Technologie

  • Du voyage en ballon au drone : la Suisse vue du ciel

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    Lagginhorn_Eduard_Spelterini.jpgLa Bibliothèque nationale suisse (BN) à Berne possède des collections variées et sur tous types de supports concernant la Suisse (son mandat étant de collecter tout ce qui concerne la Suisse, même ce qui est publié sur la Suisse à l'étranger) : livres, journaux, revues, sites web, cartes et atlas, écrits académiques et de sociétés, publications officielles et documents musicaux.

    Ce qui nous occupe aujourd'hui sont ses collections photographiques que la BN met en valeur au travers d'expositions. "Vu du ciel" ("Von Oben"), la dernière en date visible jusqu'au 28 juin prochain, permet de mettre en valeur les travaux d'Eduard Spelterini, alias Eduard Schweizer (1852-1931) qui fut un des plus célèbres pionniers de la photographie aérienne au monde. 

    Pour raconter l’histoire de la photographie aérienne en Suisse, l’exposition prend comme point de départ les clichés d’Eduard Spelterini, des images conservées par le Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale suisse. Puis viennent les photos faites par avion, par satellite et enfin par des drones. Une exposition virtuelle permet de mieux s'en rendre compte. Des visites sont organisées sur place

    Jean-Philippe Accart

    Illustration : photographie du Lagginhorn par Eduard Spelterini

  • Difficile d'effacer ses traces sur Internet

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    458059_3449772199142_901571561_o.jpgDes enquêtes récentes le démontrent (voir en note) : la plus petite démarche sur Internet depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone engendre des traces qu'il n'est pratiquement plus possible de supprimer. Il est possible maintenant de bloquer les publicités intempestives qui nous arrivent grâce à des  bloqueurs de publicité ou de script (des extensions comme Ghostery, Privacy Badger ou NoScript). Mais pour le reste, nos traces apparaissent comme indélébiles : les polices de caractères spécifiques et les émojis laissent d'importantes traces. Grâce aux emojis qui indiquent une appréciation (ou l'inverse) d'une nouvelle, d'une photo ou autres, les fournisseurs d'information type Google ou Facebook récoltent ainsi de précieuses informations sur ce qui va constituer le profil d'un individu et pourra être analysé  par l'intelligence artificielle (IA). Les contacts pris, les données géographiques qui nous localisent sont d'autres indices précieux. 

    On peut cependant se servir de ce qui est récolté sur nous, mais ce sera l'objet d'un autre billet de blog...

    Jean-Philippe Accart

    Plus d'informations sur le site Thot Cursus

  • 200 ans de littérature pour enfants et jeunes adultes : 6 000 ouvrages numérisés

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    Au travers de la numérisation de 6 000 ouvrages pour jeunes adultes sur une période de 200 ans (principalement de livres en anglais), nous pouvons apprendre beaucoup. Plusieurs genres ont prospéré : l’instruction religieuse, mais aussi des livres de langue et d’orthographe, des contes de fées, des codes de conduite, et, surtout, des livres d'aventure comme ceux de Jules Verne. Ces livres offrent une vue (très colonialiste) du vaste monde. Ils sont souvent publiés en série dans les journaux à partir des années 1890, et mêlent fiction, voyage, histoire naturelle et sciences.

    Mais d'autres genres prospèrent qui rencontrent un grand succès : la poésie avec Elfin Rhymes de Norman ou le fantastique avec le Magicien d'Oz de Frank L. Baum et le non moins célèbre Peter Pan de J. M. Barrie. Ils préfigurent la série des Harry Potter et bien d'autres encore.

    L'étude des 200 prochaines années de ce type de littérature sera certainement tout aussi passionnante.

    Jean-Philippe Accart

    Pour en savoir plus, suivre ce lien

  • Le livre a-t-il un avenir... numérique ?

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    biblio_numerique_image-1269530748.jpgIl y a une dizaine d'années, la mort du livre papier est annoncée au profit du livre numérique : les liseuses rencontrent le succès et Google se lance dans la numérisation de livres à grande échelle. Les différents intermédiaires de la chaîne du livre (éditeurs, libraires, bibliothécaires notamment) n'ont plus qu'à chercher un autre emploi.

    En 2018, rien de ce qui était annoncé n'a eu lieu, ou en tous les cas, pas avec l'ampleur prévue. Si le livre numérique (e-book) prend une certaine part de marché, le livre physique en conserve une très large majorité (95 %, en volume comme en chiffre d’affaires selon une étude GfK pour l'édition francophone). C'est ce que constate également les principaux éditeurs américains tels Macmillan, Simon & Schuster ou Penguin Random House. Amazon ouvre même des librairies aux Etats-Unis. De nouvelles librairies privées s'ouvrent à Paris ou en province. Les bibliothèques n'ont pas fermé leurs portes, de nouvelles sont construites de par le monde.

    A quoi cela est-il dû ? De nombreuses raisons peuvent être avancées, mais d'après Anne Mangen, chercheuse au Centre sur la lecture de l'université de Stavanger en Norvège, qui a réalisé plusieurs enquêtes comparatives entre lecture sur papier et lecture sur liseuses, "la lecture sur papier est plus empathique, et permet une meilleure immersion dans la narration". De plus "les étudiants qui lisent des textes imprimés obtiennent de meilleurs résultats".

    Jean-Philippe Accart

    voir aussi l'article paru dans Le Monde du 28 septembre 2018 : "Gutenberg vit encore"

    illustration extraite du site "Du temps pour le livre numérique"

  • Le nouveau portail "Mon Manuel Scolaire Numérique"

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    ban3.pngUne quasi vingtaine d'éditeurs scolaires français lance un nouveau portail : "Mon Manuel Scolaire Numérique". Mais attention: les livres proposés ne sont pas gratuits, la plateforme redirigeant les intéressés vers l'éditeur du livre concerné. Cependant, les prix restent assez modiques dans l'ensemble. L'avantage est de voir regroupés un ensemble de manuels scolaires, et de pouvoir les télécharger sur une tablette ou un ordinateur par exemple. Du primaire au lycée, ceux-ci sont disponibles dans toutes les matières et pour tous les niveaux, même en vacances...

    Le Manuel Scolaire Numérique propose de nombreuses ressources supplémentaires (vidéos, sons, animations) et des fonctionnalités interactives, rendant ainsi la navigation plus ludique. Les éditeurs ont souhaité une ergonomie accentuée pour ce site facilitant l'appropriation par des enfants en situation de handicap par exemple (zoom ou écoute de textes sont ainsi rendus plus aisés). 

    Reste maintenant à savoir si les enfants vont s'approprier ce site, et notamment la lecture de manuels sur un écran...

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site Mon Manuel Scolaire Numérique

     

  • Le harcèlement des enfants et ados en ligne : un guide de prévention

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    bullying-cyber.jpgOn n'est jamais trop prudent pour protéger ses enfants ou ados face au harcèlement en ligne. C'est un réel danger auquel les parents ne savent comment répondre ou quels sont les moyens à leur disposition. Le harcèlement en ligne peut prendre différentes formes et sur différents médias : régulièrement, la presse se fait l'écho soit de harcèlement entre enfants ou ados eux-mêmes sur Facebook par exemple (cela peut conduire au cas extrême du suicide ou à la dépression) ou également de harcèlement sexuel par des prédateurs plus âgés qui ciblent les plus jeunes en masquant leur identité réelle.

    Si Internet et les réseaux sociaux amènent de nombreux bienfaits, notamment l'accès à l'information et à une certaine forme de culture, ils conduisent aussi à de nombreux débordements. Il existe des guides de prévention, et on ne saurait trop conseiller de les consulter. Un des derniers parus est le Guide complet sur le harcèlement en ligne destiné aux parents élaboré par Chase Williams en juin dernier, avec de nombreux conseils très utiles et très précieux.

    Jean-Philippe Accart

    Ill. extraite de ce site

  • Votre temps est précieux, c’est le patron d’Apple qui le dit…

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    Comment-limiter-temps-passe-devant-ecranles-enfants_0_730_486.jpg« Je me suis rendu compte que j’y passais plus de temps que je ne le devrais » : cette phrase est de Tim Cook, patron d’Apple, à propos des smartphones et des réseaux sociaux, lors d’une interview sur CNN. Ainsi, même les concepteurs de ces outils technologiques indispensables à la vie quotidienne se rendent compte qu’ils ont créé des produits addictifs pour l’ensemble de la société, et qui engendrent des effets nocifs, notamment l’addiction aux écrans par les enfants ou un niveau d’attention qui baissent chez les adultes ou les adolescents connectés (cela est constaté pour ces derniers dans les écoles durant les cours ou dans les universités pour les plus âgés)… La plupart des patrons de la Silicone Valley en Californie où sont élaborées les technologies de demain, placent leurs propres enfants dans des écoles où les smartphones sont interdits…

    Facebook, Apple, Google mettent en place des moyens pour que le temps passé soit contrôlé et limité par leurs utilisateurs de manière quotidienne. Il est en effet difficile de dire quelle consommation en temps est faite par chaque utilisateur, mais celle-ci est certainement  de plus en plus grande avec plusieurs heures par jour de connexion.

    Certaines études récentes (voir Le Monde Science & Médecine du 13 juin 2018) évoquent même une chute de l’intelligence, avec une régression du quotient intellectuel chez les jeunes générations, dues cependant à un ensemble de facteurs (l'environnement général, la nourriture...) et pas à un seul : cela reste encore à confirmer.

    Jean-Philippe Accart

    Crédit photo goodluz - Fotolia

  • La vie sur abonnement ou comment nous rendre captifs

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    prime.jpgPetit à petit, la vie quotidienne s'organise en fonction de personnes ou de machines qui pensent pour nous : même sans le savoir, nous sommes abonnés au travers de nos emails à un grand nombre de sites qui proposent des marchandises, des mises à jour logicielles obligatoires, des produits et auxquels il est parfois difficile de nous... désabonner. C'était le thème de l'émission Medialog de la RTS du samedi 7 avril : les exemples donnés sont édifiants et nous font mieux comprendre notre dépendance de plus en plus grande à des sociétés telles que Microsoft, Spotify ou Amazon (qui arrive bientôt en Suisse avec son abonnement Prime). L'exemple du streaming (en s'abonnant pour quelques euros par mois à un site fournisseur de musique) est particulièrement révélateur et fait que nous ne possédons pas ce que nous écoutons sur abonnement. La bonne vieille collection de disques ou de CDs n'est-elle qu'un souvenir, même si les disques vinyl reprennent du poil de la bête ?

    Tout se loue actuellement, du bien matériel à la culture (de plus en plus de livres sont accessibles en streaming également). Les abonnements à des sites nous sollicitent constamment et conditionnent une manière de vivre de plus en plus orientée par un nouveau modèle économique qui vise à nous rendre captifs.

    Jean-Philippe Accart

     

  • 1000 ans d'histoire des villes européennes numérisés

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    venice.jpgFrédéric Kaplan, directeur du laboratoire Humanités numériques * à l'EPFL (le Digital Humanities Lab - DHLAB), a lancé il y a quelques annés l'idée qu'il était possible d'explorer le passé de Venise en numérisant 1000 années des archives de la ville. C'est le projet Venice Time Machine, sorte de machine à remonter le temps, thème qui a fait les beaux jours de la littérature de science fiction. Mais ce projet est bien réel, c'est à la fois un travail d'historien, d'archiviste et de chercheur.

    Une autre dimension du projet, européenne celle-là, voit le jour : il est candidat pour devenir un "superprojet" financé par l'UE à hauteur d'un milliard d'euros sur 10 ans. Cela permettrait la mise en place d'une infrastructure capable de numériser, cartographier et classer des millions de documents pour l'instant sur support papier. Des logiciels pourront décrypter des écritures anciennes ou manuscrites. Un moteur de recherche permettra de rechercher dans cette masse d'information (il devrait être prêt en juin selon F. Kaplan). Amsterdam, Dresde, Paris, Naples, Budapest souhaitent leur Time Machine.

    Bel exemple de croisement entre histoire, sciences et technologies.

    Jean-Philippe Accart

    * "Humanités numériques" dans le sens où les sciences humaines sont alliées à la technologie numérique

    Voir l'article de Wikipedia sur la Venice Time Machine et l'article du Monde du 6 mars 2018 sur ce sujet

    Illustration extraite de YouTube

  • Le 4è, un nouvel espace numérique à Genève

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    untitled.pngLes bibliothèques municipales de le Ville de Genève viennent d'annoncer l'ouverture de l'Espace Le 4è à la Bibliothèque de la Cité. Une expérience semblable (mais moins développée dans l'offre) avait eu lieu lors de travaux entrepris dans cette même bibliothèque il y a quelques années.
     
    Ce nouvel espace prometteur sera entièrement dédié au numérique et aux nouvelles technologies, mais il se veut également un lieu de réflexion, de découverte et d'apprentissage autour des nouvelles pratiques numériques. Enfin, devrait-on dire...
     
    L'aspect bibliothèque et accès aux ressources n'est pas oublié avec l'offre de milliers de journaux et de magazines en ligne, de jeux vidéo (on pourra les emprunter), l'apprentissage de la vie numérique soit d'un point de vue technique (apprendre à utiliser sa liseuse), soit afin de mieux protéger sa vie privée sur les réseaux sociaux. On pourra aussi programmer un robot, trouver de l’information fiable sur internet, faire des démarches administratives en ligne, rédiger un article sur Wikipédia ou encore créer une BD numérique.
     
    Evidemment, on ne peut que se féliciter d'une telle réalisation en ville de Genève.  

    Journée portes ouvertes le samedi 10 mars 2018 de 10h00 à 18h00
     
    Jean-Philippe Accart

  • Trouver ce que l'on ne cherche pas... sur le Net

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    trefle_size2.jpgCe concept a pour nom sérendipité. La sérendipité n'est pas un concept nouveau, et il a fait (il fait encore) le bonheur de ceux qui fréquentent les bibliothèques ou les librairies : n'est-ce pas un grand bonheur que de trouver ce que l'on ne cherche pas ?... mais qui correspond forcément à une envie, un souhait plus ou moins ancien ou quelque chose d'enfoui. Le principe est un peu le même sur le Net : une recherche d'information amène à des résultats inattendus qui sont - parfois, mais de plus en plus souvent - guidés par les algorithmes qui analysent nos traces, et nous proposent ce que à priori, nous attendons. Mais cela reste assez incertain.

    Afin de mieux travailler cette question de "sérendipité virtuelle", Eric Briys, co-fondateur de la société Cyberlibris, pour la vente de bouquets d'ebooks en streaming, et par ailleurs auteur d'un excellent ouvrage aux Editions des Belles Lettres "D'or et d'airain. Penser, cliquer, agir" présente régulièrement sa bibliothèque numérique de la manière la plus originale possible et "réinvente" la sérendipidté, ceci afin de contrecarrer l'hégémonie des moteurs de recherche jugés souvent peu pertinents : il a ainsi travaillé à l'élaboration d'un algorithme qui analyse en temps réel la consultation de tel ou tel ouvrage dans sa bibliothèque numérique Bibliovox, quel que soit le site, et un autre algorithme qui classe les milliers d'ouvrages à disposition en un clic.  Le Learning Center de l'Université de Lille, Lilliad, propose ces découvertes à ses étudiants sur écran tactile, montrant ainsi en temps réel les livres électroniques consultés dans la collection proposée.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site Science pour tous

  • Le fil perdu ou comment nous perdons notre faculté d'attention

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    images.jpgUn petit test en ce début d'année : combien de fois par jour regardez-vous votre smartphone ? votre compte Facebook ou vos notifications sur les réseaux sociaux ? Plusieurs dizaines de fois semblent-ils... ce qui est pire chez les adolescents, les yeux rivés sur leur téléphone des heures durant. Travaillant dans une école où les étudiant-e-s ont une moyenne d'âge de 20-22 ans, le phénomène est flagrant : la concentration de la plupart d'entre eux-elles n'excède pas cinq minutes pour la lecture d'un texte, elle est par contre un peu plus longue quand il s'agit d'une vidéo à visionner sur YouTube ou d'un chanson à écouter en streaming... Quant à écouter le cours d'un enseignant d'une heure, cela relève de la prouesse intellectuelle.

    De plus en plus d'études scientifiques montrent ce trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) qui en général apparaît souvent à l'enfance et peut se poursuivre à l'âge adulte. Les symptômes sont une attention limitée et de l'hyperactivité. Seule la psychothérapie semble pouvoir modifier ce comportement.

    Sans vouloir être alarmiste, voici donc une des conséquences directes des technologies de la communication et des réseaux sociaux sur nos comportements. Ce que l'on désigne comme étant une "économie de l'attention" - dans la mesure où ces instruments nous amènent à utiliser certains produits - nous conduit à perdre le fil...

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site AllPsych

     

     
  • La presse meurt ? Vive la presse ! : le phénomène "Monocle"

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    monocle2.jpgEn ces temps incertains où nombre de journalistes cherchent une voie de reconversion et où la presse traditionnelle se pose de sérieuses questions sur son avenir, il est une aventure insolente dans le paysage des médias : celle du magazine édité en langue anglaise, "Monocle", lancé en 2007. Très bien placé dans les kiosques, dans les aéroports et dans les meilleures bibliothèques, ce magazine est rédigé à Londres, et a son siège... à Zürich. Toutes les tendances, les modes, là où il faut être, ce qu'il faut lire, porter comme vêtements et bientôt où faut-il vivre, c'est cela "Monocle". L'édition quasi mensuelle (10 n° par an) se complète d'un supplément hebdo en hiver sous format tabloïd classique. Il existe aussi des cafés, des boutiques, une radio et bientôt des appartements (à Bangkok) estampillés "Monocle" !

    A l'origine et à la tête de cette revue hors-normes, Tyler Brûlé, qui est un journaliste-entrepreneur canadien : tout ce qu'il touche se transforme en or semble-t-il. Il a dessiné l'identité visuelle de Swiss, créé le magazine Wall Paper vendu 1 million de dollars après seulement 4 numéros. Il tient aussi une chronique hebdomadaire de ses voyages dans le Financial Times....

    Dans sa forme, cette revue est très traditionnelle, proche du traditionnel almanach dans sa présentation tel qu'on le concevait au XIXème siècle. Beaucoup d'illustrations, de photos, des articles longs forment un produit avec du contenu et du sens. Nul doute que ce concept qui se déploie sous plusieurs formes, va encore se développer.

    Jean-Philippe Accart

    Précision : l'auteur ne détient pas d'actions dans "Monocle", il partage simplement son engouement.

    Sur Tyler Brûlé, lire son interview dans Le Temps du 13 novembre 2017

  • La biodiversité en héritage : 2 millions d'illustrations en ligne

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    Biodiversity-1.jpgLe site Open Culture a annoncé le 15 novembre dernier la mise en ligne d'un total de 2 millions d'illustrations en botanique et histoire naturelle en open access. Ce projet, intitulé "The Biodiversity Heritage Library", est né en 2005. Il consiste dans la numérisation des riches collections spécialisées de bibliothèques américaines et européennes dont la liste ne fait que s'accroître. Au niveau suisse, on retrouve des ouvrages célèbres tels la "Faune des vertébrés de la Suisse" (1899) de Victor Fatio ou "Flora der Schweiz" (1840) de Johannes Hegetschweiler. 

    A l'heure où l'on alerte sur la disparition des espèces animales et des dangers que court la nature dans son ensemble, cette initiative nous rappelle l'incroyable diversité de la flore et de la faune sur la planète. The Biodiversity Heritage Library est de loin le projet mondial de numérisation le plus important pour la littérature de la biodiversité.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site The Biodiversity Heritage Library

  • Le médiateur numérique, nouveau passeur d'information

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    bookalibrarian.jpgDans ce blog, il est souvent question des différents dispositifs mis en place pour assurer la transition numérique : des outils, des techniques, des découvertes. Portails d'information, sites web, bibliothèques numériques, intelligence artificielle, moteurs de recherche sont autant de moyens pour s'approprier le monde numérique. Une des conséquences de cette transition est la remise en question de certains métiers, passeurs traditionnels d'information, notamment les journalistes, les éditeurs, les imprimeurs, les bibliothécaires, tous ces métiers qui gravitent autour du livre et de l'imprimé.

    Ce qui est flagrant, c'est la transformation en cours de ces métiers qui deviennent tous, peu ou prou, des "médiateurs numériques" dans le sens où ils assurent un passage entre deux mondes qui cohabitent et se rejoignent parfois.

    Une conférence sur ce thème est organisée le 15 novembre prochain à l'Université de Genève (Unimail, salle 2220 - 12h15) par l'Association genevoise des bibliothécaires diplômés en information documentaire (AGBD), et j'aurai le plaisir de présenter mon dernier livre "La médiation à l'heure du numérique" (Editions du Cercle de la Librairie). L'entrée est libre.

    Jean-Philippe Accart

    Ill. extraite de ce site

  • Etes-vous un "slasher" ? Les nouvelles formes de travail

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    mutli-activite.jpgUn "slasher" désigne un individu qui a plusieurs activités salariées de manière simultanée : un travailleur qui cumule deux activités à temps partiel, ou qui a une activité salariée et une activité indépendante est un slasher. En France, ils sont, selon diverses sources, entre 2 et 4 millions d'individus, l'INSEE (l'Institut national de la statistique) tablant sur le premier chiffre et mentionnant que 70% sont volontaires pour exercer cette forme de vie professionnelle.

    Car il s'agit bien d'une tendance forte du marché du travail en Europe (et en Suisse aussi mais pour des motifs différents sur lesquels nous reviendrons) et qui est le plus souvent choisie et non subie. Comment expliquer ce phénomène: la difficulté de trouver un emploi à plein temps , ou le désir d'exercer ses compétences dans des secteurs différents ? Un marché du travail trop contraignant ? Des salaires trop bas dans certains secteurs ? Certainement un peu tout cela à la fois. En Suisse, les travailleurs sont habitués depuis plusieurs dizaines d'années à occuper des postes avec des pourcentages divers, ce qui permet une certaine souplesse dans la vie privée et un marché du travail ouvert.

    La technologie actuelle autorise la pluri-activité (un slasher est aussi défini comme un pluriactif): le télétravail, l'usage des espaces de co-working, les plateformes en ligne... Les lieux de savoir telles que les bibliothèques s'orientent vers des "espaces 3ème lieu" pour faciliter le lien social, et ouvrir à d'autres activités que celle autour du livre ou de l'information : des espaces multifonctionnels. A l'université, ce sont les learning centers qui suivent cette tendance, à l'instar du Rolex Learning Center à Lausanne.

    Jean-Philippe Accart

    Sur ce thème, lire cet article paru le 4 octobre dans "The Conversation"

  • La réalité virtuelle : une nouvelle dimension

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    definition-realite-virtuelle-630x330.jpgLa réalité virtuelle - cette technologie qui permet à l'homme de se dépasser ou tout du moins de découvrir des réalités qui ne sont pas la sienne au quotidien - est utilisée dans un certain nombre de domaines. L'aviation pour simuler des vols est un exemple connu et déjà ancien. D'autres applications voient le jour, notamment dans le domaine du jeu vidéo, mais également du jeu dit "Escape Game" : pour les néophytes, les Escape Games (phénomène qui connait un incroyable développement) est une manière de jouer en groupe et de trouver la solution pour sortir d'une pièce fermée. Des indices sont à découvrir et cela demande une certaine ingéniosité digne des énigmes policières. Un des rares Escape Game en Suisse utilisant la réalité virtuelle vient d'ouvrir à Etoy, un futur centre de loisirs. Mais pour les intéressés, je leur laisse découvrir le site par eux-mêmes.

    Une autre application digne d'intérêt de la réalité virtuelle est celle des expositions virtuelles. La presse francophone s'est fait l'écho durant l'été d'une initiative originale fruit de la collaboration de l'écrivain argentin, Alberto Manguel, et du metteur québecois Robert Lepage, et intitulée "La bibliothèque, la nuit". A partir du livre portant le même titre de l'argentin, R. Lepage parvient à faire visiter une dizaine de bibliothèques consécutives, et de pouvoir ainsi voir, feuilleter et lire des ouvrages inaccessibles. 

    Jean-Philippe Accart

    Illustration : http://www.realitevirtuelle.com 

  • L'éducation aux médias passe par la voie numérique

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    educpop-big.jpgLa technologie numérique a ses bons et ses mauvais côtés. Dans le domaine de la presse, les effets peuvent être dévastateurs et entraîner la disparition de journaux et magazines pourtant appréciés du public, mais plus assez rentables aux yeux des groupes qui les détiennent. L'exemple suisse le plus récent est celui du magazine L''Hebdo disparu il y a peu. Les journalistes et les collaborateurs du journal touchés de plein fouet, à l'instar d'autres professions, se (re)convertissent et trouvent d'autres voies. Et celle qui justement les met en danger, la voie numérique, offre des opportunités que certains comme l'organe de presse en ligne payant "Médiapart" ont su saisir avec bonheur et succès.

    Les médiateurs d'information que sont les journalistes ont un rôle majeur à jouer, à l'heure des fausses informations, ou erronées, des théories du complot, de la fraude et plagiat qui se développent à l'envie sur Internet. Avec tous les dangers que l'on sait. Jean-Claude Domenjoz, ancien collaborateur et blogger à L'Hebdo, enseignant et formateur, a continué son chemin sur Internet avec son blog L'Education aux médias et à l'information que l'on ne saurait trop conseiller de suivre. Il est à la fois pédagogique, didactique et en plein dans l'actualité. Le dernier article publié détaille les impacts des algorithmes qui "façonnent notre vision du monde". Et les solutions proposées sont dignes d'intérêt.

    Jean-Philippe Accart

    Ill. extraite du site (suivre ce lien)

     

     

     

  • Magnus, ou l'art à portée de votre smartphone

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    resch.jpgMagnus Resch a compris l'intérêt du public pour l'art en créant une application, Magnus, qui offre beaucoup de possibilités à portée de tout un chacun. Allemand, âgé de 32 ans, ayant fréquenté des universités prestigieuses (Harvard, the London School of Economics, St Gall...), il est également auteur et créateur de start-ups. Son intérêt pour l'art se manifestait déjà à 20 ans quand il co-dirigeait une galerie d'art pour financer ses études.

    Son application Magnus - disponible depuis un an sur Google Play et Apple Store - est originale et devrait remporter un grand succès. Elle permet de connaitre les détails d'une oeuvre picturale dans un musée. Il faut pour cela la photographier et en quelques minutes, Magnus vous indique le nom du peintre, son histoire et des exemples de tableaux similaires.

    Magnus dispose de 10 millions de données fournies par des galeries et des salles de ventes, les usagers peuvent aussi fournir des informations.

    Qui a dit que l'art n'était pas à portée de mains ? Il est en tous cas à portée de smartphone...

    Jean-Philippe Accart

    Voir l'article du Monde sur ce sujet

     

     

  • Le règne des plateformes en ligne

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    plateforme.jpgIl semble que nous soyons voués à ne pouvoir évoluer - sur Internet - que dans un monde de plateformes numériques auxquelles il faut s'abonner pour bénéficier d'un certain nombre de services. C'est vrai au quotidien dans les banques, les assurances, au sein de l'entreprise où l'on travaille (avec l'Intranet), mais aussi sur le plan culturel, oisirs, social, de la formation, de l'éducation...

    L'avantage très net de ces plateformes en ligne est d'offrir un point d'accès unique à un certain nombre d'informations qui sont regroupées et présentées de manière attractive. Les bibliothèques proposent des portails documentaires depuis de nombreuses années (le portail Europeana auquel collabore la Bibliothèque nationale suisse allie des ressources de musées, d'archives soit plusieurs millions de documents).

    Les nouvelles plateformes qui se mettent en place sont maintenant sociales et collaboratives, elles allient les réseaux (professionnels, sociaux, amicaux, d'écrivains, pour enfants, adolescents...) et proposent du texte, des messages courts ou longs, mais aussi du son, de la vidéo... La communication instantanée avec Snapchat ou Instagram semble avoir le vent en poupe.

    Un panorama complet des plateformes numériques est proposé dans un dossier en ligne sur mon site http://www.jpaccart.ch

    Jean-Philippe Accart

    Source illustration : Thot cursus

  • Comment travaillerons-nous demain ?

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    travail.jpgC'est une vraie question et de nombreux articles et ouvrages récents sont consacrés à ce thème. Il s'agit donc d'une tendance forte qui trouve ses racines dans les transformations actuelles du monde du travail que nous connaissons et qui vont s'amplifier. Le numérique est bien entendu aux origines de ce questionnement, mais pas seulement.

    De nouvelles manières de travailler se mettent en place, que ce soit dans ou hors de l'entreprise. De plus en plus, il est possible de travailler à distance grâce aux moyens de connexion facilités et Internet, on parle alors de télétravail. Les plateformes numériques qui offrent des services en ligne permettent de gérer des projets à distance, de se connecter en même temps avec les autres membres du groupe, de se parler, d'annoter des documents, de les partager. Les réseaux sociaux et les réseaux sociaux d'entreprise (RSE), les Intranets sont des facilitateurs de contacts intra-entreprises. 

    Les espaces de travail sont également modifiés afin de permettre une plus grande flexibilité entre les travailleurs. Les bureaux traditionnels se transforment en espaces modulables à l'infini, pour une, voire deux personnes, ou un groupe. On parle alors de lieux hybrides qui permettent le co-working ou le flex-office, un seul espace étant modulable pour de multiples usages : un des plus grands espaces de co-working d'Europe s'est ouvert à Paris rue Lafayette dans le 10e arrondissement. 12.000 mètres carré où près de 2.400 entrepreneurs vont pouvoir travailler ensemble.

     

    Jean-Philippe Accart

    Voir l'article du journal Les Echos du 28 mars 2017 par Pierre-André Svetchine "Disruption et flexibilité dans les espaces de travail"

     


  • Les écrans sont une drogue (dure)

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    dh.pngDans un article du New York Post, l'auteur, le Dr Nicholas Kardaras, parle du cas de John dont la mère Susann a trouvé que l'achat d'un iPad pour son fils répondait aux exigences actuelles de l'enseignement. Le laisser jouer des heures entières au jeu Minecraft lui rappellait quand elle-même jouait aux Legos étant enfant. 

    Bientôt, John, pourtant féru de baseball, refusa de retrouver son équipe, ou de lire tant Minecraft polarisait son attention. Une nuit, elle le retrouva dans son lit, les yeux exorbités fixés sur l'écran, dans un état catatonique.

    On sait maintenant, toujours selon le Dr Kardaras, que les écrans quels qu'ils soient sont addictifs et sont équivalents à l'usage des drogues dures, et c'est évidemment pire si l'habitude est prise dès l'enfance. Il est révélateur que les parents vivant dans la Silicon Valley, Steve Jobs lui même ou Larry Page le fondateur de Google, inscrivent leurs propres enfants dans des écoles traditionnelles, les Waldorf Schools, utilisant très peu les technologies actuelles, et donc moins d'écrans...

    Le Dr Peter Whybrow, neurologue à UCLA, qualifie les écrans de "cocaïne technologique", et les chercheurs chinois, d'"héroïne digitale". Susann a supprimé la tablette à John, et la désintoxication a pris quatre années.

    Jean-Philippe Accart

    Crédit photo: Getty Images

  • Comment travaillez-vous avec le numérique ?

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    entrepreneur.jpgDans son Bloc-Notes, Bertrand Duperrin a écrit son dernier billet sur le "Digital Worlplace: à la fois plus fragmenté et plus intégré" dont je vous livre quelques réflexions : il ne croit plus à un environnement unique type Intranet qui rationnalise et unifie les accès pour l'ensemble des collaborateurs d'une même société et qui produit l'effet inverse que celui souhaité, car devenant une véritable "usine à gaz". Les réseaux sociaux d'entreprise n'ont plus la cote, à ses yeux, car ils sont souvent beaucoup moins simples à utiliser que Facebook et Twitter...

    Pour Bertrand Duperrin, mieux vaut adopter des solutions informatiques simples qui s'emboîtent les unes dans les autres comme des briques, il promeut la fragmentation alors que les grands systèmes informatiques type Microsoft sont pour des solutions uniques clés en mains.

    Pour l'auteur également, le collaborateur doit retrouver au travail ce qu'il connait et ce qu'il utilise déjà dans sa vie privée, des outils simples d'accès et d'utilisation. L'outil Flow qui réunit un certain nombre d'applications semble être une des solutions.

    Jean-Philippe Accart

  • Etre parent à l'ère du numérique

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    Comment agir en tant que parent à l’ère du numérique ? | Edupronet

    addiction.pngLa solution nous vient du Québec avec la publication d'un guide "Etre parent version numérique" qui pourra s'avérer très utile aux parents déconcertés par l'usage intensif qui est fait par leurs enfants des smartphones, tablettes ou réseaux sociaux... Ce guide complet et didactique - en ligne - est écrit par Michèle Bourdon, éducatrice spécialisée et mère de trois enfants. Même s'il est vrai qu'enfants et ados ont les yeux rivés en permanence sur leurs téléphones portables (mais leurs parents aussi...), il est tout de même bon de réglementer quelque peu les usages au sein d'une même famille, afin que les échanges et discussions soient possibles. Ce guide pratique aborde les thématiques liées aux questions de sécurité et d’identité numérique, des risques sanitaires induits par une trop grande exposition aux écrans, ainsi que la manière de gérer le temps d’utilisation. Par ailleurs, l’éducatrice propose des conseils pour aborder, encadrer et accompagner l’utilisation des écrans par les adolescents. Somme toute, cette publication apprendra certainement aux parents et à leurs enfants à se servir des technologies ou tout du moins à prendre conscience des avantages, des risques et dangers possibles.
     
    Jean-Philippe Accart
     
    Source Illustration : https://lesbrouillons.wordpress.com/tag/parents/ 
    Voir aussi : Edupronet 

     

  • La médiation de l'information à l'heure du numérique

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    Image.jpgLes professions de l'information (journalistes, documentalistes, bibliothécaires, éditeurs...) - passeurs et intermédiaires de l'information - sont amenées à se poser de sérieuses questions quant à leur avenir dans une société du tout numérique.  Sont-elles encore utiles à l'heure des réseaux sociaux, des moteurs de recherche et de l'information à portée de clic ? Le constat cependant est clair : la désinformation, le trop plein d'informations, la fraude et le plagiat, les fausses informations sont des phénomènes qui produisent des effets dévastateurs comme le montre l'actualité récente. En réalité, et c'est paradoxal, le besoin de médiation à l'heure du numérique n’a jamais été aussi grand, et c'est dans cette voie que doivent se situer ces différentes professions. Les outils et technologies numériques actuels sont des avancées incontestables, mais demandent une certaine maîtrise pour les utiliser correctement, discerner le vrai du faux, faire face à ce qu'on appelle l'info-obésité.

    Le rôle des professionnels de l'information est donc essentiel, il doit être amplifié et valorisé. C'est la thèse que je développe mon nouvel ouvrage "La médiation à l'heure du numérique" publié aux Editions du Cercle de la Librairie.

    Jean-Philippe Accart 

    Découvrir l'ouvrage sous ce lien