29/05/2018

Le livre à tous les coins de rue

Berlin.jpgLe livre papier résiste plutôt bien à la déferlante numérique, les dernières enquêtes en Europe et aux Etats-Unis montrent qu'il y a encore une place pour la lecture-loisirs, ou la lecture pendant les vacances et les voyages... 80 % des Français vont emporter un livre en vacances. De même dans les universités, les étudiants préfèrent encore étudier leurs livres de cours sur support imprimé. Le livre électronique (ou e-book) trouve une place pour la consultation rapide d'information, une vérification, un contrôle. Il s'agit plus là de "feuilletage".

Si jusqu'à présent, la vue de livres exposés chez les bouquinistes et leurs étals sur les trottoirs n'avait rien d'étonnant (cependant, il y a de moins en moins de bouquinistes sur les quais de la Seine à Paris), ce qui l'est plus est la place prise par le livre dans l'espace public : de nombreuses initiatives dans les villes font qu'il investit qui un ancien abri de bus, qui une cabine téléphonique désaffectée, qui une piscine en été ou même à la plage ou au parc public. Le livre est ainsi mis à la disposition de tout un chacun, il circule, s'échange. Il devient un bien commun.

Le phénomène s'amplifie car il existe des secteurs livres (ou parfois des bibliothèques) sur les lieux même où se trouvent des voyageurs : dans les aéroports (celui de Schilphol d'Amsterdam), les gares ou les métros des grandes villes : c'est le cas à Montréal où la station Berri-Uquam est directement relié à la Grande Bibliothèque. Ou à Berlin, qui met en place des distributeurs de livres et de friandises...

Le livre s'expose aussi dans d'autres lieux publics : la boutique Sonia Rykiel à Paris sur le boulevard Saint-Germain est conçue avec des parois surchargés de livres ; des restaurants utilisent ce même type de décor. Certains hôtels ne sont pas en reste où les chambres sont de vraies bibliothèques (à Tokyo notamment). 

Ainsi le livre est devenu un objet d'exposition, disponible et élément du décor urbain. Il est présent à tous les coins de rue.

Jean-Philippe Accart

Illustration : distributeur de livres à la station Alexanderplatz dans le métro de Berlin

06/05/2018

Louer une oeuvre d'art : l'art à la maison

frap2.jpgSi les initiatives proposées par les musées sont nombreuses pour faciliter l'accès aux oeuvres artistiques à tout public - et pour cela le numérique présente beaucoup d'avantages : expositions virtuelles ; animations virtuelles à partir d'un tableau... dont il est fait mention régulièrement dans ce blog - une nouvelle possibilité offerte maintenant est d'inviter l'art à domicile, dans son salon, sa salle à manger, son salon. 

La Médiathèque Valais a ainsi ouvert en janvier dernier une artothèque aux Arsenaux à Sion. Le principe est que tout un chacun peut choisir l'oeuvre d'un artiste, sur place ou sur internet, et l'exposer à son domicile pour une durée - prolongeable - de trois mois. C'est la première fois que ce concept apparaît dans une bibliothèque de Suisse romande. On y trouve des gravures, lithographies, sérigraphies, photographies, dessins, aquarelles et des collages, tous réalisés par des artistes professionnels. 

A l'Ecole des Beaux-Arts de Nantes, en France, ce sont 400 oeuvres contemporaines qui sont mises à disposition et sont empruntables pour la somme de 6o euros en moyenne. Ce service est ouvert à tous les habitants, mais également aux entreprises. 

Jean-Philippe Accart

Illustration extraite du site www.artdelivery.fr 

 

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20/04/2018

Le Musée du Prado à Madrid explose sur Instagram. Voici pourquoi

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« Les explications en direct sur Instagram du Musée du Prado me rendent vivant». «Je suis étonné que le Prado soit en direct dans Instagram et explique des tableaux". Ce qui précède sont de véritables commentaires d'utilisateurs d'Instagram, surpris qu'une institution artistique comme le Musée du Prado ait décidé de faire chaque jour des vidéos en direct (les fameuses "stories") à propos d'un des tableaux de sa collection.

C'est en fait le cas depuis août 2017. Les premières vidéos ont montré une promenade à travers les salles vides, offrant aux utilisateurs « la possibilité de voir les salles d'une manière détendue et intime» selon les mots de Javier Sainz de Los Terreos, directeur de la communication numérique du Musée. " Les retransmissions ont été effectuées en silence." précise-t-il.

Les spectateurs ont demandé ensuite plus d'interactivité et qu' "il était nécessaire de raconter une histoire". Alors, le Musée a décidé de «commenter certains détails des œuvres ou des aspects qui passent habituellement inaperçus dans les visites, tous d'un point de vue informel, et de plus tous les jours». C'est ainsi que le format actuel est né. Le choix d'Instagram a été fait pour toucher une audience plus jeune et d'en faire un moment spécial car la vidéo n'est disponible que pour vingt-quatre heures. "C'est devenu un moment spécial ".

Jean-Philippe Accart

Voir : https://www.instagram.com/museoprado/

02/09/2017

La réalité virtuelle : une nouvelle dimension

definition-realite-virtuelle-630x330.jpgLa réalité virtuelle - cette technologie qui permet à l'homme de se dépasser ou tout du moins de découvrir des réalités qui ne sont pas la sienne au quotidien - est utilisée dans un certain nombre de domaines. L'aviation pour simuler des vols est un exemple connu et déjà ancien. D'autres applications voient le jour, notamment dans le domaine du jeu vidéo, mais également du jeu dit "Escape Game" : pour les néophytes, les Escape Games (phénomène qui connait un incroyable développement) est une manière de jouer en groupe et de trouver la solution pour sortir d'une pièce fermée. Des indices sont à découvrir et cela demande une certaine ingéniosité digne des énigmes policières. Un des rares Escape Game en Suisse utilisant la réalité virtuelle vient d'ouvrir à Etoy, un futur centre de loisirs. Mais pour les intéressés, je leur laisse découvrir le site par eux-mêmes.

Une autre application digne d'intérêt de la réalité virtuelle est celle des expositions virtuelles. La presse francophone s'est fait l'écho durant l'été d'une initiative originale fruit de la collaboration de l'écrivain argentin, Alberto Manguel, et du metteur québecois Robert Lepage, et intitulée "La bibliothèque, la nuit". A partir du livre portant le même titre de l'argentin, R. Lepage parvient à faire visiter une dizaine de bibliothèques consécutives, et de pouvoir ainsi voir, feuilleter et lire des ouvrages inaccessibles. 

Jean-Philippe Accart

Illustration : http://www.realitevirtuelle.com 

30/06/2017

"Les lectures de Lénine": une exposition à la Bibliothèque nationale suisse

lenine.jpgPeu de personnes le savent (à part quelques initiés) ou s'en souviennent, mais  Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, fréquenta la Bibliothèque nationale suisse en 1915 (à l'époque die Landesbibliothek), soit deux ans avant la Révolution bolchevique qui bouleversa et bouleverse encore la carte du monde. Il est, avec son épouse Nadejda Krupskaïa, vraisemblablement habitué de la Suisse, puisqu'ils vécurent plusieurs années à Genève au début du XXè siècle. Un article fort intéressant de la Tribune de Genève relate ce passage de Lénine à Genève.

Mais que lisait donc le célèbre révolutionnaire dont la dépouille est toujours conservée dans son mausolée du Kremlin ? La Bibliothèque nationale a bien sûr conservé des traces du passage de ce visiteur si célèbre - mais inconnu à l'époque - et notamment les fiches de prêt des livres, soit une soixantaine. Ce sont des livres d'histoire, mais aussi des livres sur l'organisation, la technique ou encore la politique - en allemand, français et italien.

L'exposition qui se tient en ce moment à Berne jusqu'au 26 août (en prémice des célébrations de la révolution d'octobre 1917), raconte ce parcours livresque en présentant des documents qui n'ont encore jamais été montrés, en provenance des Archives fédérales et des Archives de l'Etat de Berne. A l'époque, Lénine se montra impressionné par le système des bibliothèques en Suisse. Il partit ensuite pour Zürich, puis retourna en Russie et nous connaissons la suite de l'histoire...

Jean-Philippe Accart

14:13 Publié dans Accès à l'information, Archives, Bibliothèque, Exposition, Genève, Suisse, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | |  Facebook

05/12/2016

Google, les musées et la réalité augmentée

gac.jpgAprès avoir investi le champ des bibliothèques avec la numérisation de millions d'ouvrages imprimés, Google a entrepris un nouveau chantier, celui des musées et de leurs collections, avec Google Arts & Culture. Plus de 1200 musées et centres d'archives dans le monde collaborent maintenant avec l'Institut culturel de Google (dont nous avons déjà parlé lors de son lancement dans ce post) afin de mettre les trésors du monde en ligne. Une année après son lancement, l'Institut propose maintenant plus de 200 expositions en ligne, allant des "Châteaux de la Loire" aux "Merveilles du Pakistan" en passant par "Shakespeare" ou "La Démocratie américaine".

Pour les musées et leur public, l'avantage est immense : pouvoir proposer au plus grand nombre possible des expositions ou des collections parfois difficilement visibles, celles-ci voyant leurs effets décuplées avec la technique de la réalité augmentée en 3 dimensions. Un dinosaure se métamorphose en animal qui peut se déplacer grâce à cette technique.

D'aucuns voient cependant cette emprise de Google sur la culture comme "une volonté totalisante": c'est le cas du philosophe Eric Sadin. Celui-ci rappelle, à juste titre, qu'une exposition ne peut être mieux vue que dans le cadre où elle est réalisée.

Jean-Philippe Accart

Lire l'article paru dans Le Monde du 14 novembre 2016 "Google étend son emprise à la culture"

 

05/07/2016

Frankenstein à Genève

shelley.jpgLa Fondation Martin Bodmer offre à voir une passionnante exposition sur Mary Shelley et son célèbre héros Frankenstein*, roman qu'elle rédigea en partie à Genève en 1816, soit il y a exactement 200 ans. Elle a 19 ans à cette époque, elle est encore la jeune Mary Godwin et la première question qui vient à l'esprit est : "Comment une jeune fille vivant dans un endroit aussi charmant qu'une belle villa patricienne - la villa Diodati ** - sur les bords du lac Léman a-t-elle pu inventer un tel personnage ?". La réponse se trouve certainement dans l'exposition elle-même, ainsi que dans une série de manifestations qui ont lieu de façon concomitante à la Fondation Brocher, au Château de Chillon (qui présente une autre exposition "Byron is back !), à l'Université de Genève et aux Cinémas du Grütli.

Le choix d'une telle exposition à Genève apparaît bien sûr comme une évidence. Un autre élément est le fait que ce roman, Frankenstein, est maintenant intégré dans la littérature mondiale que la Fondation Bodmer a pour objectif de répertorier dans sa collection "Weltliteratur". Intemporel de par ses accents humanistes - plus importants en réalité que sa partie "horrifique" - ce roman est certainement à relire et méritait bien une telle exposition pour en comprendre la genèse.

Jean-Philippe Accart

* Exposition jusqu'au 9 octobre 2016

** La villa Diodati est célèbre pour avoir eu comme hôtes Lord Byron, Percy Shelley et Mary Shelley. Elle est bien culturel suisse d'importance nationale

14:59 Publié dans Exposition, Genève, Histoire, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | |  Facebook

08/06/2015

Le "Tombouctou Manuscripts Project" ou le sauvetage d'un patrimoine fascinant

tombouctou.jpgTombouctou a fasciné et fascine des générations entières de curieux, de lecteurs ou de passionnés d'Afrique. L'histoire des manuscrits de Tombouctou, sauvés du pillage et de la destruction par la population malienne, est exemplaire. La technologie numérique et des projets d'envergure envers cet héritage culturel inappréciable viennent à son secours depuis déjà une dizaine d'année, dont notamment le "Tombouctou Manuscripts Project" bénéficiant du support de Gerda Henkel Stiftung et de l'Université de Cape Town: traduction et numérisation de textes juridiques anciens ont été ou sont en cours de réalisation ; équipes de recherche constituées ; publications et conférences. Ce projet a révélé l'existence d'autres manuscrits dans des parties de l'Afrique telles que la Somalie ou Madagascar ou encore le Mozambique.

La bibliothèque de l'Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement (IHEID) à Genève accueille en ce moment une exposition photographique, organisée par l’Organisation internationale de la Francophonie, et qui présente des manuscrits issus de l’exceptionnel patrimoine culturel présent au Mali, notamment à Tombouctou. Des panneaux explicatifs et un film accompagnent les photographies de ces manuscrits, patrimoine de l'humanité.

 

29/05/2015

L'atelier de Gustave Courbet comme si vous y étiez ou une visite en mode numérique

courbet.pngLes musées sont de plus en plus inventifs et créatifs pour présenter leurs collections et attirer toutes sortes de publics. Jusqu'au 28 juin, le musée du Prado à Madrid propose l'exposition "Toucher le Prado", qui permet aux aveugles et aux malvoyants de découvrir six toiles de maîtres dans des conditions inédites. En février dernier, nous évoquions ici l'impact des réseaux sociaux sur les musées.

Une toute nouvelle expérience est tentée en ce moment au Musée d'Orsay qui, associé à l'opérateur Orange, propose une découverte visuelle, sonore et numérique de l'oeuvre monumentale de Gustave Courbet "L'Atelier du peintre" (qui par ailleurs vient d'être restaurée).

Durant 30 minutes, le visiteur muni d'une tablette explore l'oeuvre et les différents personnages qui délivrent leurs secrets: en orientant la tablette sur les personnages exposés on peut ainsi aller à la rencontre de Proudhon, Baudelaire, Napoléon III ou Garibaldi. Cette expérience est proposée maintenant en ligne et en 3 langues (français, anglais et italien). Partez à la découverte de cette expérience inédite !

14:30 Publié dans Exposition, Histoire, Projet collaboratif, Technologie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | | |  Facebook

20/02/2015

Comment les médias sociaux changent notre approche des musées

Untitled-design-34.pngLe numérique envahit la vie quotidienne et change les habitudes. En matière culturelle, il en va de même. Ainsi, les musées déploient de nombreuses stratégies pour attirer le public, et si possible un autre public qui ne vient généralement pas au musée. Les réseaux sociaux font parties intégrantes de la politique de communication des musées avec une page Facebook, un compte Twitter ou Instagramm (même si certains musées suisses doivent encore faire quelques efforts). La communication est ainsi différente, plus proche des usagers. Ceux-ci peuvent mieux préparer leur visite au musée, en accédant rapidement à des informations pratiques, mais également consulter l'avis d'autres usagers qui "recommandent" ou pas telle ou telle exposition. De plus en plus de musées autorisent les photos, qui se retrouvent ensuite sur les réseaux sociaux et circulent. Un "Selfie Museum Day" est même parfois organisé. Certains musées (et des bibliothèques) proposent des photographies de leurs collections graphiques sur des sites comme Flikr... D'autres des expositions virtuelles, d'autres enfin utilisent intensivement la technologie mobile. Il semble y avoir de multiples utilisations et usages des réseaux sociaux.

En bref, un musée peut ne plus se visiter comme auparavant...

Illustrations #museumselfie day – collage by socialwebart.it 

Plus d'informations sur ce thème : http://www.svegliamuseo.com/en/social-media-al-museo-customer-care/

06/01/2015

"Tü, ta too: L'Oreille en voyage" s'arrête à Genève

05-phonotheque-dsc4286-gr-jpg.jpgLa Phonothèque nationale suisse  installée à Lugano collecte tout ce qui concerne le patrimoine sonore suisse: à quels sons reconnait-on la Suisse ? Quelques exemples : le son du cor des Alpes ou le grincement du tram à Berne ; ou la voix du clown Dimitri . La Phonothèque répond aussi à des questions du type:  dans quelle tradition musicale s’inscrivait, en 1903, le plus ancien quatuor à cordes de Suisse ? Que serait le jazz sans le Festival de Willisa? etc...

Une exposition itinérante qui porte un beau nom "Tü, ta too: L'Oreille en voyage" - permet de découvrir ces spécificités et elle s'est arrêtée à la Maison Tavel jusqu'au 15 mars 2015. Toutes sortes d'activités, pour les grands et les petits, sont proposées autour du son: composer son propre concert, reconnaître des voix célèbres, associer une musique à une année particulière... 

A découvrir donc, mais surtout à entendre et écouter...!

Copyright Phonothèque nationale suisse et Musée national suisse

17:20 Publié dans Air du temps, Exposition, Genève, Son, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | |  Facebook