Humeur

  • Mobilité chérie

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    mobilite.jpgLa société actuelle nous pousse à toujours plus de mobilité : dans le travail et la vie professionnelle en général, il faut changer de travail tous les 5 ans en moyenne et le fait d'habiter loin de son lieu de travail oblige à utiliser les transports en commun ou sa voiture (d'où l'obligation de posséder une voiture); en terme de loisirs et de vacances, les voyages lointains ont la cote au vu des développements du transport aérien (4,3 milliards de personnes en 2018 dans les airs, rapporte le bilan annuel de l'Organisation de l'aviation civile internationale)... en bref, être mobile ou ne pas être, telle est la question.

    Etre mobile, oui, mais dans quel but ? Le plupart des travailleurs résidant loin de leur lieu de travail ne font pas ce choix par plaisir, c'est souvent le coût de la vie qui les y oblige (cherté des loyers ; centre-ville peu pratique pour les familles), ils n'ont donc pas de choix. Le choix est là purement économique. 

    Les désagréments de la mobilité sont nombreux : les coûts engendrés sont élevés, le temps perdu en trajet est conséquent (embouteillages, intempéries), la pollution augmente... Cela a une influence non négligeable sur la santé et au final sur le travail lui-même. Peut-on toujours parler de "mobilité chérie" ?

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site www.genie.ch

    Plus d'informations dans le dossier de Télérama du 6 mars 2019 "La mobilité, de la liberté à l'aliénation"

  • Mode de vie : êtes-vous adepte du frugalisme ?

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    frugalisme.jpgSi la société actuelle peut entraîner une consommation à tout va, parfois même excessive, elle engendre également des mouvements contraires, prônant moins de consommation, un plus grande attention à soi et aux autres, le souhait d'un meilleur équilibre vie privée, travail et vie sociale... Le frugalisme, venu des Etats-Unis, est l'un de ces mouvements : ses adeptes veulent profiter de la vie et du temps à disposition en travaillant moins, voire en arrêtant de travailler à 35-40 ans, en ayant fait suffisamment d'économies pour assurer un niveau de vie minimum ensuite. On va alors parler de déconsommation. 

    Comment est-ce possible ? En réduisant son budget mensuel, en épargnant davantage, en investissant ses économies dans des placements financiers, boursiers ou immobiliers, tout en se projetant dans l'organisation d'un nouveau quotidien (vivre en autogestion ou s'installer sur un autre continent par exemple où le niveau de vie est moins coûteux qu'en Europe). L'argent économisé, et/ou placé, doit ainsi assurer de pouvoir vivre une vie de frugaliste.

    On peut bien sûr qualifier ce mouvement d'individualiste, d'hédoniste ou d'égoïste, ce qui n'est pas complètement faux. Mais il fait tout de même réfléchir sur les contraintes liées à la société actuelle et au monde du travail. Alors, prêt pour adhérer ?

    Jean-Philippe Accart

    Plus d'information dans cet article du journal La Tribune par Fanny Parise (08.10.2018)

    Illustration parue dans le journal La Montagne du 07.08.2018

     

  • La vie sur abonnement ou comment nous rendre captifs

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    prime.jpgPetit à petit, la vie quotidienne s'organise en fonction de personnes ou de machines qui pensent pour nous : même sans le savoir, nous sommes abonnés au travers de nos emails à un grand nombre de sites qui proposent des marchandises, des mises à jour logicielles obligatoires, des produits et auxquels il est parfois difficile de nous... désabonner. C'était le thème de l'émission Medialog de la RTS du samedi 7 avril : les exemples donnés sont édifiants et nous font mieux comprendre notre dépendance de plus en plus grande à des sociétés telles que Microsoft, Spotify ou Amazon (qui arrive bientôt en Suisse avec son abonnement Prime). L'exemple du streaming (en s'abonnant pour quelques euros par mois à un site fournisseur de musique) est particulièrement révélateur et fait que nous ne possédons pas ce que nous écoutons sur abonnement. La bonne vieille collection de disques ou de CDs n'est-elle qu'un souvenir, même si les disques vinyl reprennent du poil de la bête ?

    Tout se loue actuellement, du bien matériel à la culture (de plus en plus de livres sont accessibles en streaming également). Les abonnements à des sites nous sollicitent constamment et conditionnent une manière de vivre de plus en plus orientée par un nouveau modèle économique qui vise à nous rendre captifs.

    Jean-Philippe Accart

     

  • Le fil perdu ou comment nous perdons notre faculté d'attention

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    images.jpgUn petit test en ce début d'année : combien de fois par jour regardez-vous votre smartphone ? votre compte Facebook ou vos notifications sur les réseaux sociaux ? Plusieurs dizaines de fois semblent-ils... ce qui est pire chez les adolescents, les yeux rivés sur leur téléphone des heures durant. Travaillant dans une école où les étudiant-e-s ont une moyenne d'âge de 20-22 ans, le phénomène est flagrant : la concentration de la plupart d'entre eux-elles n'excède pas cinq minutes pour la lecture d'un texte, elle est par contre un peu plus longue quand il s'agit d'une vidéo à visionner sur YouTube ou d'un chanson à écouter en streaming... Quant à écouter le cours d'un enseignant d'une heure, cela relève de la prouesse intellectuelle.

    De plus en plus d'études scientifiques montrent ce trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) qui en général apparaît souvent à l'enfance et peut se poursuivre à l'âge adulte. Les symptômes sont une attention limitée et de l'hyperactivité. Seule la psychothérapie semble pouvoir modifier ce comportement.

    Sans vouloir être alarmiste, voici donc une des conséquences directes des technologies de la communication et des réseaux sociaux sur nos comportements. Ce que l'on désigne comme étant une "économie de l'attention" - dans la mesure où ces instruments nous amènent à utiliser certains produits - nous conduit à perdre le fil...

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site AllPsych

     

     
  • L'émotion, nouvelle donne du management

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    greuze.jpgLes entreprises et le monde du management en général intègrent dorénavant une nouvelle donne dans leur stratégie : l'émotion. Cette stratégie découle - en partie - du succès des réseaux sociaux qui jouent essentiellement sur l'émotion des internautes qui vont émettre des avis sous forme de "like" en visionnant une vidéo, une image ou en lisant une information. Les fameuses émoticones ou emoji (sujet d'un précédent billet) se développent et sont de plus en plus populaires, jusqu'à ne faire part de ses émotions qu'avec ce type de langage.

    Cette stratégie de l'émotion s'applique à plusieurs niveaux dans les entreprises et les organisations en général: les clients bien sûr sont les premiers visés (un produit doit donner une émotion au potentiel acheteur), mais aussi aux employés eux-mêmes. Elle s'applique aussi en politique suite à des événements tragiques dont les hommes politiques tirent profit en s'appuyant sur l'aspect émotionnel.

    Le management par l'émotion est maintenant étudié à l'université et de nombreux écrits sont produits sur ce sujet.

    Jean-Philippe Accart

    Note : sur l'aspect politique, voir cet excellent article du Monde diplomatique par Anne-Cécile Robert dont l'illustration de ce billet est tirée

    Ill. : Jean-Baptiste Greuze. – « Une jeune fille, qui pleure son oiseau mort », 1765 - Bridgeman Images - Scottish National Gallery, Edinburgh

  • Les "perles du Bac" 2016

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    perles.jpgEvidemment nous sommes en Suisse, et a priori ce que répondent les lycéens (gymnasiens ici) au BAC français ne concernent que très peu de monde de ce côté de la frontière. Cependant, nous avons la langue française en commun, et son usage, la manière dont elle est comprise par la jeune génération est toujours délectable... C'est ainsi que depuis plusieurs années, récolte-t-on ce qui est devenu une sorte d'habitude bien française, les fameuses"perles du bac".  La livraison 2016 ne dérogent pas à la règle, et elles sont pour certaines savoureuses. En voici quelques-unes, choisies parmi quelques dizaines: 

    – J’admire l’œuvre des studios Disney, et particulièrement Picsou, qui, je pense, est une représentation métaphorique de l’âme des hommes.

    – Si les gens n’obéissent pas aux lois, cela deviendra l’anarchie et les hommes se mangeront entre eux.

     

    – Il serait facile d’admettre que le désir est illimité lorsqu’une fille regarde un film avec l’acteur Ryan Gosling. Je vais expliquer ce phénomène dans le prochain paragraphe.

    – Le mouvement “nuit debout” est incompréhensible. Ces gens désirent quoi exactement ? Personne ne sait et cela n’est qu’un exemple parmi tant d’autres que nos désirs sont flous.

    – Le Général de Gaulle avait des oreilles aiguisées, ce qui lui a permis de s’enfuir à Londres avant l’arrivée d’Hitler en France.

    – L’histoire est très importante pour les peuples. Cela permet de se connaitre soi-même ainsi que nos ancêtres. Et nos ancêtres, c’est comme nous mais avant. En plus vieux, mais en fait déjà morts et plein de sagesse.

    – Marquer l’histoire, c’est bien. Mais encore faut-il faire quelque chose de grandiose, comme Sarkozy en allant déjeuner au Fouquet’s.

    Pour d'autres perles, suivre ce lien 

    Ill. Journal du Buzz

    Jean-Philippe Accart

  • Il n'y a plus de vie privée

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    vie privéee.jpgCe n'est pas une phrase entendue au Café du Commerce, mais une étude universitaire qui le dit menée par deux chercheurs de l'Université de Stanford aux Etats-Unis. Leur projet porte essentiellement sur les smartphones et ce que nous laissons comme traces numériques (ou métadonnées) rien qu'en passant un coup de téléphone... Tout peut être analysé, en dehors de la conversation elle-même : durée d’un appel, le numéro appelé, l'heure de l’envoi d’un SMS... soit des données sur celui qui utilise le téléphone, sa localisation, ses habitudes.

    Cette étude de Stanford contredit totalement les affirmations de la NASA sur le fait que ces données sont inutiles (mais récoltées quand même). Les chercheurs ont enregistré, avec l’accord des 823 participants à l’étude, les métadonnées de 251 788 appels et de 1 234 231 SMS. Des tendances émergent comme les habitudes, le quartier habité, les préférences alimentaires ou culturelles, en bref des données très intéressantes à posséder sur la vie privée de tout un chacun... Ah, je dois vous laisser, je reçois un appel sur mon smartphone !

    Jean-Philippe Accart

    Pour en savoir +: site de Not Like The Others

    Crédit Illustration : Sergey Nivens / Shutterstock

     

  • Le savoir se trouve-t-il sur Internet ?

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    internet.pngCette question - qui amène un certain nombre de réponses - est posée dans le blog de Yann Houry le 14 février dernier. La discussion et les points évoqués sont quelque peu différents de ceux que je souhaite aborder ici. 

    Il semble qu'il y ait une certaine confusion dans le public et le monde du travail autour de cette question. La 1ère confusion à mon sens est celle sur le terme savoir: si l'on trouve en effet beaucoup d'informations sur Internet, voire des ouvrages et des articles numérisés en texte intégral, cela ne dit rien sur leur provenance, ni sur la véracité ou la fiabilité de ce qui est exposé. Qu'est-ce qui va déterminer le choix de telle ou telle information pour un adolescent ou un étudiant qui doit rédiger une étude ou un mémoire ? De même un cadre ou un dirigeant d'entreprise ou politique sont-ils sûrs des données et des résultats fournis suite à une recherche sur Internet ? Rumeurs, fausses informations, désinformation sont le lot quotidien des réseaux.

    La 2ème confusion ou illusion est justement qu'Internet nous fait croire que nous sommes au fait des informations, que nous n'avons pas besoin d'intermédiaires pour y accéder et comprendre ce qui est fourni. Or, nous n'avons jamais eu plus besoin d'être accompagné, conseillé pour savoir comment se diriger dans cet océan d'informations qu'est Internet maintenant. Les professions d'enseignants, d'éditeurs, de bibliothécaires, de journalistes - tous passeurs d'informations - sont plus que jamais essentielles et utiles à la société, malgré leurs disparitions annoncées pour être remplacées par ... Internet.

    Jean-Philippe Accart

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    illustration extraite de bonjouridee.com 

     

     

  • Les Emoji, un nouveau langage ?

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    emoji_2946521b.jpg
    Petit à petit, sans vraiment nous en rendre compte, nous utilisons un nouveau langage pour communiquer nos émotions, les "émoticones" ou "emoji" ("moji" en japonais pour "photo"). Ils sont rentrés dans notre vie par la petite porte, en disent parfois plus long que des mots et synthétisent d'une jolie manière des émotions diverses, de la peur à l'éclat de rire, en passant par les larmes et la déception. Peut-être est-il plus facile de manifester son amour à son conjoint en envoyant un coeur rouge ou un coeur qui bat plutôt qu'une longue phrase ampoulée... L'emoji est la langue en plus forte croissance en Grande-Bretagne, ce qui laisse à réfléchir sur notre société dite de communication. Certaines personnes ne communiquent d'ailleurs que par une suite d'emojis dans leurs emails, sur Facebook et autres. A vous de déchiffrer après ce que cela veut dire.
     
    Des voix s'élèvent cependant pour dénoncer un appauvrissement de notre manière de communiquer ou d'écrire, tout simplement, ce qui n'est pas dénué de fondements. Le retour à ce qui précède l'écriture est noté, si l'on pense aux hiéroglyphes ou aux dessins des hommes pré-historiques, si cela est comparable.
     
    En bref, sommes-nous dans une période de régression ou un nouveau type de langage est-il en train de s'imposer ? 
     
     
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  • Comment j'ai quitté mon travail pour voyager

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    travel.jpgQui n'en rêve pas ? Certains font ce choix, et même parfois en famille : prendre une année sabbatique, louer un bateau et partir... C'est un rêve en effet, et tout le monde ne peut se le permettre. Mais Michael Hodson, un juriste américain de Lafayetteville en Arkansas, décida en 2008 de tenter l'expérience d'un tour du monde. Un blog fait part de toutes ses aventures  et sa lecture s'avère passionnnante. 

    Michael décide en effet de partir sans rien réserver à l'avance, ni transports, ni hôtels et de ne pas prendre l'avion... Restent cependant tous les autres moyens de voyager. Je vous laisse découvrir son périple, de l'Argentine à la Chine, de la Nouvelle-Zélande au Panama, ce qui lui prit 16 mois et non 12 comme prévu à l'origine. 

    Rentré au Etats-Unis, quelque mois après il repart et ne peut plus se passer maintenant de voyager en tenant son blog.

    Tenté par l'aventure ?

  • Etes-vous un voyageur... numérique ?

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    vogagenumérique.jpgC'est le thème d'un article original ("The Pros and the Cons of Being a Digital Nomad") et publié récemment sur le blog "Hunter Digital". Marie Hunter nous explique les avantages et les inconvénients d'être un voyageur à l'ère du numérique : la préparation d'un voyage se fait maintenant de plus en plus en ligne ne serait-ce que pour les réservations d'avions, de trains, d'hôtels, de restaurants ou même pour obtenir un guide...Les agences de voyage semblent appartenir au passé, même si l'on peut regretter la disparition d'une qualité de service, la proximité et le dialogue. Cependant, le fait de pouvoir obtenir des avis d'autres voyageurs grâce à des systèmes de recommandation permet de se faire une idée relativement précise des lieux où l'on souhaite se rendre. Les forums de voyageurs, les communautés en ligne sont pléthores et donnent des évaluations et conseils réguliers de ces lieux. Une fois sur place, il est également possible de contacter des communautés locales, ou même de loger gratuitement chez l'habitant (ce que l'on appelle "le couchsurfing" de plus en plus populaire). Bref, les possibilités semblent infinies et le blog de Marie Hunter n'est pas avare d'idées en la matière.

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    illustration Hunter Digital

  • Comment les médias sociaux changent notre approche des musées

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    Untitled-design-34.pngLe numérique envahit la vie quotidienne et change les habitudes. En matière culturelle, il en va de même. Ainsi, les musées déploient de nombreuses stratégies pour attirer le public, et si possible un autre public qui ne vient généralement pas au musée. Les réseaux sociaux font parties intégrantes de la politique de communication des musées avec une page Facebook, un compte Twitter ou Instagramm (même si certains musées suisses doivent encore faire quelques efforts). La communication est ainsi différente, plus proche des usagers. Ceux-ci peuvent mieux préparer leur visite au musée, en accédant rapidement à des informations pratiques, mais également consulter l'avis d'autres usagers qui "recommandent" ou pas telle ou telle exposition. De plus en plus de musées autorisent les photos, qui se retrouvent ensuite sur les réseaux sociaux et circulent. Un "Selfie Museum Day" est même parfois organisé. Certains musées (et des bibliothèques) proposent des photographies de leurs collections graphiques sur des sites comme Flikr... D'autres des expositions virtuelles, d'autres enfin utilisent intensivement la technologie mobile. Il semble y avoir de multiples utilisations et usages des réseaux sociaux.

    En bref, un musée peut ne plus se visiter comme auparavant...

    Illustrations #museumselfie day – collage by socialwebart.it 

    Plus d'informations sur ce thème : http://www.svegliamuseo.com/en/social-media-al-museo-customer-care/

  • Genève et les écrivains du Sud

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    202.jpgC'est à une magnifique promenade littéraire dans Genève que nous convie Bertrand Lévy avec "Genève. Voix du Sud. Ville et littérature" ouvrage paru récemment aux éditions Metropolis. Il rassemble pour cela des textes d'auteurs du Sud à la fois contemporains ou plus anciens, romands et sud-américains. Citons parmi ceux-ci : Borges, Marquez, Fuentes, Haldas, Singria ou Casanova.

    Bertrand Lévy nous invite régulièrement à ce type de voyage, déjà en 1997 avec "Le Voyage à Genève". Aujourd'hui ce qui l'intéresse - et nous également - est de découvrir les "aspects méridionaux"de la ville du bout du lac au travers les yeux d'écrivains qui y ont vécu ou y ont séjourné. Il s'agit de textes issus de romans, essais, nouvelles, mémoires, poésies... Le pari de B. Lévy est réussi, découvrez grâce à lui Genève avec d'autres yeux.

    Découvrez la Postface

    Bertrand Lévy est maître d'enseignement et de recherche au Département Géographie et Environnement de l'Université de Genève

     

     

     

     

    Gabriel García MárquezCarlos FuentesRosa RegàsGeorges Haldas Vahé GodelCharles-Albert CingriaGonzague de ReynoldCharles Ferdinand RamuzPierre GascarFama Diagne SèneBeppe Sebaste Jacques Casanova de Seingalt 

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  • Paradoxes de la solitude dans un monde hyperconnecté

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    alone.pngDans un livre récent, "How to be alone", Sara Maitland analyse les paradoxes de la société actuelle. Selon elle, nous vivons dans un monde de paradoxes dans lequel la technologie nous relie aisément à la famille, aux amis, sans compter les nombreuses relations rendues possibles grâce aux réseaux sociaux type Facebook, LinkedIn et autres : bref, nous n'avons jamais été aussi "reliés" les uns aux autres. Mais jamais aussi seuls non plus à en croire les études sur les célibataires dont le nombre croit chaque année. 

    D'une part, nous défendons - dans les sociétés occidentales - des valeurs telles que l'autonomie, les libertés personnelles, l'individualisme et d'autre part, la solitude terrorise la plupart d'entre nous. Etre seul avec soi-même semble être devenu la grande aventure du 21ème siècle...

    Notre société développe en chacun de nous une estime de soi très élevée, c'est même une preuve de bien-être, mais nous ne voulons surtout pas d'intimité avec qui que ce soit. Les conventions morales et sociales sont vues comme des inhibitions à nos libertés individuelles et pourtant l'excentricité de certaines personnes ne plait guère. Nous pensons être unique, spécial, digne de bonheur (matériel, spirituel), mais nous sommes terrifiés d'être seul.

    C'est un des paradoxes, et non des moindres, de notre société que Sara Maitland relève avec un certain... bonheur malgré tout !

    Pour continuer la réflexion, lire

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  • L'art d'écrire une lettre : d'après un guide épistolaire datant de...1876

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    howtowriteletters.jpgParmi certaines habitudes qui résistent aux modes, celle d'écrire n'a pas dit son dernier mot. Bien sûr, il devient rare d'envoyer à ces amis ou ses parents de longues lettres ou des cartes postales (mais ceci est avantageusement remplacé par les blogs de voyage par exemple qui permettent de tenir tout un cercle social informé), les bons vieux télégrammes, missives de tous ordres, plis ou pneumatiques... sont envoyés aux oubliettes (là aussi, le SMS, le Texto ou le courriel ont pris leurs place). Les cartes de voeux, d'anniversaires sont maintenant numériques.

    Le guide épistolaire donné en référence nous plonge avec délices dans une époque révolue (il en existe bien sûr de plus récents, et même d'actuels car toujours très utiles et utilisés). L'auteur, Westlake, indique que l'école néglige complètement cet aspect essentiel des rapports humains et sociaux, et on peut dire que cela n'a guère changé. Il mentionne que de nombreuses biographies ne pourraient être écrites sans l'étude des lettres envoyées par une personne à ses amis, ses relations (qu'adviendra-t-il lorsqu'il s'agira d'écrire des bibliographies dans le futur ? Garde-t-on aussi précieusement ses e-mails ?). Certaines lettres d'écrivains, d'hommes politiques ou d'artistes atteignent une valeur marchande non négligeable.

    Il existe des manières diverses et variées de remercier, d'envoyer ses voeux, de dire quelque chose de manière déguisée... ce guide est inépuisable, et finalement, même si certaines formulations sont très datées ou délicieusement vieillies, il montre combien les relations épistolaires sont importantes et à ne pas négliger. 

    Sur ce thème, voir l'excellent blog new-yorkais Brain Pickings

  • Un peu de littérature dans un monde de... ou Anne-Lise Grobéty et les livres

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    alg1.jpg"A force de côtoyer les livres, j'ai fini par me persuader qu'ils sont comme des enfants ou des vieux, on contrôle strictement leurs allées et venues, s'ils ont bonne façon pour sortir, on les rappelle à l'ordre quand ils tardent à rentrer, on prend soin d'eux, on gomme les traces laissées par les rencontres peu souhaitables.

    Ils sont même à l'image de tous les êtres puisque, conçus, accouchés dans la douleur, ils naissent au grand jour sur les grands boulevards, ... sont critiqués, adorés, démolis, portent beau, meurent trop jeunes au pilon ou vieillissent plutôt bien, se chiffonnent, s'abîment physiquement".

    in : "L'abat-jour : récit, Delémont, Editions d'autre part, 2008, p. 11-12

    Cité dans Hors-Texte, nov. 2010, n° 93, le bulletin de l'Association genevoise des bibliothécaires et professionnels diplômés en information documentaire (AGBD - www.agbd.ch).