13/07/2018

Les tablettes ne sont pas que numériques : une découverte sur des tablettes d'argile du IIIè siècle

greece.jpgLe terme "tablette" désigne généralement un écran tactile en vue de lire une information, consulter un moteur de recherche, prendre des photographies, lire un article. Mais c'est aussi un support pour l'écriture ancienne, grecque notamment. Un texte d'Homère (des vers pour être plus précis) a ainsi été découvert sur une tablette faite en argile datant du IIIè siècle après J.-C. lors de fouilles archéologiques dans le Péloponèse, autour du Temple de Zeus, lieu des premiers Jeux olympiques. L’extrait est tiré du chant 14, décrivant le retour d’Ulysse sur son île d’Ithaque et sa rencontre avec son porcher, Eumaios, qui le croit mort.

Il existe, dans toutes les cultures du monde, des textes inscrits sur de la pierre : c'était un des moyens de transmettre le savoir. Il y eu aussi l'utilisation du papyrus en Egypte ancienne, et toutes sortes d'autres matériaux, avant la découverte du papier et de l'imprimerie. Cependant, il n'est pas sûr qu'une tablette numérique dans 2000 ans puisse livrer ses secrets comme une tablette en argile.

Jean-Philippe Accart

Illustration Keystone/EPA Ministry of Culture Greece

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14/06/2018

Votre temps est précieux, c’est le patron d’Apple qui le dit…

Comment-limiter-temps-passe-devant-ecranles-enfants_0_730_486.jpg« Je me suis rendu compte que j’y passais plus de temps que je ne le devrais » : cette phrase est de Tim Cook, patron d’Apple, à propos des smartphones et des réseaux sociaux, lors d’une interview sur CNN. Ainsi, même les concepteurs de ces outils technologiques indispensables à la vie quotidienne se rendent compte qu’ils ont créé des produits addictifs pour l’ensemble de la société, et qui engendrent des effets nocifs, notamment l’addiction aux écrans par les enfants ou un niveau d’attention qui baissent chez les adultes ou les adolescents connectés (cela est constaté pour ces derniers dans les écoles durant les cours ou dans les universités pour les plus âgés)… La plupart des patrons de la Silicone Valley en Californie où sont élaborées les technologies de demain, placent leurs propres enfants dans des écoles où les smartphones sont interdits…

Facebook, Apple, Google mettent en place des moyens pour que le temps passé soit contrôlé et limité par leurs utilisateurs de manière quotidienne. Il est en effet difficile de dire quelle consommation en temps est faite par chaque utilisateur, mais celle-ci est certainement  de plus en plus grande avec plusieurs heures par jour de connexion.

Certaines études récentes (voir Le Monde Science & Médecine du 13 juin 2018) évoquent même une chute de l’intelligence, avec une régression du quotient intellectuel chez les jeunes générations, dues cependant à un ensemble de facteurs (l'environnement général, la nourriture...) et pas à un seul : cela reste encore à confirmer.

Jean-Philippe Accart

Crédit photo goodluz - Fotolia

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29/05/2018

Le livre à tous les coins de rue

Berlin.jpgLe livre papier résiste plutôt bien à la déferlante numérique, les dernières enquêtes en Europe et aux Etats-Unis montrent qu'il y a encore une place pour la lecture-loisirs, ou la lecture pendant les vacances et les voyages... 80 % des Français vont emporter un livre en vacances. De même dans les universités, les étudiants préfèrent encore étudier leurs livres de cours sur support imprimé. Le livre électronique (ou e-book) trouve une place pour la consultation rapide d'information, une vérification, un contrôle. Il s'agit plus là de "feuilletage".

Si jusqu'à présent, la vue de livres exposés chez les bouquinistes et leurs étals sur les trottoirs n'avait rien d'étonnant (cependant, il y a de moins en moins de bouquinistes sur les quais de la Seine à Paris), ce qui l'est plus est la place prise par le livre dans l'espace public : de nombreuses initiatives dans les villes font qu'il investit qui un ancien abri de bus, qui une cabine téléphonique désaffectée, qui une piscine en été ou même à la plage ou au parc public. Le livre est ainsi mis à la disposition de tout un chacun, il circule, s'échange. Il devient un bien commun.

Le phénomène s'amplifie car il existe des secteurs livres (ou parfois des bibliothèques) sur les lieux même où se trouvent des voyageurs : dans les aéroports (celui de Schilphol d'Amsterdam), les gares ou les métros des grandes villes : c'est le cas à Montréal où la station Berri-Uquam est directement relié à la Grande Bibliothèque. Ou à Berlin, qui met en place des distributeurs de livres et de friandises...

Le livre s'expose aussi dans d'autres lieux publics : la boutique Sonia Rykiel à Paris sur le boulevard Saint-Germain est conçue avec des parois surchargés de livres ; des restaurants utilisent ce même type de décor. Certains hôtels ne sont pas en reste où les chambres sont de vraies bibliothèques (à Tokyo notamment). 

Ainsi le livre est devenu un objet d'exposition, disponible et élément du décor urbain. Il est présent à tous les coins de rue.

Jean-Philippe Accart

Illustration : distributeur de livres à la station Alexanderplatz dans le métro de Berlin

06/05/2018

Louer une oeuvre d'art : l'art à la maison

frap2.jpgSi les initiatives proposées par les musées sont nombreuses pour faciliter l'accès aux oeuvres artistiques à tout public - et pour cela le numérique présente beaucoup d'avantages : expositions virtuelles ; animations virtuelles à partir d'un tableau... dont il est fait mention régulièrement dans ce blog - une nouvelle possibilité offerte maintenant est d'inviter l'art à domicile, dans son salon, sa salle à manger, son salon. 

La Médiathèque Valais a ainsi ouvert en janvier dernier une artothèque aux Arsenaux à Sion. Le principe est que tout un chacun peut choisir l'oeuvre d'un artiste, sur place ou sur internet, et l'exposer à son domicile pour une durée - prolongeable - de trois mois. C'est la première fois que ce concept apparaît dans une bibliothèque de Suisse romande. On y trouve des gravures, lithographies, sérigraphies, photographies, dessins, aquarelles et des collages, tous réalisés par des artistes professionnels. 

A l'Ecole des Beaux-Arts de Nantes, en France, ce sont 400 oeuvres contemporaines qui sont mises à disposition et sont empruntables pour la somme de 6o euros en moyenne. Ce service est ouvert à tous les habitants, mais également aux entreprises. 

Jean-Philippe Accart

Illustration extraite du site www.artdelivery.fr 

 

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20/04/2018

Le Musée du Prado à Madrid explose sur Instagram. Voici pourquoi

prado.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les explications en direct sur Instagram du Musée du Prado me rendent vivant». «Je suis étonné que le Prado soit en direct dans Instagram et explique des tableaux". Ce qui précède sont de véritables commentaires d'utilisateurs d'Instagram, surpris qu'une institution artistique comme le Musée du Prado ait décidé de faire chaque jour des vidéos en direct (les fameuses "stories") à propos d'un des tableaux de sa collection.

C'est en fait le cas depuis août 2017. Les premières vidéos ont montré une promenade à travers les salles vides, offrant aux utilisateurs « la possibilité de voir les salles d'une manière détendue et intime» selon les mots de Javier Sainz de Los Terreos, directeur de la communication numérique du Musée. " Les retransmissions ont été effectuées en silence." précise-t-il.

Les spectateurs ont demandé ensuite plus d'interactivité et qu' "il était nécessaire de raconter une histoire". Alors, le Musée a décidé de «commenter certains détails des œuvres ou des aspects qui passent habituellement inaperçus dans les visites, tous d'un point de vue informel, et de plus tous les jours». C'est ainsi que le format actuel est né. Le choix d'Instagram a été fait pour toucher une audience plus jeune et d'en faire un moment spécial car la vidéo n'est disponible que pour vingt-quatre heures. "C'est devenu un moment spécial ".

Jean-Philippe Accart

Voir : https://www.instagram.com/museoprado/

08/04/2018

La vie sur abonnement ou comment nous rendre captifs

prime.jpgPetit à petit, la vie quotidienne s'organise en fonction de personnes ou de machines qui pensent pour nous : même sans le savoir, nous sommes abonnés au travers de nos emails à un grand nombre de sites qui proposent des marchandises, des mises à jour logicielles obligatoires, des produits et auxquels il est parfois difficile de nous... désabonner. C'était le thème de l'émission Medialog de la RTS du samedi 7 avril : les exemples donnés sont édifiants et nous font mieux comprendre notre dépendance de plus en plus grande à des sociétés telles que Microsoft, Spotify ou Amazon (qui arrive bientôt en Suisse avec son abonnement Prime). L'exemple du streaming (en s'abonnant pour quelques euros par mois à un site fournisseur de musique) est particulièrement révélateur et fait que nous ne possédons pas ce que nous écoutons sur abonnement. La bonne vieille collection de disques ou de CDs n'est-elle qu'un souvenir, même si les disques vinyl reprennent du poil de la bête ?

Tout se loue actuellement, du bien matériel à la culture (de plus en plus de livres sont accessibles en streaming également). Les abonnements à des sites nous sollicitent constamment et conditionnent une manière de vivre de plus en plus orientée par un nouveau modèle économique qui vise à nous rendre captifs.

Jean-Philippe Accart

 

25/03/2018

1000 ans d'histoire des villes européennes numérisés

venice.jpgFrédéric Kaplan, directeur du laboratoire Humanités numériques * à l'EPFL (le Digital Humanities Lab - DHLAB), a lancé il y a quelques annés l'idée qu'il était possible d'explorer le passé de Venise en numérisant 1000 années des archives de la ville. C'est le projet Venice Time Machine, sorte de machine à remonter le temps, thème qui a fait les beaux jours de la littérature de science fiction. Mais ce projet est bien réel, c'est à la fois un travail d'historien, d'archiviste et de chercheur.

Une autre dimension du projet, européenne celle-là, voit le jour : il est candidat pour devenir un "superprojet" financé par l'UE à hauteur d'un milliard d'euros sur 10 ans. Cela permettrait la mise en place d'une infrastructure capable de numériser, cartographier et classer des millions de documents pour l'instant sur support papier. Des logiciels pourront décrypter des écritures anciennes ou manuscrites. Un moteur de recherche permettra de rechercher dans cette masse d'information (il devrait être prêt en juin selon F. Kaplan). Amsterdam, Dresde, Paris, Naples, Budapest souhaitent leur Time Machine.

Bel exemple de croisement entre histoire, sciences et technologies.

Jean-Philippe Accart

* "Humanités numériques" dans le sens où les sciences humaines sont alliées à la technologie numérique

Voir l'article de Wikipedia sur la Venice Time Machine et l'article du Monde du 6 mars 2018 sur ce sujet

Illustration extraite de YouTube

08/03/2018

Le 4è, un nouvel espace numérique à Genève

untitled.pngLes bibliothèques municipales de le Ville de Genève viennent d'annoncer l'ouverture de l'Espace Le 4è à la Bibliothèque de la Cité. Une expérience semblable (mais moins développée dans l'offre) avait eu lieu lors de travaux entrepris dans cette même bibliothèque il y a quelques années.
 
Ce nouvel espace prometteur sera entièrement dédié au numérique et aux nouvelles technologies, mais il se veut également un lieu de réflexion, de découverte et d'apprentissage autour des nouvelles pratiques numériques. Enfin, devrait-on dire...
 
L'aspect bibliothèque et accès aux ressources n'est pas oublié avec l'offre de milliers de journaux et de magazines en ligne, de jeux vidéo (on pourra les emprunter), l'apprentissage de la vie numérique soit d'un point de vue technique (apprendre à utiliser sa liseuse), soit afin de mieux protéger sa vie privée sur les réseaux sociaux. On pourra aussi programmer un robot, trouver de l’information fiable sur internet, faire des démarches administratives en ligne, rédiger un article sur Wikipédia ou encore créer une BD numérique.
 
Evidemment, on ne peut que se féliciter d'une telle réalisation en ville de Genève.  

Journée portes ouvertes le samedi 10 mars 2018 de 10h00 à 18h00
 
Jean-Philippe Accart

11/02/2018

Trouver ce que l'on ne cherche pas... sur le Net

trefle_size2.jpgCe concept a pour nom sérendipité. La sérendipité n'est pas un concept nouveau, et il a fait (il fait encore) le bonheur de ceux qui fréquentent les bibliothèques ou les librairies : n'est-ce pas un grand bonheur que de trouver ce que l'on ne cherche pas ?... mais qui correspond forcément à une envie, un souhait plus ou moins ancien ou quelque chose d'enfoui. Le principe est un peu le même sur le Net : une recherche d'information amène à des résultats inattendus qui sont - parfois, mais de plus en plus souvent - guidés par les algorithmes qui analysent nos traces, et nous proposent ce que à priori, nous attendons. Mais cela reste assez incertain.

Afin de mieux travailler cette question de "sérendipité virtuelle", Eric Briys, co-fondateur de la société Cyberlibris, pour la vente de bouquets d'ebooks en streaming, et par ailleurs auteur d'un excellent ouvrage aux Editions des Belles Lettres "D'or et d'airain. Penser, cliquer, agir" présente régulièrement sa bibliothèque numérique de la manière la plus originale possible et "réinvente" la sérendipidté, ceci afin de contrecarrer l'hégémonie des moteurs de recherche jugés souvent peu pertinents : il a ainsi travaillé à l'élaboration d'un algorithme qui analyse en temps réel la consultation de tel ou tel ouvrage dans sa bibliothèque numérique Bibliovox, quel que soit le site, et un autre algorithme qui classe les milliers d'ouvrages à disposition en un clic.  Le Learning Center de l'Université de Lille, Lilliad, propose ces découvertes à ses étudiants sur écran tactile, montrant ainsi en temps réel les livres électroniques consultés dans la collection proposée.

Jean-Philippe Accart

Illustration extraite du site Science pour tous

20/01/2018

La lecture, l'intelligence émotionnelle et les fonctions cognitives

lecture.jpgOh surprise ! (mais en est-ce vraiment une ?): de récentes études scientifiques montrent que la lecture est un facteur facilitateur pour mieux comprendre son environnement, être plus apte à réfléchir et à développer son intelligence émotionnelle (c'est-à-dire mieux maitriser ses propres émotions et comprendre celles des autres). Lire, c'est expérimenter d'autres mondes que le nôtre, entrer dans la vie d'autrui, organiser les connaissances selon des schémas et des catégories utiles... Ainsi le cerveau, lors de l'activité de lecture, active certaines zones qui améliorent l'intelligence émotionnelle et cognitive.
 
Les neurologues estiment que la lecture "relie" les zones du cerveau responsable de la vision et de la langue parlée. Cela aurait d'autres effets bénéfiques même sur les personnes qui apprennent à lire sur le tard. Ils y voient également une manière pour le cerveau de filtrer et d'affiner le flot d'information visuelle que nous devons affronter au quotidien. 
 
Jean-Philippe Accart
 
Pour aller plus loin, cet article
Illustration: PETER MORRISON/AP/SIPA

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07/01/2018

Le fil perdu ou comment nous perdons notre faculté d'attention

images.jpgUn petit test en ce début d'année : combien de fois par jour regardez-vous votre smartphone ? votre compte Facebook ou vos notifications sur les réseaux sociaux ? Plusieurs dizaines de fois semblent-ils... ce qui est pire chez les adolescents, les yeux rivés sur leur téléphone des heures durant. Travaillant dans une école où les étudiant-e-s ont une moyenne d'âge de 20-22 ans, le phénomène est flagrant : la concentration de la plupart d'entre eux-elles n'excède pas cinq minutes pour la lecture d'un texte, elle est par contre un peu plus longue quand il s'agit d'une vidéo à visionner sur YouTube ou d'un chanson à écouter en streaming... Quant à écouter le cours d'un enseignant d'une heure, cela relève de la prouesse intellectuelle.

De plus en plus d'études scientifiques montrent ce trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) qui en général apparaît souvent à l'enfance et peut se poursuivre à l'âge adulte. Les symptômes sont une attention limitée et de l'hyperactivité. Seule la psychothérapie semble pouvoir modifier ce comportement.

Sans vouloir être alarmiste, voici donc une des conséquences directes des technologies de la communication et des réseaux sociaux sur nos comportements. Ce que l'on désigne comme étant une "économie de l'attention" - dans la mesure où ces instruments nous amènent à utiliser certains produits - nous conduit à perdre le fil...

Jean-Philippe Accart

Illustration extraite du site AllPsych

 

 

18/12/2017

La presse meurt ? Vive la presse ! : le phénomène "Monocle"

monocle2.jpgEn ces temps incertains où nombre de journalistes cherchent une voie de reconversion et où la presse traditionnelle se pose de sérieuses questions sur son avenir, il est une aventure insolente dans le paysage des médias : celle du magazine édité en langue anglaise, "Monocle", lancé en 2007. Très bien placé dans les kiosques, dans les aéroports et dans les meilleures bibliothèques, ce magazine est rédigé à Londres, et a son siège... à Zürich. Toutes les tendances, les modes, là où il faut être, ce qu'il faut lire, porter comme vêtements et bientôt où faut-il vivre, c'est cela "Monocle". L'édition quasi mensuelle (10 n° par an) se complète d'un supplément hebdo en hiver sous format tabloïd classique. Il existe aussi des cafés, des boutiques, une radio et bientôt des appartements (à Bangkok) estampillés "Monocle" !

A l'origine et à la tête de cette revue hors-normes, Tyler Brûlé, qui est un journaliste-entrepreneur canadien : tout ce qu'il touche se transforme en or semble-t-il. Il a dessiné l'identité visuelle de Swiss, créé le magazine Wall Paper vendu 1 million de dollars après seulement 4 numéros. Il tient aussi une chronique hebdomadaire de ses voyages dans le Financial Times....

Dans sa forme, cette revue est très traditionnelle, proche du traditionnel almanach dans sa présentation tel qu'on le concevait au XIXème siècle. Beaucoup d'illustrations, de photos, des articles longs forment un produit avec du contenu et du sens. Nul doute que ce concept qui se déploie sous plusieurs formes, va encore se développer.

Jean-Philippe Accart

Précision : l'auteur ne détient pas d'actions dans "Monocle", il partage simplement son engouement.

Sur Tyler Brûlé, lire son interview dans Le Temps du 13 novembre 2017

30/11/2017

La biodiversité en héritage : 2 millions d'illustrations en ligne

Biodiversity-1.jpgLe site Open Culture a annoncé le 15 novembre dernier la mise en ligne d'un total de 2 millions d'illustrations en botanique et histoire naturelle en open access. Ce projet, intitulé "The Biodiversity Heritage Library", est né en 2005. Il consiste dans la numérisation des riches collections spécialisées de bibliothèques américaines et européennes dont la liste ne fait que s'accroître. Au niveau suisse, on retrouve des ouvrages célèbres tels la "Faune des vertébrés de la Suisse" (1899) de Victor Fatio ou "Flora der Schweiz" (1840) de Johannes Hegetschweiler. 

A l'heure où l'on alerte sur la disparition des espèces animales et des dangers que court la nature dans son ensemble, cette initiative nous rappelle l'incroyable diversité de la flore et de la faune sur la planète. The Biodiversity Heritage Library est de loin le projet mondial de numérisation le plus important pour la littérature de la biodiversité.

Jean-Philippe Accart

Illustration extraite du site The Biodiversity Heritage Library

10/11/2017

Le médiateur numérique, nouveau passeur d'information

bookalibrarian.jpgDans ce blog, il est souvent question des différents dispositifs mis en place pour assurer la transition numérique : des outils, des techniques, des découvertes. Portails d'information, sites web, bibliothèques numériques, intelligence artificielle, moteurs de recherche sont autant de moyens pour s'approprier le monde numérique. Une des conséquences de cette transition est la remise en question de certains métiers, passeurs traditionnels d'information, notamment les journalistes, les éditeurs, les imprimeurs, les bibliothécaires, tous ces métiers qui gravitent autour du livre et de l'imprimé.

Ce qui est flagrant, c'est la transformation en cours de ces métiers qui deviennent tous, peu ou prou, des "médiateurs numériques" dans le sens où ils assurent un passage entre deux mondes qui cohabitent et se rejoignent parfois.

Une conférence sur ce thème est organisée le 15 novembre prochain à l'Université de Genève (Unimail, salle 2220 - 12h15) par l'Association genevoise des bibliothécaires diplômés en information documentaire (AGBD), et j'aurai le plaisir de présenter mon dernier livre "La médiation à l'heure du numérique" (Editions du Cercle de la Librairie). L'entrée est libre.

Jean-Philippe Accart

Ill. extraite de ce site

21/10/2017

Selon Google, l'intelligence artificielle ne constitue pas une menace

machine_learning.jpgMichel Benard est responsable pour la Suisse des relations de Google avec les universités. Il a donné une conférence le 19 octobre dernier aux étudiants de l'Ecole hôtelière de Lausanne (EHL), inaugurant ainsi les "Google Series" qui promettent d'être passionnantes.

Le 1er thème abordé portait sur la thématique générale des "Machine Learning" et donc de l'intelligence artificielle, des algorithmes et de leur supposé pouvoir de remplacer l'homme prochainement. En machine learning, l'idée est que l'algorithme puisse construire une "représentation interne" tout seul afin d'effectuer la tâche qui lui est demandée (prédiction, identification). Pour cela, il va d'abord falloir lui entrer un jeu de données d'exemples afin qu'il puisse s'entraîner et s'améliorer, d'où le mot apprentissage (learning). Ce jeu de données s'appelle le training set. Michel Benard a donné l'exemple des systèmes de recommandation, appelés ainsi car ils sont basés sur les achats d'une personne en ligne, par exemple sur Amazon, et le système va lui recommander d'autres achats similaires, effectués par d'autres personnes. 

Cependant il a apporté un sérieux bémol aux progrès l'intelligence artificielle : malgré toutes les inquiétudes évoquées dans les médias, le machine learning, et de manière plus générale l'intelligence artificielle, ne constituent pas une réelle menace. En l'état actuel, on est vraiment très loin d'avoir atteint un niveau d'intelligence suffisant chez les machines pour avoir de quoi s'inquiéter. Ainsi toutes les prédictions alarmistes sur le remplacement de l'homme par la machine ne semblent pas très sérieuses. Une machine n'a pas de conscience, et ne ressent pas d'émotions, elle est incapable de relier entre elles des informations complexes que le cerveau humain déchiffre rapidement. Et de conclure: "La science fiction reste de la science fiction".

Jean-Philippe Accart

Ill. extraite de ce site

 

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08/10/2017

Etes-vous un "slasher" ? Les nouvelles formes de travail

mutli-activite.jpgUn "slasher" désigne un individu qui a plusieurs activités salariées de manière simultanée : un travailleur qui cumule deux activités à temps partiel, ou qui a une activité salariée et une activité indépendante est un slasher. En France, ils sont, selon diverses sources, entre 2 et 4 millions d'individus, l'INSEE (l'Institut national de la statistique) tablant sur le premier chiffre et mentionnant que 70% sont volontaires pour exercer cette forme de vie professionnelle.

Car il s'agit bien d'une tendance forte du marché du travail en Europe (et en Suisse aussi mais pour des motifs différents sur lesquels nous reviendrons) et qui est le plus souvent choisie et non subie. Comment expliquer ce phénomène: la difficulté de trouver un emploi à plein temps , ou le désir d'exercer ses compétences dans des secteurs différents ? Un marché du travail trop contraignant ? Des salaires trop bas dans certains secteurs ? Certainement un peu tout cela à la fois. En Suisse, les travailleurs sont habitués depuis plusieurs dizaines d'années à occuper des postes avec des pourcentages divers, ce qui permet une certaine souplesse dans la vie privée et un marché du travail ouvert.

La technologie actuelle autorise la pluri-activité (un slasher est aussi défini comme un pluriactif): le télétravail, l'usage des espaces de co-working, les plateformes en ligne... Les lieux de savoir telles que les bibliothèques s'orientent vers des "espaces 3ème lieu" pour faciliter le lien social, et ouvrir à d'autres activités que celle autour du livre ou de l'information : des espaces multifonctionnels. A l'université, ce sont les learning centers qui suivent cette tendance, à l'instar du Rolex Learning Center à Lausanne.

Jean-Philippe Accart

Sur ce thème, lire cet article paru le 4 octobre dans "The Conversation"

23/09/2017

Maîtrise de l'information et accès à l'emploi des jeunes diplômés

il.jpgFaut-il être expert en recherche d'information, maîtriser l'information sous tous ses aspects pour décrocher un job ? Cela ne semble pas être le cas puisque d'une part ce n'est jamais mentionné dans les offres d'emploi, et d'autre part, décideurs et managers n'y accordent en général que peu d'importance...

C'est sans compter les efforts déployés par les universités pour faire en sorte que leurs étudiants soient le mieux armés possible pour comprendre l'environnement informationnel, travailler dans de bonnes conditions à leurs thèses et mémoires  et éviter les pièges du plagiat ou de la fraude. Depuis une dizaine d'années, l'Université de Genève et ses bibliothèques déploient de nombreux efforts dans ce sens, avec succès. Des programmes de maîtrise de l'information sont rendus obligatoires dans un certain nombre de cursus, leur permettant d'obtenir des crédits ECTS selon le processus de Bologne. Un tutoriel en ligne "Infotrack" a été créé, avec des vidéos drôles et interactives qui démythifient l'information. 

Cet aspect de l'employabilité des jeunes diplômés incluant la maîtrise de l'information devrait être mieux pris en compte par les entreprises. Rares sont celles qui ont compris que le management de l'information, la gestion des savoirs (ou knowledge management) ou la formation à l'information (information literacy) sont bénéfiques à la prise de décision et à la bonne marche de l'entreprise. Des études récentes démontrent que les employés perdent en moyenne 8 heures par semaine à trouver l'information qu'ils recherchent...

Jean-Philippe Accart

Illustration extraite du site Lynda.com

Etude sur le temps perdu en entreprise, voir ce lien 

02/09/2017

La réalité virtuelle : une nouvelle dimension

definition-realite-virtuelle-630x330.jpgLa réalité virtuelle - cette technologie qui permet à l'homme de se dépasser ou tout du moins de découvrir des réalités qui ne sont pas la sienne au quotidien - est utilisée dans un certain nombre de domaines. L'aviation pour simuler des vols est un exemple connu et déjà ancien. D'autres applications voient le jour, notamment dans le domaine du jeu vidéo, mais également du jeu dit "Escape Game" : pour les néophytes, les Escape Games (phénomène qui connait un incroyable développement) est une manière de jouer en groupe et de trouver la solution pour sortir d'une pièce fermée. Des indices sont à découvrir et cela demande une certaine ingéniosité digne des énigmes policières. Un des rares Escape Game en Suisse utilisant la réalité virtuelle vient d'ouvrir à Etoy, un futur centre de loisirs. Mais pour les intéressés, je leur laisse découvrir le site par eux-mêmes.

Une autre application digne d'intérêt de la réalité virtuelle est celle des expositions virtuelles. La presse francophone s'est fait l'écho durant l'été d'une initiative originale fruit de la collaboration de l'écrivain argentin, Alberto Manguel, et du metteur québecois Robert Lepage, et intitulée "La bibliothèque, la nuit". A partir du livre portant le même titre de l'argentin, R. Lepage parvient à faire visiter une dizaine de bibliothèques consécutives, et de pouvoir ainsi voir, feuilleter et lire des ouvrages inaccessibles. 

Jean-Philippe Accart

Illustration : http://www.realitevirtuelle.com 

13/08/2017

L'éducation aux médias passe par la voie numérique

educpop-big.jpgLa technologie numérique a ses bons et ses mauvais côtés. Dans le domaine de la presse, les effets peuvent être dévastateurs et entraîner la disparition de journaux et magazines pourtant appréciés du public, mais plus assez rentables aux yeux des groupes qui les détiennent. L'exemple suisse le plus récent est celui du magazine L''Hebdo disparu il y a peu. Les journalistes et les collaborateurs du journal touchés de plein fouet, à l'instar d'autres professions, se (re)convertissent et trouvent d'autres voies. Et celle qui justement les met en danger, la voie numérique, offre des opportunités que certains comme l'organe de presse en ligne payant "Médiapart" ont su saisir avec bonheur et succès.

Les médiateurs d'information que sont les journalistes ont un rôle majeur à jouer, à l'heure des fausses informations, ou erronées, des théories du complot, de la fraude et plagiat qui se développent à l'envie sur Internet. Avec tous les dangers que l'on sait. Jean-Claude Domenjoz, ancien collaborateur et blogger à L'Hebdo, enseignant et formateur, a continué son chemin sur Internet avec son blog L'Education aux médias et à l'information que l'on ne saurait trop conseiller de suivre. Il est à la fois pédagogique, didactique et en plein dans l'actualité. Le dernier article publié détaille les impacts des algorithmes qui "façonnent notre vision du monde". Et les solutions proposées sont dignes d'intérêt.

Jean-Philippe Accart

Ill. extraite du site (suivre ce lien)

 

 

 

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03/08/2017

Rencontre avec Alberto Manguel, héritier de Jorge Luis Borgès

manguel.jpgUn voyage à Buenos Aires - en vue de découvrir cette ville magnifique s'étirant au bord du Rio de La Plata - est aussi une manière de marcher dans les pas de Jorge Luis Borgès, auteur que j'avais déjà évoqué dans un précédent billet de ce blog. Les connexions de l'écrivain argentin avec la Suisse sont importantes car il y vécut enfant, et il repose maintenant au cimetière des Rois à Genève.

Quoi de mieux que de rencontrer (même brièvement) son héritier spirituel en la personne d'Alberto Manguel, écrivain et directeur de la Bibliothèque nationale d'Argentine ? Celui-ci a bien voulu me recevoir et j'ai ainsi pu découvrir son projet de rénovation du bureau de Borgès dans l'ancienne bibliothèque nationale (calle Mexico 564) dont celui-ci fut le directeur entre 1955 et 1973. L'actuelle bibliothèque nationale n'a rien à voir avec l'ancien édifice, le nouvel édifice ressemblant à un énorme vaisseau extra-terrestre posé dans la ville. Cependant, un pays qui nomme à la tête d'une institution culturelle prestigieuse deux de ses plus grands écrivains ne peut mériter qu'une grande considération. 

Retrouver les traces de l'écrivain Borgès dans Buenos Aires n'est pas aisé, rien n'est vraiment fait pour cela, contrairement à d'autres villes qui nous font vraiment suivre les chemins empruntés par leurs écrivains (on pense notamment à Trieste où vécurent Umberto Saba, Italo Svevo, Claudio Magris ; ou Ferrare avec Giorgio Bassani). S'il existe bien une Fondation Borgès créée en 1988 par sa veuve Maria Kodama ainsi qu'un centre culturel qui porte son nom, la rénovation du lieu où Borgès travailla pendant 18 ans, en plus de quelques dizaines d'ouvrages annotés de sa main possédés par la bibliothèque nationale, va contribuer à conserver sa mémoire. En attendant, il faut lire ou relire Borgès et son héritier Alberto Manguel qui se voit plus tard comme un futur "ermite". 

Jean-Philippe Accart

23:50 Publié dans Bibliothèque, Genève, Histoire, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | |  Facebook

11/07/2017

Magnus, ou l'art à portée de votre smartphone

resch.jpgMagnus Resch a compris l'intérêt du public pour l'art en créant une application, Magnus, qui offre beaucoup de possibilités à portée de tout un chacun. Allemand, âgé de 32 ans, ayant fréquenté des universités prestigieuses (Harvard, the London School of Economics, St Gall...), il est également auteur et créateur de start-ups. Son intérêt pour l'art se manifestait déjà à 20 ans quand il co-dirigeait une galerie d'art pour financer ses études.

Son application Magnus - disponible depuis un an sur Google Play et Apple Store - est originale et devrait remporter un grand succès. Elle permet de connaitre les détails d'une oeuvre picturale dans un musée. Il faut pour cela la photographier et en quelques minutes, Magnus vous indique le nom du peintre, son histoire et des exemples de tableaux similaires.

Magnus dispose de 10 millions de données fournies par des galeries et des salles de ventes, les usagers peuvent aussi fournir des informations.

Qui a dit que l'art n'était pas à portée de mains ? Il est en tous cas à portée de smartphone...

Jean-Philippe Accart

Voir l'article du Monde sur ce sujet

 

 

30/06/2017

"Les lectures de Lénine": une exposition à la Bibliothèque nationale suisse

lenine.jpgPeu de personnes le savent (à part quelques initiés) ou s'en souviennent, mais  Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, fréquenta la Bibliothèque nationale suisse en 1915 (à l'époque die Landesbibliothek), soit deux ans avant la Révolution bolchevique qui bouleversa et bouleverse encore la carte du monde. Il est, avec son épouse Nadejda Krupskaïa, vraisemblablement habitué de la Suisse, puisqu'ils vécurent plusieurs années à Genève au début du XXè siècle. Un article fort intéressant de la Tribune de Genève relate ce passage de Lénine à Genève.

Mais que lisait donc le célèbre révolutionnaire dont la dépouille est toujours conservée dans son mausolée du Kremlin ? La Bibliothèque nationale a bien sûr conservé des traces du passage de ce visiteur si célèbre - mais inconnu à l'époque - et notamment les fiches de prêt des livres, soit une soixantaine. Ce sont des livres d'histoire, mais aussi des livres sur l'organisation, la technique ou encore la politique - en allemand, français et italien.

L'exposition qui se tient en ce moment à Berne jusqu'au 26 août (en prémice des célébrations de la révolution d'octobre 1917), raconte ce parcours livresque en présentant des documents qui n'ont encore jamais été montrés, en provenance des Archives fédérales et des Archives de l'Etat de Berne. A l'époque, Lénine se montra impressionné par le système des bibliothèques en Suisse. Il partit ensuite pour Zürich, puis retourna en Russie et nous connaissons la suite de l'histoire...

Jean-Philippe Accart

14:13 Publié dans Accès à l'information, Archives, Bibliothèque, Exposition, Genève, Suisse, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | |  Facebook

09/06/2017

WonderAlp, le cabinet de curiosités au 21è siècle

dragon.jpgDébut 2016, je relatais le lancement de l'application WonderAlp dans ce blog, sorte de "cabinet de curiosités" nouveau style et tendance geek. Non content de cette expérience originale, l'expérience est étendue à un site web en trois langues (F-D-E), site web qui permet de mieux se rendre compte de ce que peut être un cabinet de curiosités.

Réalisé à partir de livres de voyages anciens dans les Alpes, WonderAlp montre des images de dragons, fossiles, cristaux, plantes, animaux ou phénomènes naturels, et donne une "vision de la nature à la fois rationnelle et merveilleuse, savante et populaire". Entre les 16è et 17è siècles, la science était émerveillée par la nature. Le site est organisé en trois espaces (Les dragons des Alpes, Fossiles et cristaux, Des plantes aux paysages), et présente de nombreux objets découverts lors des premiers voyages dans les Alpes.

Partez à la découverte des Alpes sous un angle original et explorez une autre histoire des savoirs sur cette région.

Jean-Philippe Accart

Voir sur YouTube les vidéos de lancement :

- WonderAlp. Une science émerveillée. Les Alpes et la culture de la curiosité https://youtu.be/7XdFgTq55bA 

- WonderAlp. Wonder and Science. The Alps and the Culture of Curiosity https://youtu.be/5gmj8a08Fjw

- WonderAlp. Eine staunende Wissenschaft. Die Alpen und die Kultur der Wissbegier https://youtu.be/M4QYUlcGP9c

 

 

10:51 Publié dans Accès à l'information, Air du temps, Archives, Faune, Flore, Histoire, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | |  Facebook

28/05/2017

Le règne des plateformes en ligne

plateforme.jpgIl semble que nous soyons voués à ne pouvoir évoluer - sur Internet - que dans un monde de plateformes numériques auxquelles il faut s'abonner pour bénéficier d'un certain nombre de services. C'est vrai au quotidien dans les banques, les assurances, au sein de l'entreprise où l'on travaille (avec l'Intranet), mais aussi sur le plan culturel, oisirs, social, de la formation, de l'éducation...

L'avantage très net de ces plateformes en ligne est d'offrir un point d'accès unique à un certain nombre d'informations qui sont regroupées et présentées de manière attractive. Les bibliothèques proposent des portails documentaires depuis de nombreuses années (le portail Europeana auquel collabore la Bibliothèque nationale suisse allie des ressources de musées, d'archives soit plusieurs millions de documents).

Les nouvelles plateformes qui se mettent en place sont maintenant sociales et collaboratives, elles allient les réseaux (professionnels, sociaux, amicaux, d'écrivains, pour enfants, adolescents...) et proposent du texte, des messages courts ou longs, mais aussi du son, de la vidéo... La communication instantanée avec Snapchat ou Instagram semble avoir le vent en poupe.

Un panorama complet des plateformes numériques est proposé dans un dossier en ligne sur mon site http://www.jpaccart.ch

Jean-Philippe Accart

Source illustration : Thot cursus

14/05/2017

"Le Livre des Cercles" ou comment représenter les savoirs

h_limamanuel3.jpgManuel Lima, auteur, conférencier et chercheur newyorkais, avait déjà fasciné avec la publication de The Book of Trees, prenant la métaphore de l'arbre pour visualiser les savoirs humains. Ce qui était fascinant était sa recherche d'une riche iconographie en vue d'illustrer son propos, en se fondant sur la visualisation des données (data visualization), concept à présent très développé grâce aux réseaux sociaux, et qui permet de visualiser graphiquement sous forme d'infographies des concepts, des thématiques, infiniment plus parlantes qu'un définition.

Il reprend la même idée, mais cette fois-ci en utilisant le thème du cercle, cercle qui permet également de représenter les savoirs, sous forme d'un simple dessin circulaire, d'une peinture plus élaborée, autorisant un nombre infini de paraboles et de métaphores. L'iconographie est très recherchée, reprenant aussi bien des illustrations du 17 ou du 18ème siècles jusqu'à des représentations très stylisées de l'art moderne, ou des démonstrations scientifiques et mathématiques.

A ranger dans la catégorie des "beaux livres" de par le soin apporté à sa composition, le livre de Manuel Lima nous fait considérer le monde, l'humain et ses connaissances sous d'autres angles, d'autres points de vue, graphiques cette fois-ci.

Jean-Philippe Accart

"The Book of Circles. Visualizing Spheres of Knowledge", Manuel Lima, New York, Princeton Architectural Press, 2017.

Voir le site de Manuel Lima www.visualcomplexity.com 

 

18:00 Publié dans Accès à l'information, Air du temps, Datavisualization | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | |  Facebook