Le blog de Jean-Philippe Accart, biblioblogueur

  • "L'écriture" à la Bibliothèque nationale suisse : du stylo à l'intelligence artificielle

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    aufgeschrieben.jpgLa Bibliothèque nationale suisse (BN), au travers de sa dernière exposition, donne à réfléchir aux moyens utilisés par l'écriture pour transmettre l'information et le savoir : de la feuille manuscrite à l'encrier et à l'imprimante à aiguilles ; de la reconnaissance vocale à la typographie ;  des symboles graphiques à l'intelligence artificielle, les possibilités sont multiples.

    Pour réaliser cette exposition, la BN a fait appel à des graphologues, des archives d'écrivains (celles de Robert Walser), ainsi qu'à l'Université de Berne et son département "Digital Humanities" : celui-ci a créé une intelligence artificielle (une IA)  capable d'écrire comme des écrivains reconnus tels  Robert Walser et d’Emmy Hennings, après lui avoir fait enregistrer de nombreux textes de ces auteurs. Le résultat est, semble-t-il assez impressionnant : tout visiteur de l'exposition peut proposer un thème, et l’IA produit un texte (en allemand) dans le style de Walser ou de Hennings. 

    Mais l'exposition offre de nombreux autres aspects à découvrir.

    Jean-Philippe Accart

  • Johann Heinrich Füssli, une exposition à Paris

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    lecauchemard.pngLe musée Jacquemart-André à Paris offre à voir jusqu'en janvier 2023, 60 oeuvres de ce peintre mystérieux et frôlant mysticisme et fantastique qu'est Johann Heinrich Füssli. Né à Zürich en 1741, il vit une grande partie de sa vie à Londres, un voyage en Italie le marque de manière indélébile en voyant les œuvres de Michel-Ange.

    Sa peinture représente aussi bien des mythes shakespearien (Macbeth), mais est également influencée par la Bible. Les représentations féminines sont centrales dans son œuvre graphique, tout en côtoyant le rêve ou le symbolisme.

    La dernière exposition Füssli à Paris date de 1975, c'est donc une œuvre rare, sensible et riche qui nous est donnée à voir.

    Jean-Philippe Accart

    Voir l'article très complet de The Conversation consacré au peintre Füssli

    Illustration : "Le cauchemar" de Johann Heinrich Füssli

    Lien permanent Catégories : Emotion, Exposition, Histoire, Musée, Suisse 0 commentaire
  • "Lire à l'école" : sur écran ou sur papier ?

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    ecole.jpgDans un article "Quelle place pour le livre numérique à l'école ?", Jean-Claude Domenjoz  - expert  en communication visuelle et éducation aux médias - développe une série d'arguments en faveur de la lecture numérique à l'école. Selon lui, la lecture sur écran et la lecture traditionnelle ne s'opposent pas, et sont même complémentaires. Le Département de l'instruction publique de Genève développe une politique "Le livre à l'école" avec plusieurs actions du point de vue de l'enseignant : des activités sont proposées ; ainsi que des ressources ; une rubrique Actualités mentionne les prix, les salons et manifestations diverses.

    Le constat est flagrant : aux yeux du DIP, la lecture numérique semble peu concerner les enfants en âge d'aller à l'école, ce qui parait contradictoire avec le monde actuel. Le site Internet "Le livre à l'école" est clair et bien fait, mais cette composante essentielle est manquante alors que les Bibliothèques de la Ville de Genève ont, elles, une politique nettement plus dans l'air du temps, en mettant en avant leurs collections numériques. 

    Préparer les jeunes générations à aborder l'avenir avec tous les moyens à disposition est, semble-t-il, une mission de l'école et des enseignants. Plus tard, à l'université et dans le monde du travail, l'aspect "lecture numérique" va prendre une place prépondérante. Ce qui ne signifie pas que la lecture traditionnelle va disparaitre.

    Jean-Philippe Accart

    Voir : Domenjoz J.-C., «Quelle place pour le livre numérique à l’école?», Éducation aux médias et à l’information [en ligne], 18 janvier 2021, consulté le date. https://educationauxmedias.ch/quelle-place-pour-le-livre-numerique-a-l-ecole

  • Un usage contrôlé de votre smartphone. Vraiment ?

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    Limiter-utilisation-smartphone-android.jpgUne étude récente démontre qu'une autorégulation de votre smartphone est source de bien être... Moins de stress, d'insomnies, d'anxiété, voir de dépression. Une équipe de chercheurs en psychologie de l'Université de Bochum en Allemagne a demandé à plusieurs centaines de bénévoles soit de ne plus consulter leur mobile pendant une semaine entière (on imagine la frustration), soit de réduire leur temps de consultation d'une heure par jour.

    619 personnes ont répondu à cet appel (ce qui a étonné les chercheurs) et 3 groupes ont été constitués : le groupe A pour ceux qui se sont abstenus, le groupe B les autorégulés, le groupe C qui lui n'a rien changé à ses habitudes.

    Quelques résultats : les A et B sont moins anxieux et moins dépressifs et font plus d'exercice physique. Certains ont même réduit leur consommation de cigarettes !  Les chercheurs sont très satisfaits de ces résultats, car ils montrent que l'autorégulation a des effets bénéfiques sur l'addiction, et pas seulement en matière de téléphone.

    Jean-Philippe Accart

    Julia Brailovskaia, Jasmin Delveaux, Julia John, Vanessa Wicker, Alina Noveski, Seokyoung Kim, Holger Schillack, Jürgen Margraf. Finding the “sweet spot” of smartphone use: Reduction or abstinence to increase well-being and healthy lifestyle?! An experimental intervention study.Journal of Experimental Psychology: Applied, 2022; DOI: 10.1037/xap0000430

    Illustration extraite du site

  • Lutter contre la mésinformation

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    mesinfo.jpgNotre époque voit certaines valeurs (démocratiques, morales, sociales…) battues en brèche, et l'information est un terrain privilégié de mise à bas de ces valeurs par la diffusion d'informations fausses ou erronées, à titre volontaire : les causes, les conséquences sont nombreuses et créent une grande incertitude dans le public, voire une confusion. Certaines professions sont touchées de plein fouet, et les bibliothèques, documentalistes et archivistes essaient de préserver les valeurs qui constituent leurs professions. En tant que professionnels de l'information, ils appliquent quelques grands principes tels la neutralité face à l’information, l’égalité des publics dans l’accès à l’information, la non-discrimination. Concrètement, le principe de neutralité se traduit sur le terrain par l’acquisition d’ouvrages ou de documents qui représentent toutes les tendances politiques du moment : cela permet au public, en période électorale par exemple, de faire son propre choix, de décider par lui-même et d’éviter des erreurs.

    La mésinformation fait partie, à grande échelle, de notre vie quotidienne, notamment par la diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux. Il y a cependant des moyens de lutter contre ce phénomène malgré, parfois les censures exercées sur des bibliothèques pour bannir certains ouvrages de leurs collections. Ce fut le cas récemment aux Etats-Unis.

    La presse et les journalistes s’élèvent contre ce mouvement généralisé de mésinformation, et proposent maintenant des outils. DE FACTO est une nouvelle plateforme qui réunit des médias français de référence – l'AFP, 20 Minutes, Libération, Les Surligneurs, Franceinfo – ainsi que des tutoriels, des analyses et des outils pour aider enseignants, chercheurs et grand public à décrypter les fausses informations. Elle est portée par Sciences Po, l’Agence France Presse et le CLEMI (Centre pour l’éducation aux médias et à l’information).

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site

     

     

     

     

     

  • Le Zentrum Paul Klee rend hommage à Gabriele Münter, peintre expressionniste allemande

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    mütter.jpgIl est temps de (re)découvrir cette artiste-phare du mouvement expressionniste allemand Le Cavalier bleu (Der Blau Reiter) qu'elle a contribué à créer avec Vassily Kandinsky et Franz Marc. Lancé en 1911 à Münich, ce mouvement artistique prend pour symbole la liberté. Marianne von Werefkin, Alexej von Jawlensky et August Macke se joignent à ce mouvement.

    Gabriele Münter (1877-1962), peintre et graveuse, annonce l'art moderne en Allemagne, elle a travaillé durant soixante ans à développer son art, en voyageant en France (elle vécut à Sèvres près de Paris avec Kandinsky), aux Etats-Unis ou en Tunisie. Elle s'installe finalement à Murnau am Staffelsee (Haute-Bavière) en Allemagne en 1930, sa peinture devient plus abstraite à la fin de sa vie. Il fallu attendre 1992 pour qu'une rétrospective lui soit consacrée.

    Le Zentrum Paul Klee avec la la Gabriele Münter- und Johannes Eichner-Stiftung et la Städtische Galerie im Lenbachhaus und Kunstbau de Munich, nous présente jusqu'au 8 mai prochain cette belle exposition composée de tableaux, dessins et photographies. C'est une première en Suisse.

    Jean-Philippe Accart

    Voir l'article de Marie Gispert dans le Dictionnaire universel des créatrices

  • Les Bibliothèques municipales de Genève lancent leur magazine, NOTA

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    nota.jpgCe nouveau magazine, à la fois papier (distribué dans toutes les bibliothèques de la ville) et en ligne permet de montrer toute l'offre culturelle et d'animation de l'ensemble du réseau des bibliothèques de la ville : actualités, expositions, collections, nouveautés, offre culturelle vont alimenter un contenu qui sera aussi enrichi en ligne.

    La présentation régulière des métiers de l'institution sera aussi une des particularités de cette publication afin que le public comprenne mieux ce qui se passe derrière les espaces d'accueil de leurs bibliothèques : tout un entrelac d'activités, de tâches diverses et variées qui font appel à différents métiers.

    Offrir un regard sur la société grâce à la richesse des fonds documentaires possédés par les BM de Genève est un des défis de NOTA qui paraitra trois fois par an.

    Jean-Philippe Accart

    Site des BM de Genève

  • Dante à la Fondation Bodmer

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    700ans.jpgLa Fondation Bodmer possède une très riche et rare collection des œuvres de Dante Alighieri (plusieurs dizaines ) qu'il aurait d'ailleurs peut-être lui même pu feuilleter puisque sa propre bibliothèque est présentée. Plusieurs de ces œuvres n'ont jamais été montrées au public.

    Pour l'anniversaire des 700 ans de sa mort, la Fondation Bodmer propose trois parcours initiatiques de l'œuvre du célèbre écrivain italien qui en inspira d'autres et pas des moindres :  Pound, Mandelstam ou Borges entre autres. Lui-même s'inspira ou aurait pu s'inspirer - notamment pour le personnage de la célèbre Béatrice - d'autres auteurs classiques tels Virgile, Ovide ou Homère .

    "La Fabrique de Dante" est le nom de l'exposition et suggère une œuvre toujours en construction : comment lire Dante aujourd'hui ? C'est tout l'objet de cette exposition originale, et qui offre également à voir le portrait du célèbre artiste par Sandro Botticelli peint en 1495.

    Jean-Philippe Accart

    Fondation Bodmer : La fabrique de Dante | Fondation Martin Bodmer (fondationbodmer.ch)

     

  • Jean Huber, portraitiste de Voltaire

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    Jean_Huber_self-portrait.jpgJean Huber est un portraitiste genevois du XVIIIème siècle, il est connu pour avoir portraitiser la fine fleur des Lumières dont Voltaire. La Bibliothèque de Genève lui consacre un article sur son blog, écrit par .  Né il y a 300 ans, il est d'abord caricaturiste ce qui le rend populaire, l'art de la caricature devenant une manière de s'exprimer et de montrer les travers d'une société et des hommes qui la composent. 

    Avec Voltaire, la relation de Jean Huber n'est pas de cet ordre-là. Par l'intermédiaire de quelques amis, iI se rend dans ses résidences des Délices ou de Ferney pour le rencontrer, et met un certain empressement à réaliser différents portraits et scènes le concernant. Ce qui ne plait pas toujours au maître qui s'en plaint dans sa correspondance avec Mme Du Deffand.

    Jean Huber est connu pour avoir peint le célèbre Dîner des philosophes, et une collection de scènes peintes dites la «Voltairiade», dont le Voltaire et les paysans.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite de Wikipedia

  • Jeunesse, démocratie et accès au savoir

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    obama.jpgLe Congrès annuel de l’ALA, l’association américaine des bibliothèques, s’est tenu en ligne en juin dernier. C’est un des grands moments de la vie professionnelle outre atlantique, rassemblant 25 000 bibliothécaires en moyenne. Si Jill Biden a introduit le congrès, c’est Barack Obama qui le conclut avec un entretien court sur Youtube : à la question « Qu’est-ce qui lui donne espoir dans le monde actuel ?» il répond « La jeunesse ». Et de citer ses deux filles de 20 ans. Elles ont compris les problèmes du climat, et la jeunesse doit réinventer les institutions actuelles. « Les bibliothèques sont les citadelles de la connaissance », selon lui.

    Comment les bibliothèques participent-elles à la démocratie ? : par l’accès à l’information pour tous, de manière libre et sans contraintes, en donnant les moyens de comprendre le monde, et les clés pour le décrypter. Elles participent à la vie sociale, démocratique et numérique de la cité et d’un pays.

    L’article de Raphaëlle Bats cité en bibliographie donne de nombreuses pistes pour mieux comprendre ce que recouvre cette thématique essentielle, à l’ordre du jour.

    Jean-Philippe Accart

  • Les pigeons de Sylvie Moreillon

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    Sylvie Moreillon_01.jpegCertaines personnes sont dotées de talents multiples et redessinent pour nous le monde autrement, ou d'une autre manière que nous le percevons. Sylvie Moreillon est une artiste étonnante, déroutante et douée, à n'en point douter : elle va utiliser des objets industriels comme personne d'autre et les transformer sous nos yeux en objets artistiques. J'ai ainsi la joie de posséder une de ces créations, des signes peints en noir sur une grande toile industrielle blanche, achetée lors d'une exposition à La Grange à Jouxtens, près de Lausanne. Et pour mon anniversaire, j'ai droit à mon portrait signé S.M., il figure en bonne place sur mes réseaux sociaux.

    Son site vous donnera une idée de ses multiples réalisations et expositions récentes.

    Mais sa dernière création n'est pas moins étonnante que les précédentes : un petit opus de 40 pages sur... les pigeons publié aux Editions du Bourg et qui sortira le 1er décembre prochain. Il s'intitule "Les insolent-e-s de Colombine" et c'est assez drôle, joliment illustré on s'en doute, et on ne sait plus trop qui des pigeons ou des hommes notre auteure-artiste se moque. C'est donc un petit livre (par son format) réjouissant et bien amusant, dont quelques pages peuvent être feuilletées sur le site de l'éditeur.

    Jean-Philippe Accart

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Emotion, Faune, Humour, Suisse 0 commentaire
  • "Que sais-je?" : une octogénaire sur Youtube

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    que-sais-je-128-secondes-youtube.jpgIl n'y a pas d'âge pour se lancer sur les réseaux sociaux. La célèbre collection "Que sais-je ?" toujours bien vivante, déjà présente en format entièrement numérique - ce qui, au passage, est bien pratique pour les étudiants et les enseignants - lance sa chaîne Youtube dans un format inédit. Est-il utile de préciser que la collection, créée en 1941, est donc octogénaire...

    Appartenant au groupe Humensis, la chaîne proposera des formats vidéo courts, de 128 secondes correspondant aux 128 pages de chaque volume édité. Cinq épisodes seront publiés chaque semaine et diffusés via les réseaux sociaux. Ils seront tous inspirés d’un titre de la collection. Une première vidéo en date du 18 octobre aborde le thème des légendes urbaines.

    Pour son anniversaire, c'est un beau cadeau offert à la célèbre collection.

    Jean-Philippe Accart

     

  • "Transcrire" : le numérique au service des journaux de bord et écrits privés

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    amiel.jpgJournaux de bord, écrits intimes, récits personnels reviennent à la mode, ou sont de nouveau au goût du jour grâce à la technologie numérique. C'est le cas pour la plateforme "Transcrire" qui met à l'honneur les journaux de bord des ethnologues français du XIXè et du XXè siècles ayant voyagé en Afrique, en Europe ou au Mexique. Carnets de voyages, cartes, plans, lexiques sont ainsi rendus accessibles. Fabrice Melka, ingénieur au CNRS en France, est à l'origine de ce projet.

    Si ces documents sont rendus accessibles, cela ne veut pas dire qu'ils soient lisibles. L'objectif de la plateforme Transcrire est de travailler en mode collaboratif pour arriver à décrypter ces carnets. Des chercheurs, des spécialistes, des bibliothécaires, mais également des particuliers peuvent contribuer à déchiffrer les quelque 15 000 pages déjà numérisées. 400 personnes ont d'ores et déjà ouvert un compte en vue de collaborer à Transcrire.

    Dans une veine un peu différente, mais qui relève aussi du journal intime, la Bibliothèque de Genève fête celui de l'écrivain genevois Amiel qui a rédigé un journal intime de 17 000 pages. Un podcast à écouter a été réalisé à cette occasion.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration de la Bibliothèque de Genève

  • Les étés d'avant aux Bains des Pâquis

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    Paquis_02-700.jpgEn cette année 2021, l'été a fait faux bond, il est passé par là et repassera peut-être. Nul ne sait, la météo est capricieuse. Il est cependant possible de se rappeler les étés d'avant où la température élevée entraine tout le monde à se rafraichir et à profiter de l'eau. Alors quoi de mieux que les Bains des Pâquis, lieu emblématique genevois s'il en est. Faut-il rappeler les 500 m de plage en pleine ville, son SPA et ses événements culturels réguliers ?

    La bibliothèque patrimoniale de la ville, la Bibliothèque de Genève et son centre iconographique, conserve une collection de photographies anciennes que vous pouvez découvrir chaque samedi dans l'édition de la Tribune de Genève, rubrique "Genève au fil du temps". Créés en 1872, suivant en cela la vogue des bains que connait toute l'Europe, les Bains des Pâquis ont la particularité d'être en pleine ville, et leur mode ne se dément pas de génération en génération. Privés tout d'abord, la Ville de Genève en devient propriétaire en 1890. De nombreuses villes suisses offrent la possibilité de se baigner en plein centre ville : aux bords de l'Aare à Berne, ou sur le lac de Zürich. Une manière d'être proche de la nature.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration : Frank-Henri Jullien, Genève, bains des Pâquis, 1932
    Négatif positif noir/blanc sur plaque de verre, 13×18 cm, Bibliothèque de Genève inv. vg n13x18 07682

     

  • L’invention de « la lecture de plage »

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    vintage-beach-reading.jpgC’est avec le développement des transports, des loisirs et du tourisme que le concept de « lecture de plage » apparait, ce n’est donc pas un phénomène récent mais qui date du XIXème siècle. Les kiosques dans les gares proposent alors des romans dits faciles (les fameux « romans de gare »), et toute bonne librairie, à l’approche de l’été, dispose « les romans de l’été » dans un secteur dédié. Pour l’édition, c’est un des moments forts de l’année.

    Si l’on remonte aux racines mêmes du phénomène, c’est le développement des bains thermaux, des voyages de santé qui entérinent cette pratique plutôt donc réservée à une classe aisée et cultivée.  Avec le Front populaire en France, à partir de 1936, cette pratique devient un des éléments des vacances ouvrières, et des vacances tout court par la suite.

    Les « lectures de plage » n’ont en général pas la réputation d’être des lectures dites « sérieuses », mais de distraction : romans populaires, romans policiers rencontrent alors du succès. Ils ne demandent pas trop d’attention, ne sont pas faits spécialement pour se cultiver, mais pour distraire des heures de voyages en transports qui peuvent être longues ou des moments passés à la plage ou à la piscine. Certains de ces romans sont laissés dans les hôtels et constituent des bibliothèques pour d’autres voyageurs. Le livre est devenu au fil du temps un des éléments essentiels du voyage, qu’il soit papier ou numérique. De vraies « bibliothèques de plage » sont maintenant des émanations de certaines bibliothèques publiques, elles sont faites pour attirer des publics qui ne viennent pas toujours en bibliothèque.

    Et vous, quelles sont vos lectures de plage cet été ?

    Jean-Philippe Accart

  • "Modernités suisses" : une exposition au Musée d'Orsay à Paris

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    big.jpgUn saut en TGV à Paris, cela vous tente ? Avec la réouverture des musées, les expositions foisonnent, et celle sur les "Modernités suisses (1890-1914)" promet de belles (re(découvertes). Soutenue par  Swiss Life Asset Managers, l'Ambassade de Suisse et Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture. cette exposition va permettre à un large public de découvrir des artistes ou des oeuvres méconnues hors de Suisse, et ce n'est pas si souvent.

    Comme le souligne Paul Muller, historien de l'art, la scène artistique en Suisse au XIXè est d'une grande vitalité avec notamment Cuno Amiet, Giovanni et Augusto Giacometti, Felix Vallotton, ou encore Ernest Bieler ou Max Buri.

    C'est donc l'occasion de voir 70 chefs-d'oeuvre de cette période provenant essentiellement de collections publiques et privées suisses, certaines n'ayant jamais été montrées. L'exposition dure jusqu'au 29 juillet.

    Jean-Philippe Accart

    Voir la vidéo de présentation 

  • "Cadavres exquis" à Carouge

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    Les bibliothèques de Carouge proposent à leurs lecteurs de participer à un jeu littéraire en ligne, sous la forme de cadavres exquis (terminer une phrase commencée par un autre). Cela peut donner des résultats inattendus... 

    Ce jeu a été inventé en 1925 par le mouvement surréaliste, il peut se jouer seul ou à plusieurs (entre amis, en famille). Il peut animer une soirée et même être le sujet d'une pièce de théâtre comme "La Carpe et le Lapin", un cadavre exquis de Catherine Frot et Vincent Dedienne jouée en 2019.

    Sur leur site, les bibliothèques de Carouge expliquent à l'aide d'images comment cela peut être réalisé à plusieurs en venant à la bibliothèque, en choisissant chacun un ouvrage, les titres finissant par constituer une phrase. Mais d'autres manières de jouer sont également proposées...

    Jean-Philippe Accart

  • Pourquoi voyager ?

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    voyage-slider-300x188.jpgMême si nos envies de voyage ont dû être revues drastiquement (et parfois carrément supprimées), la question du voyage se pose. En effet, pourquoi voyager ? Depuis plus d'un an, valises, bagages et sacs de voyages reposent au fond des placards et des caves.  La plupart des Européens ont choisi (ou pas) de passer leurs vacances dans leur propre pays. En grande majorité et durant des périodes "normales", voyager loin de chez soi n'est cependant pas une pratique si courante que l'on croit.

    Ainsi, 94% des Français en 2020 sont restés... en France, et probablement les Suisses également. Les "grands" voyageurs ont une envie certaine de repartir, mais restent prudents. Ils redoutent la pagaille, la désorganisation et au final, de ne pas retrouver ce qu'ils ont connu.

    Voyager ne veut pas forcément dire "voyager loin", on peut aussi voyager par les livres, les films, les rencontres. Le voyage initiatique est toujours à la mode ("voyager forme la jeunesse"), mais il semble que le voyage soit lié au mode de vie de nos sociétés, au travail (comme une sorte d'échappatoire). Le tourisme en lui-même est devenu très narcissique, car l'on affiche ses photos sur Instagram ou Facebook, ce qui entraine l'arrivée de masses de touristes sur les mêmes sites.

    L'impact écologique est devenu un des enjeux majeurs du voyage : voyager moins loin ou plus longtemps (afin de prendre des moyens de transports moins dévoreurs d'énergie), réfléchir à deux fois avant de prendre l'avion. Toutes ces questions se posent à l'heure actuelle.

    Jean-Philippe Accart

    Voir aussi : Fil Santé Jeunes et Pourquoi voyager nous manque-t-il tant ? (Les Echos Weekend, n°257, p.67)

  • La bibliothèque itinérante de Napoléon

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    2649800268.jpgNapoléon, grand lecteur, aimait partir en campagne ou en déplacement  avec sa bibliothèque personnelle, selon les historiens. Comme il souhaite avoir à sa disposition un choix conséquent d'ouvrages divers, il fait concevoir spécialement pour lui, des bibliothèques itinérantes (voir illustration) pouvant contenir des ouvrages de petits formats, avec un dos relié, en cuir très souple, très manipulables.

    En juillet 1803, il passe ainsi commande à Antoine-Alexandre Barbier, son bibliothécaire particulier :  « C’est l’intention de Sa Majesté de faire imprimer ces œuvres pour son usage spécial et afin d’économiser l’espace, qu’il n’y ait pas de marge ». Ces ouvrages sont contenus dans des caisses recouvertes de cuir et garnies de velours. Une caisse contient alors soixante petits volumes et un catalogue permet de les retrouver.

    Tout jeune, et pas encore empereur, Bonaparte entretient des relations étroites avec plusieurs éditeurs afin d'obtenir des ouvrages. L'éditeur Borde à Genève lui fournit ainsi les écrits de Jean-Jacques Rousseau. Plus tard, pendant la campagne d'Egypte, il emporta avec lui les titres suivants:

    - Le cours d'études par Condillac,
    - Les Œuvres diverses d Arnaud,
    - Les Essais de Bacon,
    - De l'influence des passions par Mme de Staël,
    - Les visions philosophiques par Mercier

    Installé ensuite à Malmaison avec Joséphine de Beauharnais, il crée sa bibliothèque personnelle de 5 à 6 000 ouvrages, qui furent ensuite dispersés. Seuls quelques-uns partirent avec lui lors de son exil à Saint Hélène.

    Jean-Philippe Accart

  • Entrez dans l'univers du Béjart Ballet Lausanne en ligne

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    bbl.jpgL'univers de la danse n'est pas à la fête, à l'instar des autres arts du spectacle ! Pour pallier ce manque ou l'attente du public, le Ballet Béjart Lausanne lance plusieurs initiatives qui retiennent toute l'attention des amateurs et des amoureux de la danse. Sur la page Facebook du ballet, il est possible de visionner quelques ballets en ligne (le prochain, la Flute enchantée du 16 au 19 avril). Il est également possible de s'abonner pour une trentaine de francs à la télévision Bejart.tv : sur scène et derrière le rideau, c'est toute la vie de la troupe qui apparait sous nos yeux. L’abonnement sera alimenté par des documentaires, des « Coups d’œil-Clins d’œil » de ballets du répertoire, des vidéos d’archives et d’autres propositions filmographiques.

    Jean-Philippe Accart

  • Voyager grâce à la littérature

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    logobabelio.pngLe site Babelio a eu l'idée originale de créer une carte interactive de la littérature mondiale : il suffit de cliquer sur un pays pour accéder aux livres référencés sur le site. Pour la littérature suisse, 1328 ouvrages sont recensés : l'ouvrage de Martin Suter "Le cuisinier" fait l'objet d'un résumé et de 69 critiques. 

    Le site Babelio est un site collaboratif, c'est-à-dire que tout un chacun peut y apporter sa contribution, notamment par une critique. C'est aussi un excellent moyen de se faire une idée sur un ouvrage que l'on souhaite consulter, acheter ou lire. 

    Des centaines de milliers d'ouvrages sont donc signalés, pour le plus grand bonheur des amoureux de la littérature... et des voyages.

    Jean-Philippe Accart

  • Nom de code : Lontad. La numérisation des Archives de la SDN

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    SDN.jpgLa Société des Nations (SDN) a été créée à Genève en 1919 après la Première Guerre mondiale : c'est la première organisation intergouvernementale pour la paix et la coopération, qui a conduit à une institutionnalisation des relations internationales telles que nous les connaissons. Ses activités sont reprises ensuite en 1946 par l'Organisation des Nations-Unies (ONU). Les archives de la SDN sont déposées à l'ONU qui a commencé en 2018 leur numérisation.

    Quelques chiffres-clés : les archives de la SDN représentent 15 millions de pages, 500 000 unités documentaires et mesurent près de 3 kilomètres linéaires. En 2009, l'importance historique des archives de la Société des Nations est reconnue par l'UNESCO, avec son inscription sur le Registre de la Mémoire du monde. Elles témoignent de la coopération entreprise par les diplomates, les agents et les premiers fonctionnaires internationaux pour garantir la paix et la sécurité.

    Le projet Lontad - nom de code du projet de numérisation - court jusqu'en 2022, ce qui rendra ainsi possible l'accès à ces archives aux chercheurs, historiens et au grand public.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration : Archives de la Société des Nations dans la salle de lecture John D. Rockefeller à l'Organisation des Nations Unies de Genève.

  • De 1912 à 1980, l'ETH et la redécouverte de son patrimoine cinématographique

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    Mittelholzer_Porträt.jpgLes films tournés et produits au tout début du cinéma envahissent Internet et les réseaux sociaux, et nous font découvrir, le plus souvent en version colorisée et restaurée, la vie des contemporains de cette époque : les détails ainsi plus apparents mettent en valeur des ambiances, des atmosphères. Il ne manque que le son.

    Hormis les cinémathèques, d'autres institutions possèdent des trésors audiovisuels qu'elles remettent au goût du jour. C'est le cas de l'Ecole polytechnique de Zürich et de son département Image Archive qui proposent depuis peu une série de courts métrages ou de petits films remontant à 1912 jusqu'à 1980 et pouvant être visualisés sur leur site

    On découvre ainsi avec bonheur l'expédition au Groenland de l'explorateur de l'Arctique Alfred de Quervain (1912) ou les éclipses solaires des années 1960 et 1970 avec le chercheur Max Waldmeier. Les films comprennent également d'autres faits marquants de l'histoire de l'ETH Zurich, tels que «Bau- Film über die Erweiterung des Maschinenlaboratoriums» (Film de construction sur l'agrandissement du laboratoire de machines; 1931) et «Der Eidophor: die bildspendende Flüssigkeit» (Le Eidophor: liquide de projection d'images; vers 1944).

    Les films rares de Walter Mittelholzer, issus du domaine privé, sont présentés. Ceux-ci vous emmèneront, par exemple, sur un vol en Afrique du Nord en novembre / décembre 1932, ou sur divers circuits à ski entrepris par le pionnier de l'aviation en Suisse et en Autriche dans les années 1930.

    Jean-Philippe Accart

    Ill. Musée national suisse. Le pilote et photographe Walter Mittelholzer

  • Les 20 ans de Wikipedia

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    Cette semaine voit l'anniversaire de la création de l'encyclopédie libre en ligne il y a 20 ans, Wikipedia. Très décriée à ses débuts comme peu crédible, elle est maintenant utilisée par toutes et tous, de 7 à 77 ans, voire plus. Elle a même détrôné les grandes encyclopédies universelles telle l'Universalis (qui existe toujours cependant sous format numérique, mais a abandonné sa forme papier).

    Il est vrai que le format numérique est particulièrement adapté à ce type d'outil bibliographique, notamment pour la mise à jour des informations, plus souple et moins coûteuse que le recours à des éditions papier successives. Même si les encyclopédies reliées, avec de nombreux volumes ont fait les beaux jours de certaines bibliothèques (personnelles ou publiques), Wikipedia y a mis fin.

    Le modèle économique de Wikipedia est fondé sur l'écriture d'articles par des bénévoles, articles qui sont ensuite revus, corrigés ou amendés par une communauté *.  Les articles de l'encyclopédie peuvent être copiés librement, tout en citant bien sûr la source. A l'heure actuelle, Wikipedia en français, c'est plus de deux millions d'articles et plus de 20 000 contributeurs. L'article sur Genève est particulièrement complet et sa dernière mise à jour date du 18 janvier 2021.

    Jean-Philippe Accart

    Pour aller plus loin, voir l'ouvrage de Guy Delsaut, aux Editions Klog, et celui de Rémy Mathis aux éditions First consacrés à Wikipedia

    * Certaines bibliothèques organisent périodiquement des ateliers d'écriture Wikipedia, telle la Bibliothèque de Genève

  • Les bibliothèques se transforment : changer les clichés

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    Les-strategies-de-transformation-des-bibliotheques.jpgComme évoqué dans un précédent billet ("Le nouvel horizon des bibliothèques suisses"), les bibliothèques scientifiques suisses - soit quelque 470 d'entre elles - ont basculé depuis le 7 décembre dernier dans l'ère des plateformes de services sur l'ensemble du territoire helvétique. L'émission TTC de la RTS a abordé la question de manière un peu succincte et approximative en évoquant des bibliothèques poussiéreuses. Il aurait fallu que l'enquête soit un peu mieux menée et connaitre les bibliothèques en question : depuis des décennies, elles suivent de près les évolutions informatiques pour offrir le meilleur service à leur utilisateurs, elles proposent des ebooks et des accès électroniques à des millions de référence en ligne, elles forment étudiants et enseignants à l'usage de ces ressources en ligne, elles numérisent leurs fonds documentaires tel le projet de la Bibliothèque nationale e-newspapers soit 144 titres de presse numérisés. Sans oublier tous les projets d'archives en Open access (soit les écrits universitaires enregistrés dans des dépôts en ligne).

    Toutes ces transformations sont relatées dans mon dernier livre "Les stratégies de transformation des bibliothèques" qui vient de sortir aux Editions ISTE .Il permet, notamment, de mettre à mal certains clichés qui ont la vie dure...

    Jean-Philippe Accart