Bibliothèque

  • Lisez maintenant...!

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    imagepapierebook.jpgEn ces temps incertains, d'enfermement, tout d'un coup une faim de musique, de spectacle, de film s'empare de tout un chacun. Et on peut vraiment l'assouvir sans trop de peine, vu les multiples diffusions télévisuelles ou sur les réseaux sociaux : beaucoup d'artistes y vont de leur chanson en live, voire d'un mini-spectacle en ligne, d'un concert improvisé...

    Mais quid de la lecture ? Les librairies sont fermées, on peut bien sûr commander des livres papier en ligne, de préférence à des libraires indépendants... et en Suisse, à Genève, ils sont nombreux à le proposer (Voir ce site). Mais pour ceux qui n'ont guère l'envie ou les moyens financiers, il existe d'autres possibilités, notamment le prêt numérique de livres (par des bibliothèques) ou le téléchargement gratuit de livres (oui c'est possible !): Bibliomedia a ainsi lancé la plateforme e-bibliomedia et si vous êtes inscrit dans une bibliothèque publique, vous pouvez bénéficier du prêt numérique (le livre est mis à disposition en ligne pendant une certaine période). Autre possibilité, le livre numérique à télécharger gratuitement sur votre ordinateur : le site Outilstice donne la liste complète des sites où c'est rendu possible pendant cette période à la maison. Alors, plus d'excuses pour ne pas lire...

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site Librinova

    Autre billet sur ce blog avec : Le livre en streaming

  • La Bibliothèque nationale suisse a 125 ans !

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    BN.jpgComparée à ses homologues, la Bibliothèque nationale suisse est toute jeune, et qu'est-ce que 125 ans quand le mandat qui lui est fixé l'est pour l'éternité ! Son mandat est légal, elle doit collecter tous les documents (manuscrits, images, photos, affiches, presse suisse...) qui concernent la Suisse. La traduction en slovène ou en hindi d'un romancier suisse arrive systématiquement à la BN à Berne par le réseau diplomatique ou d'autres réseaux (il n'existe pas de dépôt légal national en Suisse, mais des dépôts cantonaux). Plus de 5 millions de documents sont ainsi stockés dans deux magasins ultra-modernes en sous-sol et décrits dans son catalogue en ligne Helveticat. Les projets de numérisation sont nombreux notamment celui de la presse suisse accessible maintenant en ligne.

    Le bâtiment de la BN construit en 1930 est protégé, il s'inspire de l'école du Bauhaus, avec des lignes très épurées. Restaurée et informatisée dans les années 2000, la BN est un bel outil ouvert à tous-tes, avec une clientèle d'étudiants, d'enseignants, d'historiens. La littérature suisse est mise à l'honneur avec les Archives littéraires suisses, et le magnifique fonds des affiches et des peintures au travers du Cabinet des estampes.

    La BN c'est aussi la Phonothèque nationale à Lugano pour la musique et le son, le Centre Dürrenmatt à Neuchâtel.

    Jean-Philippe Accart

    Une vidéo vous permet de visiter la BN

    Ill. : La Poste suisse a émis un timbre pour célébrer les 125 ans de la BN

  • Sauver des livres et des manuscrits sous Daech

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    najeeb.jpgC'est l'objectif que s'était fixé le Père Michaeel Najeeb, et qu'il a réussi bien souvent au péril de sa vie. Le parcours de cet amoureux des livres et d'écrits anciens est passionnant : âgé de 64 ans, natif de Mossoul, Michaeel Najeeb a d’abord été ingénieur pétrolier, avant de devenir prêtre.

    En 2014, il suspend sa thèse de doctorat à Fribourg sur les livres saints yézidis lorsque Daech conquiert sa région natale. Il ne peut pas résister et rentre dans son pays.

    Au cours d’une véritable épopée qu'il raconte dans un livre en 2017 *, il va sauver des centaines de manuscrits que les djihadistes ont juré de réduire en flamme, comme ils ont détruit Palmyre ou saccagé le tombeau de Jonas. Le dominicain nettoie, restaure et protège ces textes sacrés. Quand il commence à écrire son livre, Mossoul est déjà prise par l’EI. L’auteur quitte alors Mossoul pour la ville de Qaraqoch, en emportant avec lui ces nombreux écrits très anciens. En décembre 2018, il est ordonné archevêque de Mossoul par le pape François. 

    Il parle ainsi de son travail de restaurateur : "Je travaille dans un petit atelier à restaurer, préserver, numériser des manuscrits. Chaque jour, je découvre des textes anciens qui méritent d’être publiés, en araméen, en arménien, en arabe ou en syriaque. Restaurés, je les publie souvent sur le site vHMML. J’ai une dizaine de collaborateurs. On vit avec des aides provisoires de l’ordre dominicain et aussi des bénédictins du Minnesota ou de l’Unesco".

    Jean-Philippe Accart

    * Sauver des livres et des hommes, Paris, Grasset, 2017

  • Les déambulations genevoises de Jorge Luis Borges

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    borges.jpgJorge Luis Borges, le plus célèbre écrivain argentin, vécut quelques années à Genève en tant que collégien au Collège Calvin. Ses parents devenus rentiers s'y étaient installés. Il se promena beaucoup dans la vieille ville, et aussi à la Jonction. Devenu non-voyant, il revint régulièrement dans la ville du bout du lac, se rappelant très bien des rues et des passages. Il est décédé à Genève et est enterré au cimetière des Rois, près de Plainpalais. L'émission de la RTS, Couleurs locales, nous le rappelait encore la semaine dernière.

    Malheureusement, il n'y a pas - encore - de "circuit littéraire" pour rappeler ces faits, comme il en existe dans d'autres villes. La ville de Trieste, au nord de l'Italie, a par exemple plusieurs parcours littéraires pour célébrer les nombreux écrivains qui y ont vécu : Italo Svevo, James Joyce, en passant par Umberto Saba ou Rainer Maria Rilke.

    Même si cela ne console pas beaucoup, la capitale argentine Buenos Aires ne célèbre que très peu cet immense écrivain, à peine une ou deux plaques sur certains bâtiments dont l'ancienne bibliothèque nationale dont il fut le directeur, et qui possède encore son bureau et quelques livres annotés de sa main.

    Jean-Philippe Accart

    Photo : la tombe de JL Borges à Genève - crédit : JP Accart

    Voir un autre billet consacré à J.L. Borges sur ce site

     

     

     

    http://jpaccart.blog.tdg.ch/archive/2016/03/20/le-reve-de-jorge-luis-borges-revisite-274915.html

  • Dans le secret des bibliothèques privées

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    bibliothèques_privees.jpgLes bibliothèques publiques, patrimoniales, scientifiques sont bien implantées et nombreuses en Suisse : rien que pour la ville de Genève, on dénombre 9 millions de documents *, ce qui est un chiffre qui dépasse ce que possède bien des villes comparables dans le monde.

    La revue "Domus Antica Helvetica" dans son son bulletin #70, 12/2019 a la bonne idée d'éditer un dossier spécial consacré aux bibliothèques privées et historiques en Suisse et les découvertes sont nombreuses. Quelques exemples après une introduction détaillée de Mme Marie-Christine Streuli :

    - la bibliothèque du Reposoir (Château du Reposoir, commune de Prégny-Chambésy, 1750), soit 2800 ouvrages ;

    - la bibliothèque du château d'Oron (Commune d'Oron-le-Châtel), 18 000 romans publiés à Paris entre 1750 et 1815 ;

    - la bibliothèque du Sprecherhaus (Commune de Maienfeld), 23 000 volumes répartis dans cinq pièces, le plus ancien datant de 1282 ;

    Et d'autres encore, le château de Burgistein(Canton de Berne, famille Von Graffenried) ou le très étonnant "Cabinet de littérature sentimentale" à Soleure.

    Ces bibliothèques privées sont le reflet de l'histoire d'une famille généralement bourgeoise ou aristocrate, d'érudits ou d'une succession de propriétaires qui ont racheté l'entièreté des biens d'une demeure. Certaines collections voient le jour avec Les lumières, les oeuvres de Voltaire ou Rousseau. Elles sont aussi le reflet d'une histoire de la Suisse, au milieu de l'Europe et refuge de bien des collectionneurs.

    Jean-Philippe Accart

    * voir la page Livres et bibliothèques à Genève sur le site de la Ville de Genève

  • La presse numérisée en Suisse : une opération d'envergure de la Bibliothèque nationale

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    A l'heure où des titres de presse disparaissent ou laissent la place à la presse en ligne, la Bibliothèque nationale suisse a lancé depuis une dizaine d'années une opération d'envergure de numérisation de la presse suisse. Dorénavant, ce sont 115 titres soit plus de 4 millions de pages et 36 millions d'articles de presse qui sont sauvegardés pour - on ose le croire - l'éternité.

    Ce travail a pu être réalisé dans le temps avec plusieurs partenaires, les titres de presse eux-mêmes (tel Le Temps) ou des institutions (La Médiathèque Valais). On peut consulter le site créé à cet effet : www.e-newspaperarchives.ch. Une carte de la Suisse permet de visualiser l'étendue de la collection.

    Lire la suite

  • L'histoire de Genève sous le prisme de ses bibliothèques

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    jvr-ombre-1.jpgPeu de Genevois le savent, mais leur ville est une des plus riches au monde en terme documentaire : les collections de ses bibliothèques, et ce depuis au moins de deux siècles, comptabilisent le plus grand nombre d'ouvrages par habitant, constituant un patrimoine documentaire, littéraire et scientifique inégalé. A l'heure où l'on parle de numérique, ces collections papier existent toujours, et occupent un grand nombre de professionnels : doit-on voir dans cette richesse documentaire une des clés de la réussite de Genève puisqu'elle nourrit les milliers d'étudiants et de professeurs ? Certainement. L'habitant lambda n'est pas exclu puisque le réseau des bibliothèques municipales de Genève est lui aussi très dynamique.

    La maison d'édition genevoise L'Esprit de la lettre publie un ouvrage à quatre mains intitulé "Histoire d’une (r)évolution | L’informatisation des bibliothèques à Genève 1963 – 2018 : là aussi, peu de Genevois le savent, mais l'histoire des bibliothèques suit de près celle de l'informatique. Plus rien - ou très peu - de transactions au sein d'une bibliothèque a à voir avec le papier : tout est informatisé par des systèmes de gestion de bibliothèques performants qui permettent de réaliser une multitude d'opérations.

    Les auteurs de cet ouvrages ont participé activement à l'évolution des bibliothèques genevoises, et il faut leur rendre cet hommage-là : ils ont accompagné toutes les transformations depuis une bonne quarantaine d'années, Alain Jacquesson en tant directeur de la Bibliothèque de Genève et Gabrielle Von Roten de l'Université de Genève.

    Sur le chemin de l'histoire, Genève peut aussi être vue sous le prisme de ses bibliothèques.

    Jean-Philippe Accart

  • Votre journal a 140 ans !

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    topelement.jpgLe saviez-vous ? La Tribune de Genève fête ses 140 ans cette année : autant dire que par les temps qui courent, c'est un exploit et c'est bien sûr grâce à ses lecteurs et ses journalistes. Souhaitons-lui encore 140 ans d'existence !

    La Bibliothèque de Genève, bibliothèque patrimoniale, a numérisé la TdG de 1879 à 1920, en attendant l'entier de la collection. Une autre bibliothèque, la Bibliothèque nationale suisse, a entrepris un vaste projet de numérisation de la presse suisse, travail titanesque (87 journaux numérisés) que l'on peut retrouver sur le site e-newspaperarchives

    La Tribune de Genève est donc un des plus anciens quotidiens suisses encore publié, et vous retrouverez régulièrement dans ces colonnes les événements qui ont jalonnés l'histoire de Genève, et bien sûr l'histoire mondiale.

    En illustration, la première une du 1er février 1879, un régal !

    Jean-Philippe Accart

     

     

     

  • Une politique culturelle pour Genève

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    BGE.jpgLe conseiller d'Etat Thierry Apothéloz vient de publier un document  qui dévoile ses ambitions pour une véritable politique culturelle à Genève. Aussi étonnant que cela paraisse, un tel document n'existait pas jusque-là... : il est vrai que la culture en ville et dans le canton de Genève apparait disparate et sans grande cohérence, même s'il existe de nombreux événements culturels dignes de ce nom. Or, vu le renom international de la ville, c'est pour le moins surprenant et pas en adéquation avec les richesses (culturelles, littéraires, artistiques, patrimoniales...) de celle-ci.

    Que propose le conseiller d'Etat ? Notamment que la constitution genevoise instaure une nouvelle gouvernance pour la culture entre les communes, les villes et le canton. Parmi les propositions : un rapprochement des Archives de l'Etat avec la Bibliothèque de Genève ce qui renforcerait un pôle patrimonial d'envergure ; la création d'un musée de la bande dessinée ; et enfin, une rétribution équitables des artistes.

    Ce projet est soumis à observations jusqu'au 30 septembre avant d'être présenté au Conseil d'Etat.

    Jean-Philippe Accart

    Illustrations : La Bibliothèque de Genève au Parc des Bastions

     

  • Du voyage en ballon au drone : la Suisse vue du ciel

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    Lagginhorn_Eduard_Spelterini.jpgLa Bibliothèque nationale suisse (BN) à Berne possède des collections variées et sur tous types de supports concernant la Suisse (son mandat étant de collecter tout ce qui concerne la Suisse, même ce qui est publié sur la Suisse à l'étranger) : livres, journaux, revues, sites web, cartes et atlas, écrits académiques et de sociétés, publications officielles et documents musicaux.

    Ce qui nous occupe aujourd'hui sont ses collections photographiques que la BN met en valeur au travers d'expositions. "Vu du ciel" ("Von Oben"), la dernière en date visible jusqu'au 28 juin prochain, permet de mettre en valeur les travaux d'Eduard Spelterini, alias Eduard Schweizer (1852-1931) qui fut un des plus célèbres pionniers de la photographie aérienne au monde. 

    Pour raconter l’histoire de la photographie aérienne en Suisse, l’exposition prend comme point de départ les clichés d’Eduard Spelterini, des images conservées par le Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale suisse. Puis viennent les photos faites par avion, par satellite et enfin par des drones. Une exposition virtuelle permet de mieux s'en rendre compte. Des visites sont organisées sur place

    Jean-Philippe Accart

    Illustration : photographie du Lagginhorn par Eduard Spelterini

  • 200 ans de littérature pour enfants et jeunes adultes : 6 000 ouvrages numérisés

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    Au travers de la numérisation de 6 000 ouvrages pour jeunes adultes sur une période de 200 ans (principalement de livres en anglais), nous pouvons apprendre beaucoup. Plusieurs genres ont prospéré : l’instruction religieuse, mais aussi des livres de langue et d’orthographe, des contes de fées, des codes de conduite, et, surtout, des livres d'aventure comme ceux de Jules Verne. Ces livres offrent une vue (très colonialiste) du vaste monde. Ils sont souvent publiés en série dans les journaux à partir des années 1890, et mêlent fiction, voyage, histoire naturelle et sciences.

    Mais d'autres genres prospèrent qui rencontrent un grand succès : la poésie avec Elfin Rhymes de Norman ou le fantastique avec le Magicien d'Oz de Frank L. Baum et le non moins célèbre Peter Pan de J. M. Barrie. Ils préfigurent la série des Harry Potter et bien d'autres encore.

    L'étude des 200 prochaines années de ce type de littérature sera certainement tout aussi passionnante.

    Jean-Philippe Accart

    Pour en savoir plus, suivre ce lien

  • Léonard de Vinci et Genève

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    indexLV.jpgUn mystère sera peut-être dévoilé le vendredi 1er mars prochain à 12h15 à la Bibliothèque de Genève, aux Bastions. Le célèbre manuscrit De Divina Proportione écrit par Luca Piacioli  et conservé par la bibliothèque depuis 1756 comporte-t-il réellement 60 dessins de la main de Leonard de Vinci ?

    De Divina Proportione (La Divine Proportion) est un livre de mathématiques composé aux alentours de 1498 à Milan et publié pour la première fois en 1509 à Venise. Il détaille la proportion mathématique et son application en géométrie, dans les arts et en architecture. C'est dire son importance, et qui en effet mieux que Leonard de Vinci pouvait l'illustrer ?

    A l'occasion de la célébration des 500 ans de la mort du grand homme, le manuscrit partira pour Rome pour être exposé aux Scuderie del Quirinale. Mais auparavant, il sera présenté au public genevois à l'Espace Ami Lullin le samedi 2 mars, une fois le mystère levé la veille au cours d'un débat avec des conservateurs, des historiens et des scientifiques. Une occasion à ne pas manquer.

    Jean-Philippe Accart

    Voir le programme de la manifestation 

     

  • Nicolas Bouvier, l'écrivain photographe et iconographe

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    bouvier-28651324.jpgL'automne genevois nous a régalé d'un choix d'illustrations du fonds iconographique de Nicolas Bouvier, invitant ainsi à une promenade non pas littéraire mais artistique dans les rues de la ville.

    La Bibliothèque de Genève prolonge cette promenade par une exposition des propres photographies de l'auteur prises au cours d'un de ses voyages mythiques en 1953, à travers l'ex Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, le Pakistan, avec son ami, peintre, Thierry Vernet. Le résultat de ce voyage est le non moins mythique ouvrage "L'usage du monde".

    La littérature, la photographie, le dessin ou le cinéma sont des arts à la puissance évocatrice, qui ont le pouvoir de nous transporter dans un ailleurs, ou hors du temps. Les photographies de Nicolas Bouvier ont cette force-là, et on ne saurait trop recommander d'aller les contempler jusqu'au 2 février 2019... et de relire "L'Usage du monde" !

    Jean-Philippe Accart

    Voir aussi le site "Le voyage en images"

    Ill. extraite du site Swissinfo.ch : Nicolas Bouvier et Thierry Vernet

    Interview de Nicolas Bouvier à la RTS à propos de "L'Usage du monde"

  • Une Suisse digitale : autour du SwissDigitalDay

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    digital.pngLe 25 octobre a lieu la 2ème Journée du Digital en Suisse ou SwissDigitalDay. Le succès de la 1ère édition a permis d'en organiser une seconde qui semble prometteuse. Une des particularités de cette journée digitale (ou numérique) est d'avoir lieu dans 12 lieux différents sur tout le territoire suisse, avec plus de 80 événements don vous pouvez consulter le programme ici. Parmi les partenaires de cette manifestation, citons Google, Ringier, les CFF, la RTS et Swisscom.

    L'Association qui gère cet événement que l'on peut qualifier d'hors-normes est digitalswitzerland, fondée en 2015, avec 120 entreprises et organisations diverses.

    Le programme du 25 octobre est très riche, allant d'ateliers, à des conférences, des  lives en gare de Zürich ou de Sion, avec des spécialistes de l'intelligence artificielle, des réseaux sociaux, du monde numérique en général.

    Jean-Philippe Accart

    Les bibliothèques participent également: vous trouverez ici plus d’informations ainsi que les programmes :
    https://www.digitaltag.swiss/fr/
    https://www.dsi.uzh.ch/de/digitaltag.html
    https://www.ethz.ch/de/news-und-veranstaltungen/veranstaltungen/digitaltag.html
    https://www.zb.uzh.ch/Medien/zb_programm_e-day_180920_print.pdf

  • Le nouveau portail "Mon Manuel Scolaire Numérique"

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    ban3.pngUne quasi vingtaine d'éditeurs scolaires français lance un nouveau portail : "Mon Manuel Scolaire Numérique". Mais attention: les livres proposés ne sont pas gratuits, la plateforme redirigeant les intéressés vers l'éditeur du livre concerné. Cependant, les prix restent assez modiques dans l'ensemble. L'avantage est de voir regroupés un ensemble de manuels scolaires, et de pouvoir les télécharger sur une tablette ou un ordinateur par exemple. Du primaire au lycée, ceux-ci sont disponibles dans toutes les matières et pour tous les niveaux, même en vacances...

    Le Manuel Scolaire Numérique propose de nombreuses ressources supplémentaires (vidéos, sons, animations) et des fonctionnalités interactives, rendant ainsi la navigation plus ludique. Les éditeurs ont souhaité une ergonomie accentuée pour ce site facilitant l'appropriation par des enfants en situation de handicap par exemple (zoom ou écoute de textes sont ainsi rendus plus aisés). 

    Reste maintenant à savoir si les enfants vont s'approprier ce site, et notamment la lecture de manuels sur un écran...

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site Mon Manuel Scolaire Numérique

     

  • Conserver la mémoire à l'ère numérique : les archives en Suisse

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    entreprise-transformation-digitale-650x287.pngMémoire et numérique, passé et présent, archives et Suisse sont des mots-clés qui résument le livre de Gilbert Coutaz, directeur des Archives cantonales vaudoises, "Archives en Suisse". Qui mieux que lui pouvait entreprendre un tel ouvrage de synthèse sur des thèmes aussi essentiels de nos jours ? Gilbert Coutaz est en effet observateur et acteur dans ce domaine depuis de nombreuses années, il est à l'origine d'avancées importantes, avec le souci de transmettre savoirs et connaissances acquises notamment en enseignant à l'université (Lausanne, Berne...).

    A la croisée de nombreux chemins qui sont finalement ceux de nos vies (de notre naissance à notre mort, nos vies sont consignées, archivées, que ce soit sous forme papier et maintenant numérique) , l'auteur entreprend une plongée dans l'histoire des archives en Suisse qu'il dépeint comme étant entre fédéralisme et universalité.  Les archives sont bien entendu privées, mais également publiques (comme le furent les travaux de la Commission Bergier encore dans toutes les mémoires) et l'archiviste est au coeur de nombreuses transitions actuelles, même si nous n'en avons pas toujours conscience. G. Coutaz conclut cet excellent ouvrage (plus riche que ce qui en est dit ici) sur la nécessité de signer un "nouveau pacte" entre patrimoines, historiens, institutions et utilisateurs des archives.

    Jean-Philippe Accart

    Ouvrage édité aux Presses polytechniques et universitaires romandes, collection "Le savoir suisse"

    Voir aussi l'interview de Gilbert Coutaz dans Helvetica Historica, du 5 août 2018

    Ill. extraite du site suivant

  • Le livre à tous les coins de rue

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    Berlin.jpgLe livre papier résiste plutôt bien à la déferlante numérique, les dernières enquêtes en Europe et aux Etats-Unis montrent qu'il y a encore une place pour la lecture-loisirs, ou la lecture pendant les vacances et les voyages... 80 % des Français vont emporter un livre en vacances. De même dans les universités, les étudiants préfèrent encore étudier leurs livres de cours sur support imprimé. Le livre électronique (ou e-book) trouve une place pour la consultation rapide d'information, une vérification, un contrôle. Il s'agit plus là de "feuilletage".

    Si jusqu'à présent, la vue de livres exposés chez les bouquinistes et leurs étals sur les trottoirs n'avait rien d'étonnant (cependant, il y a de moins en moins de bouquinistes sur les quais de la Seine à Paris), ce qui l'est plus est la place prise par le livre dans l'espace public : de nombreuses initiatives dans les villes font qu'il investit qui un ancien abri de bus, qui une cabine téléphonique désaffectée, qui une piscine en été ou même à la plage ou au parc public. Le livre est ainsi mis à la disposition de tout un chacun, il circule, s'échange. Il devient un bien commun.

    Le phénomène s'amplifie car il existe des secteurs livres (ou parfois des bibliothèques) sur les lieux même où se trouvent des voyageurs : dans les aéroports (celui de Schilphol d'Amsterdam), les gares ou les métros des grandes villes : c'est le cas à Montréal où la station Berri-Uquam est directement relié à la Grande Bibliothèque. Ou à Berlin, qui met en place des distributeurs de livres et de friandises...

    Le livre s'expose aussi dans d'autres lieux publics : la boutique Sonia Rykiel à Paris sur le boulevard Saint-Germain est conçue avec des parois surchargés de livres ; des restaurants utilisent ce même type de décor. Certains hôtels ne sont pas en reste où les chambres sont de vraies bibliothèques (à Tokyo notamment). 

    Ainsi le livre est devenu un objet d'exposition, disponible et élément du décor urbain. Il est présent à tous les coins de rue.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration : distributeur de livres à la station Alexanderplatz dans le métro de Berlin

  • 1000 ans d'histoire des villes européennes numérisés

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    venice.jpgFrédéric Kaplan, directeur du laboratoire Humanités numériques * à l'EPFL (le Digital Humanities Lab - DHLAB), a lancé il y a quelques annés l'idée qu'il était possible d'explorer le passé de Venise en numérisant 1000 années des archives de la ville. C'est le projet Venice Time Machine, sorte de machine à remonter le temps, thème qui a fait les beaux jours de la littérature de science fiction. Mais ce projet est bien réel, c'est à la fois un travail d'historien, d'archiviste et de chercheur.

    Une autre dimension du projet, européenne celle-là, voit le jour : il est candidat pour devenir un "superprojet" financé par l'UE à hauteur d'un milliard d'euros sur 10 ans. Cela permettrait la mise en place d'une infrastructure capable de numériser, cartographier et classer des millions de documents pour l'instant sur support papier. Des logiciels pourront décrypter des écritures anciennes ou manuscrites. Un moteur de recherche permettra de rechercher dans cette masse d'information (il devrait être prêt en juin selon F. Kaplan). Amsterdam, Dresde, Paris, Naples, Budapest souhaitent leur Time Machine.

    Bel exemple de croisement entre histoire, sciences et technologies.

    Jean-Philippe Accart

    * "Humanités numériques" dans le sens où les sciences humaines sont alliées à la technologie numérique

    Voir l'article de Wikipedia sur la Venice Time Machine et l'article du Monde du 6 mars 2018 sur ce sujet

    Illustration extraite de YouTube

  • Le 4è, un nouvel espace numérique à Genève

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    untitled.pngLes bibliothèques municipales de le Ville de Genève viennent d'annoncer l'ouverture de l'Espace Le 4è à la Bibliothèque de la Cité. Une expérience semblable (mais moins développée dans l'offre) avait eu lieu lors de travaux entrepris dans cette même bibliothèque il y a quelques années.
     
    Ce nouvel espace prometteur sera entièrement dédié au numérique et aux nouvelles technologies, mais il se veut également un lieu de réflexion, de découverte et d'apprentissage autour des nouvelles pratiques numériques. Enfin, devrait-on dire...
     
    L'aspect bibliothèque et accès aux ressources n'est pas oublié avec l'offre de milliers de journaux et de magazines en ligne, de jeux vidéo (on pourra les emprunter), l'apprentissage de la vie numérique soit d'un point de vue technique (apprendre à utiliser sa liseuse), soit afin de mieux protéger sa vie privée sur les réseaux sociaux. On pourra aussi programmer un robot, trouver de l’information fiable sur internet, faire des démarches administratives en ligne, rédiger un article sur Wikipédia ou encore créer une BD numérique.
     
    Evidemment, on ne peut que se féliciter d'une telle réalisation en ville de Genève.  

    Journée portes ouvertes le samedi 10 mars 2018 de 10h00 à 18h00
     
    Jean-Philippe Accart

  • Trouver ce que l'on ne cherche pas... sur le Net

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    trefle_size2.jpgCe concept a pour nom sérendipité. La sérendipité n'est pas un concept nouveau, et il a fait (il fait encore) le bonheur de ceux qui fréquentent les bibliothèques ou les librairies : n'est-ce pas un grand bonheur que de trouver ce que l'on ne cherche pas ?... mais qui correspond forcément à une envie, un souhait plus ou moins ancien ou quelque chose d'enfoui. Le principe est un peu le même sur le Net : une recherche d'information amène à des résultats inattendus qui sont - parfois, mais de plus en plus souvent - guidés par les algorithmes qui analysent nos traces, et nous proposent ce que à priori, nous attendons. Mais cela reste assez incertain.

    Afin de mieux travailler cette question de "sérendipité virtuelle", Eric Briys, co-fondateur de la société Cyberlibris, pour la vente de bouquets d'ebooks en streaming, et par ailleurs auteur d'un excellent ouvrage aux Editions des Belles Lettres "D'or et d'airain. Penser, cliquer, agir" présente régulièrement sa bibliothèque numérique de la manière la plus originale possible et "réinvente" la sérendipidté, ceci afin de contrecarrer l'hégémonie des moteurs de recherche jugés souvent peu pertinents : il a ainsi travaillé à l'élaboration d'un algorithme qui analyse en temps réel la consultation de tel ou tel ouvrage dans sa bibliothèque numérique Bibliovox, quel que soit le site, et un autre algorithme qui classe les milliers d'ouvrages à disposition en un clic.  Le Learning Center de l'Université de Lille, Lilliad, propose ces découvertes à ses étudiants sur écran tactile, montrant ainsi en temps réel les livres électroniques consultés dans la collection proposée.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site Science pour tous

  • La lecture, l'intelligence émotionnelle et les fonctions cognitives

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    lecture.jpgOh surprise ! (mais en est-ce vraiment une ?): de récentes études scientifiques montrent que la lecture est un facteur facilitateur pour mieux comprendre son environnement, être plus apte à réfléchir et à développer son intelligence émotionnelle (c'est-à-dire mieux maitriser ses propres émotions et comprendre celles des autres). Lire, c'est expérimenter d'autres mondes que le nôtre, entrer dans la vie d'autrui, organiser les connaissances selon des schémas et des catégories utiles... Ainsi le cerveau, lors de l'activité de lecture, active certaines zones qui améliorent l'intelligence émotionnelle et cognitive.
     
    Les neurologues estiment que la lecture "relie" les zones du cerveau responsable de la vision et de la langue parlée. Cela aurait d'autres effets bénéfiques même sur les personnes qui apprennent à lire sur le tard. Ils y voient également une manière pour le cerveau de filtrer et d'affiner le flot d'information visuelle que nous devons affronter au quotidien. 
     
    Jean-Philippe Accart
     
    Pour aller plus loin, cet article
    Illustration: PETER MORRISON/AP/SIPA

  • La presse meurt ? Vive la presse ! : le phénomène "Monocle"

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    monocle2.jpgEn ces temps incertains où nombre de journalistes cherchent une voie de reconversion et où la presse traditionnelle se pose de sérieuses questions sur son avenir, il est une aventure insolente dans le paysage des médias : celle du magazine édité en langue anglaise, "Monocle", lancé en 2007. Très bien placé dans les kiosques, dans les aéroports et dans les meilleures bibliothèques, ce magazine est rédigé à Londres, et a son siège... à Zürich. Toutes les tendances, les modes, là où il faut être, ce qu'il faut lire, porter comme vêtements et bientôt où faut-il vivre, c'est cela "Monocle". L'édition quasi mensuelle (10 n° par an) se complète d'un supplément hebdo en hiver sous format tabloïd classique. Il existe aussi des cafés, des boutiques, une radio et bientôt des appartements (à Bangkok) estampillés "Monocle" !

    A l'origine et à la tête de cette revue hors-normes, Tyler Brûlé, qui est un journaliste-entrepreneur canadien : tout ce qu'il touche se transforme en or semble-t-il. Il a dessiné l'identité visuelle de Swiss, créé le magazine Wall Paper vendu 1 million de dollars après seulement 4 numéros. Il tient aussi une chronique hebdomadaire de ses voyages dans le Financial Times....

    Dans sa forme, cette revue est très traditionnelle, proche du traditionnel almanach dans sa présentation tel qu'on le concevait au XIXème siècle. Beaucoup d'illustrations, de photos, des articles longs forment un produit avec du contenu et du sens. Nul doute que ce concept qui se déploie sous plusieurs formes, va encore se développer.

    Jean-Philippe Accart

    Précision : l'auteur ne détient pas d'actions dans "Monocle", il partage simplement son engouement.

    Sur Tyler Brûlé, lire son interview dans Le Temps du 13 novembre 2017

  • La biodiversité en héritage : 2 millions d'illustrations en ligne

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    Biodiversity-1.jpgLe site Open Culture a annoncé le 15 novembre dernier la mise en ligne d'un total de 2 millions d'illustrations en botanique et histoire naturelle en open access. Ce projet, intitulé "The Biodiversity Heritage Library", est né en 2005. Il consiste dans la numérisation des riches collections spécialisées de bibliothèques américaines et européennes dont la liste ne fait que s'accroître. Au niveau suisse, on retrouve des ouvrages célèbres tels la "Faune des vertébrés de la Suisse" (1899) de Victor Fatio ou "Flora der Schweiz" (1840) de Johannes Hegetschweiler. 

    A l'heure où l'on alerte sur la disparition des espèces animales et des dangers que court la nature dans son ensemble, cette initiative nous rappelle l'incroyable diversité de la flore et de la faune sur la planète. The Biodiversity Heritage Library est de loin le projet mondial de numérisation le plus important pour la littérature de la biodiversité.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site The Biodiversity Heritage Library

  • Le médiateur numérique, nouveau passeur d'information

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    bookalibrarian.jpgDans ce blog, il est souvent question des différents dispositifs mis en place pour assurer la transition numérique : des outils, des techniques, des découvertes. Portails d'information, sites web, bibliothèques numériques, intelligence artificielle, moteurs de recherche sont autant de moyens pour s'approprier le monde numérique. Une des conséquences de cette transition est la remise en question de certains métiers, passeurs traditionnels d'information, notamment les journalistes, les éditeurs, les imprimeurs, les bibliothécaires, tous ces métiers qui gravitent autour du livre et de l'imprimé.

    Ce qui est flagrant, c'est la transformation en cours de ces métiers qui deviennent tous, peu ou prou, des "médiateurs numériques" dans le sens où ils assurent un passage entre deux mondes qui cohabitent et se rejoignent parfois.

    Une conférence sur ce thème est organisée le 15 novembre prochain à l'Université de Genève (Unimail, salle 2220 - 12h15) par l'Association genevoise des bibliothécaires diplômés en information documentaire (AGBD), et j'aurai le plaisir de présenter mon dernier livre "La médiation à l'heure du numérique" (Editions du Cercle de la Librairie). L'entrée est libre.

    Jean-Philippe Accart

    Ill. extraite de ce site

  • Etes-vous un "slasher" ? Les nouvelles formes de travail

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    mutli-activite.jpgUn "slasher" désigne un individu qui a plusieurs activités salariées de manière simultanée : un travailleur qui cumule deux activités à temps partiel, ou qui a une activité salariée et une activité indépendante est un slasher. En France, ils sont, selon diverses sources, entre 2 et 4 millions d'individus, l'INSEE (l'Institut national de la statistique) tablant sur le premier chiffre et mentionnant que 70% sont volontaires pour exercer cette forme de vie professionnelle.

    Car il s'agit bien d'une tendance forte du marché du travail en Europe (et en Suisse aussi mais pour des motifs différents sur lesquels nous reviendrons) et qui est le plus souvent choisie et non subie. Comment expliquer ce phénomène: la difficulté de trouver un emploi à plein temps , ou le désir d'exercer ses compétences dans des secteurs différents ? Un marché du travail trop contraignant ? Des salaires trop bas dans certains secteurs ? Certainement un peu tout cela à la fois. En Suisse, les travailleurs sont habitués depuis plusieurs dizaines d'années à occuper des postes avec des pourcentages divers, ce qui permet une certaine souplesse dans la vie privée et un marché du travail ouvert.

    La technologie actuelle autorise la pluri-activité (un slasher est aussi défini comme un pluriactif): le télétravail, l'usage des espaces de co-working, les plateformes en ligne... Les lieux de savoir telles que les bibliothèques s'orientent vers des "espaces 3ème lieu" pour faciliter le lien social, et ouvrir à d'autres activités que celle autour du livre ou de l'information : des espaces multifonctionnels. A l'université, ce sont les learning centers qui suivent cette tendance, à l'instar du Rolex Learning Center à Lausanne.

    Jean-Philippe Accart

    Sur ce thème, lire cet article paru le 4 octobre dans "The Conversation"