle donne du management

greuze.jpgLes entreprises et le monde du management en général intègrent dorénavant une nouvelle donne dans leur stratégie : l'émotion. Cette stratégie découle - en partie - du succès des réseaux sociaux qui jouent essentiellement sur l'émotion des internautes qui vont émettre des avis sous forme de "like" en visionnant une vidéo, une image ou en lisant une information. Les fameuses émoticones ou emoji (sujet d'un précédent billet) se développent et sont de plus en plus populaires, jusqu'à ne faire part de ses émotions qu'avec ce type de langage.

Cette stratégie de l'émotion s'applique à plusieurs niveaux dans les entreprises et les organisations en général: les clients bien sûr sont les premiers visés (un produit doit donner une émotion au potentiel acheteur), mais aussi aux employés eux-mêmes. Elle s'applique aussi en politique suite à des événements tragiques dont les hommes politiques tirent profit en s'appuyant sur l'aspect émotionnel.

Le management par l'émotion est maintenant étudié à l'université et de nombreux écrits sont produits sur ce sujet.

Jean-Philippe Accart

Note : sur l'aspect politique, voir cet excellent article du Monde diplomatique par Anne-Cécile Robert dont l'illustration de ce billet est tirée

Ill. : Jean-Baptiste Greuze. – « Une jeune fille, qui pleure son oiseau mort », 1765 - Bridgeman Images - Scottish National Gallery, Edinburgh

12:02 Publié dans Emotion, Humeur, Management, Réseaux sociaux | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | | |  Facebook

07/10/2016

Code Voynich : le plus mystérieux des manuscrits va-t-il (enfin) livrer ses secrets ?

voynich.jpgEn 2017, la maison d'édition espagnole Siloe à Burgos sera le premier éditeur à publier l'un des manuscrits les plus mystérieux de tous les temps, le célèbre Code Voynich (du nom de son découvreur en 1912 en Italie, l'antiquaire Wilfrid Voynich). Il sera diffusé à 1 000 exemplaires et chaque reproduction vendue entre 7.000 et 8.000 euros. Près de 300 acheteurs ont déjà réservé un exemplaire.

Enigmatique comme une intrigue d'un roman d'Umberto Eco, ce manuscrit médiéval n'a jamais pu être déchiffré, même par les plus grands cryptographes. Il mélange des mots, des images, des plantes, des animaux. Attribué à Leonard de Vinci, (mais la datation au carbone 14 du vélin montre qu’il a été fabriqué entre 1404 et 1438), il est la propriété de la bibliothèque Beinecke, de l'université Yale aux Etats-Unis, une des plus riches bibliothèques patrimoniales du monde. 

18 mois vont être nécessaires pour fabriquer le premier fac-similé de ce manuscrit de 200 pages, guère plus grand qu'un livre de poche. Le processus a débuté en avril dernier. Le papier utilisé par Siloe a été traité d'une façon particulière pour ressembler au vélin d'origine. La diffusion à une plus grande échelle de ce manuscrit permettra peut-être de le déchiffrer ?

Jean-Philippe Accart

Ill. et pour en savoir plus, suivre ce lien

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26/09/2016

Mieux comprendre ce qu'est l'information avec Info Track de l'Université de Genève

logoInfoTrack.pngLes bibliothécaires de l'Université de Genève se soucient de leurs étudiants et de leurs professeurs. Ils mettent à disposition une formation en ligne, Info Track, leur permettant de mieux gérer l'information, de l'évaluer, tout en sensibilisant au phénomène grandissant du plagiat.

Il s'agit de plusieurs modules indépendants (Comment trouver ; Plan de recherche documentaire ; Trier ; Plagiat ; Rédaction et communication), s'appuyant sur des vidéos courtes explicatives - et présentées avec humour - , une rubrique "A retenir" et un quizz.

Aider les étudiants dans la réalisation de leurs travaux académiques est donc l'objectif principal de cette formation nouvelle manière en ligne qui va s'avérer certainement vite utile et indispensable.

Jean-Philippe Accart

11/09/2016

Un Internet plus sûr pour les ados avec "AfterSchool"

afterschool.pngEnfants et ados sont de gros utilisateurs d'Internet et des réseaux sociaux, c'est entré dans leurs habitudes de vie avec le souhait également d'avoir une certaine indépendance par rapport aux parents. D'où une utilisation moindre de Facebook par exemple considéré comme un réseau pour les "vieux" (ce qui ne se vérifie pas d'ailleurs avec une utilisation très différente selon les pays, les classes d'âge ou les milieux sociaux). 

Des applications de plus en plus nombreuses sont créées à destination d'un public jeune (comme Kiwi dont il a été question sur ce blog). La préoccupation légitime des parents est bien sûr que les enfants puissent s'y connecter sans danger.

Le très sérieux Financial Times consacre un article récent à AfterSchool, application très utilisée dans les High Schools américaines qui présente la particularité de pouvoir échanger anonymement entre étudiants d'une même école, sans interférence des parents.

L'application est modérée par un "bureau de sécurité" qui filtre les contenus violents ou illicites. C'est tout du moins ce qu'affirme son créateur, Cory Levy. Ces contenus sont communiqués à l'administration de l'école, ou à la police selon les cas. 

Depuis ces mesures de sécurité, l'application gagne plus de 100 000 utilisateurs toutes les deux semaines.

Jean-Philippe Accart

31/08/2016

La désinformation gagne du terrain

desinformation.jpgUne multitude de raisons explique que la désinformation gagne du terrain : une des causes principales est l'accès "non raisonné", sans recul, sans intermédiaire ou esprit critique aux réseaux de l'information grâce à Internet, aux smartphones, aux médias sociaux etc.  L'information est pléthorique, difficile à contrôler.

Les théories du complot induisent un doute permanent dans l'esprit de tout un chacun, les informations qui arrivent en flux continue sont souvent prises au premier degré, et le poids des images, de la vidéo est de plus en plus grand. Selon la manière dont elles sont prises, ou le contexte dans lequel elles sont mises, leur interprétation peut varier du tout au tout. Le débat public devient de plus en plus hystérique, car il n'y a plus de garde-fou, pourtant nécessaire dans toute société démocratique.

En réalité, le besoin d'intermédiaire, d'intermédiation n'a jamais été aussi grand : journaliste, éditeur, enseignant, bibliothécaire et documentaliste doivent reprendre leurs rôles.

Jean-Philippe Accart

Illustration: http://www.decryptnewsonline.com/ 

 

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20/08/2016

Les "500 mots métiers : bibliothèques, archives, documentation, musées"

.Couv_KLOG_500MotsMetiers_140x210_m.jpgJ'ai le plaisir de vous présenter mon nouvel ouvrage, co-écrit avec Clotilde Vaissaire-Agard, directrice des Editions KLOG. L'idée de ce livre me trottait dans la tête, car rien n'est paru d'équivalent depuis plusieurs années.

« Les 500 mots métiers » répertorie les termes utiles aux métiers des bibliothèques, des musées, de la documentation et des archives, à la fois traditionnels mais prenant en compte l'ère numérique actuelle. Il revisite les définitions existantes, les illustre d’exemples récents, de schémas et de liens, les situe dans le contexte professionnel et technologique que nous connaissons aujourd’hui.

Le lecteur y trouvera donc une sélection de mots métiers et notamment les termes d’actualité qui lui permettront de nourrir sa réflexion et d’enrichir ses connaissances.  Cet ouvrage se révélera particulièrement utile pour l'entrée dans les écoles spécialisées et la préparation de certains diplômes (du CAS au MAS).

Pour chaque terme, une traduction en anglais et en allemand est proposée afin de répondre aux besoins des professionnels travaillant dans un environnement multilingue.

Aux Editions KLOG, depuis juillet 2016.

Jean-Philippe Accart

18/07/2016

Les "perles du Bac" 2016

perles.jpgEvidemment nous sommes en Suisse, et a priori ce que répondent les lycéens (gymnasiens ici) au BAC français ne concernent que très peu de monde de ce côté de la frontière. Cependant, nous avons la langue française en commun, et son usage, la manière dont elle est comprise par la jeune génération est toujours délectable... C'est ainsi que depuis plusieurs années, récolte-t-on ce qui est devenu une sorte d'habitude bien française, les fameuses"perles du bac".  La livraison 2016 ne dérogent pas à la règle, et elles sont pour certaines savoureuses. En voici quelques-unes, choisies parmi quelques dizaines: 

– J’admire l’œuvre des studios Disney, et particulièrement Picsou, qui, je pense, est une représentation métaphorique de l’âme des hommes.

– Si les gens n’obéissent pas aux lois, cela deviendra l’anarchie et les hommes se mangeront entre eux.

 

– Il serait facile d’admettre que le désir est illimité lorsqu’une fille regarde un film avec l’acteur Ryan Gosling. Je vais expliquer ce phénomène dans le prochain paragraphe.

– Le mouvement “nuit debout” est incompréhensible. Ces gens désirent quoi exactement ? Personne ne sait et cela n’est qu’un exemple parmi tant d’autres que nos désirs sont flous.

– Le Général de Gaulle avait des oreilles aiguisées, ce qui lui a permis de s’enfuir à Londres avant l’arrivée d’Hitler en France.

– L’histoire est très importante pour les peuples. Cela permet de se connaitre soi-même ainsi que nos ancêtres. Et nos ancêtres, c’est comme nous mais avant. En plus vieux, mais en fait déjà morts et plein de sagesse.

– Marquer l’histoire, c’est bien. Mais encore faut-il faire quelque chose de grandiose, comme Sarkozy en allant déjeuner au Fouquet’s.

Pour d'autres perles, suivre ce lien 

Ill. Journal du Buzz

Jean-Philippe Accart

15:07 Publié dans Accès à l'information, Ados, Air du temps, Ecriture, Humeur, Humour | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | |  Facebook

05/07/2016

Frankenstein à Genève

shelley.jpgLa Fondation Martin Bodmer offre à voir une passionnante exposition sur Mary Shelley et son célèbre héros Frankenstein*, roman qu'elle rédigea en partie à Genève en 1816, soit il y a exactement 200 ans. Elle a 19 ans à cette époque, elle est encore la jeune Mary Godwin et la première question qui vient à l'esprit est : "Comment une jeune fille vivant dans un endroit aussi charmant qu'une belle villa patricienne - la villa Diodati ** - sur les bords du lac Léman a-t-elle pu inventer un tel personnage ?". La réponse se trouve certainement dans l'exposition elle-même, ainsi que dans une série de manifestations qui ont lieu de façon concomitante à la Fondation Brocher, au Château de Chillon (qui présente une autre exposition "Byron is back !), à l'Université de Genève et aux Cinémas du Grütli.

Le choix d'une telle exposition à Genève apparaît bien sûr comme une évidence. Un autre élément est le fait que ce roman, Frankenstein, est maintenant intégré dans la littérature mondiale que la Fondation Bodmer a pour objectif de répertorier dans sa collection "Weltliteratur". Intemporel de par ses accents humanistes - plus importants en réalité que sa partie "horrifique" - ce roman est certainement à relire et méritait bien une telle exposition pour en comprendre la genèse.

Jean-Philippe Accart

* Exposition jusqu'au 9 octobre 2016

** La villa Diodati est célèbre pour avoir eu comme hôtes Lord Byron, Percy Shelley et Mary Shelley. Elle est bien culturel suisse d'importance nationale

14:59 Publié dans Exposition, Genève, Histoire, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | |  Facebook

15/06/2016

Mémoire et numérique : les archives en Suisse

archivesCH.jpgMémoire et numérique, passé et présent, archives et Suisse sont des mots-clés qui résument ce livre de Gilbert Coutaz, directeur des Archives cantonales vaudoises. Qui mieux que lui pouvait entreprendre un tel ouvrage de synthèse sur des thèmes aussi essentiels de nos jours ? Gilbert Coutaz est en effet observateur et acteur dans ce domaine depuis de nombreuses années, il est à l'origine d'avancées importantes, avec le souci de transmettre savoirs et connaissances acquises notamment en enseignant à l'université (Lausanne, Berne...).

A la croisée de nombreux chemins qui sont finalement ceux de nos vies (de notre naissance à notre mort, nos vies sont consignées, archivées, que ce soit sous forme papier et maintenant numérique) , l'auteur entreprend une plongée dans l'histoire des archives en Suisse qu'il dépeint comme étant entre fédéralisme et universalité.  Les archives sont bien entendu privées, mais également publiques (comme le furent les travaux de la Commission Bergier encore dans toutes les mémoires) et l'archiviste est au coeur de nombreuses transitions actuelles, même si nous n'en avons pas toujours conscience. G. Coutaz conclut cet excellent ouvrage (plus riche que ce qui en est dit ici) sur la nécessité de signer un "nouveau pacte" entre patrimoines, historiens, institutions et utilisateurs des archives.

Jean-Philippe Accart

Ouvrage édité aux Presses polytechniques et universitaires romandes, collection "Le savoir suisse"

16:31 Publié dans Accès à l'information, Archives, Histoire, Suisse, Technologie, Vie privée | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | |  Facebook

06/06/2016

Consulter la plus grande bibliothèque de sons naturels au monde

bird.jpgPlus de 800 000 photographies animales, plus de 150 000 sons provenant de 9 000 espèces d'oiseaux sauvages (mais aussi d'insectes et d'animaux) enregistrés et numérisés... telle est l'impressionnante collection proposée par la bibliothèque d'ornithologie Macaulay de Cornell University aux Etats-Unis. C'est la plus importante au monde dans ce domaine spécifique et qui intéresse les scientifiques, les ornithologues, les musées, les cinéastes, mais aussi les particuliers férus de nature.

Il est même possible de contribuer à cette fantastique aventure en chargeant ses propres photos d'oiseaux ou des enregistrements sonores qui seront ainsi disponibles pour des millions d'autres personnes intéressées.

Cette collection a commencé en 1929 et s'accroît de jour en jour: elle est cependant une des rares aussi vaste et aussi représentative des espèces animales vivant sur Terre.

Jean-Philippe Accart

Pour plus d'informations, suivre ce lien

25/05/2016

Il n'y a plus de vie privée

vie privéee.jpgCe n'est pas une phrase entendue au Café du Commerce, mais une étude universitaire qui le dit menée par deux chercheurs de l'Université de Stanford aux Etats-Unis. Leur projet porte essentiellement sur les smartphones et ce que nous laissons comme traces numériques (ou métadonnées) rien qu'en passant un coup de téléphone... Tout peut être analysé, en dehors de la conversation elle-même : durée d’un appel, le numéro appelé, l'heure de l’envoi d’un SMS... soit des données sur celui qui utilise le téléphone, sa localisation, ses habitudes.

Cette étude de Stanford contredit totalement les affirmations de la NASA sur le fait que ces données sont inutiles (mais récoltées quand même). Les chercheurs ont enregistré, avec l’accord des 823 participants à l’étude, les métadonnées de 251 788 appels et de 1 234 231 SMS. Des tendances émergent comme les habitudes, le quartier habité, les préférences alimentaires ou culturelles, en bref des données très intéressantes à posséder sur la vie privée de tout un chacun... Ah, je dois vous laisser, je reçois un appel sur mon smartphone !

Jean-Philippe Accart

Pour en savoir +: site de Not Like The Others

Crédit Illustration : Sergey Nivens / Shutterstock

 

17/05/2016

Un nouvel élan pour la bibliothèque fondée par De Candolle, botaniste genevois

botanique-de-j-j-rousseau-lilium-bulbiferum.jpgUn conseil de visite sur Genève pour les beaux jours qui s'annoncent ? Rien de mieux en ce moment que d'aller voir la bibliothèque du Jardin Botanique entièrement rénovée sous les auspices de l'architecte Christian Dupraz  et qui vient de rouvrir ses portes.

Unique en Suisse, cette bibliothèque est une véritable référence mondiale offrant la littérature disponible en botanique systématique et en floristique depuis l’apparition du livre imprimé. Elle possède également un herbarium qui totalise quelque 6 millions de spécimens. Fondée sous l’élan du botaniste genevois A.-P. De Candolle (1778-1841), la bibliothèque est riche de quelque 50’000 monographies, 4’400 périodiques dont 1’509 titres couramment reçus et plusieurs milliers de tirés à part constituent une collection d’environ 220’000 volumes.

A quoi s’ajoutent des centaines de cartes topographiques et phytogéographiques, des catalogues de graines, des herbiers microfilmés, une iconothèque ou encore diverses archives manuscrites, environ 70’000 pièces, parmi lesquelles un précieux fonds épistolaire. L’ensemble occupe plus de 3,5 km linéaires de rayonnages.  Une partie de ceux-ci est cataloguée et indexée dans la base de données bibliographiques RERO consultable via Internet.

Jean-Philippe Accart

 

 

 

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11/05/2016

La boutique du futur

innovation.jpgComment ferons-nous nos courses dans le futur ? Existera-t-il encore des boutiques pour magasiner comme disent nos amis québecois ? Tout se fera-t-il sur Internet ?

La marque Samsung a dépêché une équipe d'ingénieurs afin d'imaginer la boutique du futur, et un prototype a été installé dans le quartier du Marais à Paris durant l'Innovation Week. Grâce à un certain nombre de capteurs et de caméras, il sera possible de dresser votre profil dès l'entrée du magasin ou devant la vitrine : jeune, adulte, plus âgé, homme ou femme, et des produits vous seront proposés selon l'âge ainsi déterminé (une assurance-vie ; un plan d'épargne logement ; des lunettes...). Une fois entré dans le magasin, d'autres capteurs permettent de vous identifier grâce à votre téléphone portable, ou aux produits que vous aurez sélectionnés lors de vos achats précédents (chaque produit étant équipé d'une puce RFID): tailles, couleurs, design différents pourront vous être présentés.

Des promotions en temps réel seront possibles selon les zones des boutiques peu ou pas fréquentées afin d'attirer la clientèle (également à l'aide de capteurs). Le paiement sera effectué grâce à votre portable.

Il existe de nombreuses autres innovations en cours, mais d'aucuns regretteront certainement le temps où flâner dans un magasin ou simplement discuter avec un vendeur était possible... 

Jean-Philippe Accart

Plus d'informations sur le site PetitWeb

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26/04/2016

Un nouveau site d'édition numérique à Genève, l'Officine numérique

lecturenum.jpgL’Officine numérique est un nouveau site d’édition numérique qui sera présenté lors du Salon du Livre de Genève par la Bibliothèque de Genève. Il est consacré aux éditeurs genevois et sera opérationnel en septembre 2016.

Ce site est réalisé sous la houlette de la Bibliothèque de Genève en étroite collaboration avec la Librairie Droz, les Éditions Héros-Limite, les Éditions Labor et Fides et les Éditions Zoé. 250 textes seront mis à disposition en streaming et téléchargeables en format epub. Le site est destiné à accueillir d'autres publications et d'autres éditeurs. Belle initiative donc qui rapproche le lecteur et le livre, au bénéfice de la lecture numérique.

Jean-Philippe Accart

NB: Une présentation du site aura lieu sur le Stand du Cercle de la Librairie et de l’Édition Genève

 

18/04/2016

Le "cabinet de curiosités" réinventé avec WonderAlp

wonderalp.jpgWonderAlp a été lancée l'automne dernier par Claude Reichler de  l'université de Lausanne: c'est une nouvelle application d’un cabinet de curiosités interactif qui met sous un jour nouveau ces fameuses collections de curiosités des XVIIe et XVIIIe siècles.

Les objets exposés sous forme d'images proviennent  de l’ouvrage de Johann Jakob Scheuchzer  Itinera per Helvetiae alpinas regiones (1723) et de celui de Johann Gerhard Andreae, paru en 1776, les Briefe aus der Schweiz, tous deux richement illustrés. L’application comprend trois espaces : « Les dragons des Alpes », « Fossiles et cristaux », « Des plantes aux paysages » avec chacun 12 écrans ; il est possible de zoomer sur les images, accompagnées chacune d'audios. Les objets sont décrits grâce à des étiquettes. En bref, c'est à une véritable lecture enrichie (ou lecture augmentée) et une redécouverte de ces curiosités auxquelles nous sommes conviés.

Jean-Philippe Accart

L'application WonderAlp est disponible dans GooglePlay et pour iPhone et iPad

Conception de l'application par l'agence Bread & Butter (Lausanne)

05/04/2016

Le succès de Kiwi, une application mobile pour les ados

  • kiwi.pngUne des dernières applications dont raffolent les adolescents est l’application sur mobile Kiwi  où ils peuvent poser n'importe quelle question à leur réseau d'amis (qui doivent aussi utiliser Kiwi). Son utilisation est simple, ce qui explique en partie son succès : une question peut être posée, de manière anonyme ou non, et c’est le réseau d’amis qui répond. La question (sous forme d’une phrase, d’une image, d’une vidéo de 15 secondes maximum) peut être envoyée à de véritables amis, c’est à dire « les personnes proches », ou à toutes les personnes qui suivent le questionneur. Enfin, il est possible de partager les questions sur Twitter. En activant la fonction de géolocalisation, ce sont les personnes proches localement qui vont être sollicitées. Une des multiples applications offertes par les réseaux sociaux et la technologie mobile. Jean-Philippe Accart

 

 

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29/03/2016

Les seniors et Internet : plus connectés qu'on ne croit

seniors_Internet.jpgOn parle beaucoup des jeunes et d'Internet, mais on oublie souvent la population des seniors (soit les plus de 55 ans). Une étude récente (Baromètre* 55+ Cogedim Club® – TNS Sofres) change le point de vue que l'on peut avoir : il apparaît que cette population est loin d'être déconnectée puisque 63% des seniors de 55 ans et + utilisent internet, soit près de 2 seniors sur 3 et "la vie numérique apparaît ici comme un véritable élixir de jouvence auprès de cette cible". Quelques exemples d'utilisation : commander ses courses en ligne (bien qu'il y ait une certaine méfiance à payer sur Internet) ; réserver des places de théâtre, un voyage, un billet de train ; être en lien avec ses petits-enfants sur Facebook ou grâce à Skype ; s'informer sur l'actualité... les exemples sont multiples.

Internet est donc pris comme un lien possible avec la société, la famille, les amis, et peut éviter dans certains cas une trop grande solitude ou d'être isolé.

Jean-Philippe Accart

Pour plus d'information, voir ce lien

Illustration: © Sipa Press

NB : suite aux différents commentaires suscités, je précise que je ne fais que citer une étude qui vient de paraitre, selon les critères qu'elle a définis

 

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20/03/2016

Le rêve de Jorge Luis Borges revisité en mode virtuel

borges.pngL'écrivain argentin Jorge Luis Borges (1899-1986) était un amoureux de Genève où il vécut enfant et où il est enterré au cimetière des Rois, près de la place de Plainpalais: une visite sur sa tombe est toujours un moment émouvant.

Il dirigea la Bibliothèque nationale d'Argentine à Buenos Aires, et fut un écrivain célèbre pour son imaginaire déroutant et complexe.

Dans un de ses ouvrages les plus connus "La Bibliothèque de Babel », il propose une description minutieuse de l'univers qu'il conçoit comme une bibliothèque, avec des pièces hexagonales interconnectées par des couloirs menant à d'autres hexagones identiques, chaque pièce étant remplies d'étagères de livres. 

Jonathan Basile, auteur newyorkais, est fasciné par l'écrivain argentin : il a décidé de recréer sur le site Library of Babel au moyen de lignes de code toutes les combinaisons possibles de lettres jusqu’à parvenir à les ranger dans les livres virtuels. Une bibliothèque virtuelle ainsi créé regrouperait l’intégralité des œuvres possibles. Une bibliothèque de Babel virtuelle infinie en somme. Une autre utopie qui ne déplairait par à Borgès lui-même, maître en la matière.

Jean-Philippe Accart

 

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14/03/2016

Twitter en classe ?

rts.jpgL'émission "On en parle" de la Radio suisse romande diffusée le lundi 14 mars a fait le choix de parler des "Réseaux sociaux et les portables comme moyens éducatifs". Twitter en classe ?  direz-vous... L'écoute de ce reportage montre bien l'utilité et l'utilisation des réseaux sociaux à des fins pédagogiques et éducatives. Twitter ou WhatsApp par exemple permettent de créer des communautés en ligne qui correspondent entre elles, soit une seule classe, soit plusieurs. Et ce sur plusieurs continents : les échanges se font entre des écoles suisses, africaines, québecoises... Tout cela est bien sûr très encadré par les enseignants, avec l'accord parental. En classe d'anglais, les enfants enregistrent leur texte sur ces réseaux, ce qui équivaut à des mini-tests... La technologie est mise à contribution sous toutes les formes actuelles, ordinateurs, tablettes, mais surtout téléphones portables. Twitter, l'avenir de l'éducation ?

Jean-Philippe Accart

 

28/02/2016

Google lance Kiddle, moteur de recherche pour les enfants

kiddle.pngNous vous parlions il y a quelque temps de Qwant Junior, lancé par le moteur de recherche français Qwant à destination des 6-13 ans. Cette semaine Google lance une initiative similaire avec Kiddle, moteur de recherche pour les enfants. Recherche sécurisée, résultats adaptés aux enfants, larges caractères et images grand format, paramètres modifiables sont autant de caractéristiques de Kiddle.

Pour autant, se différencie-t-il de Qwant Junior, autant que Google et Qwant pour les adultes ? Une recherche sur le thème "robot" donne des résultats assez différents: Kiddle insiste beaucoup plus sur l'aspect ludique avec de nombreuses images, tandis que Qwant Junior met en avant des explications sur ce qu'est un robot.

Les sites sélectionnés pour Kiddle le sont par rapport au public défini, avec un langage et un niveau de compréhension appropriés. L'avenir dira si les enfants (et les parents) seront satisfaits de ce qu'ils y trouvent.

Jean-Philippe Accart

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14/02/2016

Le savoir se trouve-t-il sur Internet ?

internet.pngCette question - qui amène un certain nombre de réponses - est posée dans le blog de Yann Houry le 14 février dernier. La discussion et les points évoqués sont quelque peu différents de ceux que je souhaite aborder ici. 

Il semble qu'il y ait une certaine confusion dans le public et le monde du travail autour de cette question. La 1ère confusion à mon sens est celle sur le terme savoir: si l'on trouve en effet beaucoup d'informations sur Internet, voire des ouvrages et des articles numérisés en texte intégral, cela ne dit rien sur leur provenance, ni sur la véracité ou la fiabilité de ce qui est exposé. Qu'est-ce qui va déterminer le choix de telle ou telle information pour un adolescent ou un étudiant qui doit rédiger une étude ou un mémoire ? De même un cadre ou un dirigeant d'entreprise ou politique sont-ils sûrs des données et des résultats fournis suite à une recherche sur Internet ? Rumeurs, fausses informations, désinformation sont le lot quotidien des réseaux.

La 2ème confusion ou illusion est justement qu'Internet nous fait croire que nous sommes au fait des informations, que nous n'avons pas besoin d'intermédiaires pour y accéder et comprendre ce qui est fourni. Or, nous n'avons jamais eu plus besoin d'être accompagné, conseillé pour savoir comment se diriger dans cet océan d'informations qu'est Internet maintenant. Les professions d'enseignants, d'éditeurs, de bibliothécaires, de journalistes - tous passeurs d'informations - sont plus que jamais essentielles et utiles à la société, malgré leurs disparitions annoncées pour être remplacées par ... Internet.

Jean-Philippe Accart

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illustration extraite de bonjouridee.com