Air du temps

  • De 1912 à 1980, l'ETH et la redécouverte de son patrimoine cinématographique

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    Mittelholzer_Porträt.jpgLes films tournés et produits au tout début du cinéma envahissent Internet et les réseaux sociaux, et nous font découvrir, le plus souvent en version colorisée et restaurée, la vie des contemporains de cette époque : les détails ainsi plus apparents mettent en valeur des ambiances, des atmosphères. Il ne manque que le son.

    Hormis les cinémathèques, d'autres institutions possèdent des trésors audiovisuels qu'elles remettent au goût du jour. C'est le cas de l'Ecole polytechnique de Zürich et de son département Image Archive qui proposent depuis peu une série de courts métrages ou de petits films remontant à 1912 jusqu'à 1980 et pouvant être visualisés sur leur site

    On découvre ainsi avec bonheur l'expédition au Groenland de l'explorateur de l'Arctique Alfred de Quervain (1912) ou les éclipses solaires des années 1960 et 1970 avec le chercheur Max Waldmeier. Les films comprennent également d'autres faits marquants de l'histoire de l'ETH Zurich, tels que «Bau- Film über die Erweiterung des Maschinenlaboratoriums» (Film de construction sur l'agrandissement du laboratoire de machines; 1931) et «Der Eidophor: die bildspendende Flüssigkeit» (Le Eidophor: liquide de projection d'images; vers 1944).

    Les films rares de Walter Mittelholzer, issus du domaine privé, sont présentés. Ceux-ci vous emmèneront, par exemple, sur un vol en Afrique du Nord en novembre / décembre 1932, ou sur divers circuits à ski entrepris par le pionnier de l'aviation en Suisse et en Autriche dans les années 1930.

    Jean-Philippe Accart

    Ill. Musée national suisse. Le pilote et photographe Walter Mittelholzer

  • Les 20 ans de Wikipedia

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    Cette semaine voit l'anniversaire de la création de l'encyclopédie libre en ligne il y a 20 ans, Wikipedia. Très décriée à ses débuts comme peu crédible, elle est maintenant utilisée par toutes et tous, de 7 à 77 ans, voire plus. Elle a même détrôné les grandes encyclopédies universelles telle l'Universalis (qui existe toujours cependant sous format numérique, mais a abandonné sa forme papier).

    Il est vrai que le format numérique est particulièrement adapté à ce type d'outil bibliographique, notamment pour la mise à jour des informations, plus souple et moins coûteuse que le recours à des éditions papier successives. Même si les encyclopédies reliées, avec de nombreux volumes ont fait les beaux jours de certaines bibliothèques (personnelles ou publiques), Wikipedia y a mis fin.

    Le modèle économique de Wikipedia est fondé sur l'écriture d'articles par des bénévoles, articles qui sont ensuite revus, corrigés ou amendés par une communauté *.  Les articles de l'encyclopédie peuvent être copiés librement, tout en citant bien sûr la source. A l'heure actuelle, Wikipedia en français, c'est plus de deux millions d'articles et plus de 20 000 contributeurs. L'article sur Genève est particulièrement complet et sa dernière mise à jour date du 18 janvier 2021.

    Jean-Philippe Accart

    Pour aller plus loin, voir l'ouvrage de Guy Delsaut, aux Editions Klog, et celui de Rémy Mathis aux éditions First consacrés à Wikipedia

    * Certaines bibliothèques organisent périodiquement des ateliers d'écriture Wikipedia, telle la Bibliothèque de Genève

  • Les bibliothèques se transforment : changer les clichés

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    Les-strategies-de-transformation-des-bibliotheques.jpgComme évoqué dans un précédent billet ("Le nouvel horizon des bibliothèques suisses"), les bibliothèques scientifiques suisses - soit quelque 470 d'entre elles - ont basculé depuis le 7 décembre dernier dans l'ère des plateformes de services sur l'ensemble du territoire helvétique. L'émission TTC de la RTS a abordé la question de manière un peu succincte et approximative en évoquant des bibliothèques poussiéreuses. Il aurait fallu que l'enquête soit un peu mieux menée et connaitre les bibliothèques en question : depuis des décennies, elles suivent de près les évolutions informatiques pour offrir le meilleur service à leur utilisateurs, elles proposent des ebooks et des accès électroniques à des millions de référence en ligne, elles forment étudiants et enseignants à l'usage de ces ressources en ligne, elles numérisent leurs fonds documentaires tel le projet de la Bibliothèque nationale e-newspapers soit 144 titres de presse numérisés. Sans oublier tous les projets d'archives en Open access (soit les écrits universitaires enregistrés dans des dépôts en ligne).

    Toutes ces transformations sont relatées dans mon dernier livre "Les stratégies de transformation des bibliothèques" qui vient de sortir aux Editions ISTE .Il permet, notamment, de mettre à mal certains clichés qui ont la vie dure...

    Jean-Philippe Accart

  • Le nouvel horizon des bibliothèques suisses

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    slspreal.pngLe 7 décembre prochain, la presque totalité des grandes bibliothèques scientifiques suisses (Universités, Grandes et Hautes écoles) vont utiliser un nouveau système de gestion intégré (SIGB) qui, pour le public, s'appellera "Swisscovery" (un outil de découverte adapté à la Suisse). A Genève, sont concernés principalement la Bibliothèque de Genève, l'Université de Genève et les Hautes écoles (HEPIA; HEAD; HETS; HEG...). Ce système va remplacer les systèmes existants Rero et Nebis.

    Swiss Library Service Platform (SLSP) est la plateforme qui va gérer ce système et les nouveaux services qui sont intégrés, notamment le prêt entre bibliothèques. Ainsi, depuis presque deux années, 475 bibliothèques scientifiques et 2500 bibliothécaires travaillent d'arrache-pied pour la réussite du projet SLSP. La société SLSP AG dont le siège est à Zürich réunit tous les partenaires concernés qui en sont actionnaires. La Confédération helvétique finance également ce projet d'envergure.

    C'est un changement de paradigme avec l'arrivée de cette nouvelle plateforme nationale de services. Pour celles et ceux qui voudront emprunter des documents ou les faire venir chez eux ou dans leur bibliothèque, il faudra se réinscrire (le mieux est de consulter la page web de sa bibliothèque). Des millions de documents seront ainsi accessibles et consultables pour la partie ressources électroniques (en étant affilié à une université).

    C'est donc un nouvel horizon qui s'annonce pour les bibliothèques suisses.

    Jean-Philippe Accart

  • Annemarie Schwarzenbach : "Départ sans destination"

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    Annemarie-Schwarzenbach_c103c35415.jpgC'est le titre de l'exposition photographique que le Centre Paul Klee à Berne consacre à cette voyageuse impénitente que fut la Zürichoise à partir des années 1930. A la fois voyageuse, écrivaine et journaliste, elle est aussi photographe et témoigne donc de son temps au travers de son Leica.

    Les Archives littéraires suisses conservent 7 000 de ses clichés, dont certains sont en ligne, et c'est un vrai bonheur de naviguer de l'Orient à l'Afrique et aux Amériques avec elle, en compagnie parfois d'une autre voyageuse célèbre, Ella Maillart (elles accomplirent ensemble en 1939 un voyage qui les mena en Iran et en Perse à bord d'une Ford).

    Annemarie Schwarzenbach écrit beaucoup (plus de 300 articles parus dans la presse suisse de l'époque) et accompagne ses textes de ses propres photos, très révélatrices des différents moments des nombreux voyages effectués : scènes de voyages, traversée d'un fleuve, personnages typiques notamment Orientaux, des mosquées ou les célèbres Bouddhas de Bamiyan... Elle préfigure en fait le métier de reporter et son oeuvre reste à (re)découvrir.

    Jean-Philippe Accart

    Image : www.zpk.org

  • L'art se met au virtuel

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    pompei-750.jpgPar ces temps où le voyage est devenu plus compliqué ou difficile à réaliser, il existe des moyens de découvrir des lieux historiques ou des expositions depuis son propre salon ou à distance. La technologie de la réalité virtuelle ou celle de la réalité augmentée sont alors utilisées, ce qui demande d'être équipé d'un casque adéquat. Certains Escape Game proposent aussi des jeux avec la réalité virtuelle.

    Le Grand Palais à Paris a prolongé jusqu'au 2 novembre 2020 son exposition sur Pompéi. La revue Arts in the City décrit l'expérience virtuelle vécue par un de ses journalistes : "Le visiteur se retrouve au cœur d'une somptueuse domus pompéienne pour observer chaque détail, du sol au plafond, en passant par le mobilier, dans une immersion à 360° étonnamment réaliste, accompagné par les commentaires du narrateur".

    De nombreuses autres expériences peuvent être vécues virtuellement, ce que rassemble le site ADN Innovation avec une sélection de 10 grands sites de par le monde que tout un chacun a envie de visiter : le Taj Mahal en Inde, les temples de Bagan en Birmanie, le Museum of Modern Art (MOMA) de New York...

    Enfin, parlons de ces magnifiques expositions proposées par l'Atelier des Lumières à Paris, ou les Bassins de Lumières à Bordeaux qui projettent des oeuvres d'art sur une grande échelle rendant l'expérience saisissante, notamment celle en cours sur Gustav Klimt.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration : site Naples-Campanie

  • Un nouveau mot à votre vocabulaire : "l'infodémie"

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    infodémie.jpgEn juin dernier, sur ce même blog, je vous parlais des nouveaux mots 2020 de la langue française. Mais la langue française est bien vivante, comme on le sait, et à peine la pandémie qui nous atteint arrivée, c'est l'OMS qui s'est chargée, devant l'afflux d'informations engendré, de créer un nouveau mot : l'infodémie, soit l'information en temps de pandémie...

    L'infodémie est pléthorique et envahit notre quotidien, tant et si bien qu'il est difficile de savoir qui croire. Tout (et son contraire) est affirmé par tel ou tel expert (ou soi-disant expert), et il devient difficile, voir impossible, de se faire une opinion juste des événements actuels. Cela crée un malaise, une incertitude, voire une angoisse.

    Ce phénomène d'infodémie n'est pas récent. Il correspond à une "info-obésité" créée par Internet, puis par les réseaux sociaux, et enfin par les smartphones, avec une information qui arrive en temps réel et de manière continue. Le site Siècle Digital annonce que moins d'un Français sur 4 a confiance dans les médias. Et que Facebook est leur première source d'information. Je vous laisse juge d'intégrer ou non cette information...

    Jean-Philippe Accart

    Voir le blog de l'OMS sur l'infodémie

    Ill. extraite du site lacroix.com

     

     

     

     

  • Le voyage autrement : lire les villes

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    Best+Books+Set+in+Malta+Cover.png"Reading the City" (Lire la ville) est un joli projet en ligne pour les amoureux des villes, de l'urbanisme et des voyages. La devise du site est : "Travel by book. Find a new perspective. Discover book recommendations to guide your next trip."

    Laissons la créatrice du projet, Julia Feld, s'expliquer : "Je suis celle qui lit tous les commentaires, les recommandations de livres reçues et qui façonne Reading the City. Ce projet a d'abord commencé comme un cours où Gabriel Feld, mon père, accompagnait les étudiants à travers différentes villes du monde, de Buenos Aires à New York. J'ai écouté beaucoup de ses cours, donc peut-être sans surprise, lorsque j'ai étudié à l'Université de Columbia, ma curiosité pour l'environnement urbain a continué.

    Là où mon père se concentre sur l'environnement bâti et l'architecture du paysage urbain, je plonge dans les éléments plus sociologiques et psychologiques de la vie urbaine. Reading the City est un projet qui vise à nous permettre de voir les nombreuses fibres qui composent les villes - d'un point de vue architectural, aux récits de personnages et de personnes à travers des recommandations de livres, à des visites à pied autoguidées pour approfondir le contexte de l'urbain expérience. Ce projet est actuellement dans une phase très initiale."

    Allez découvrir Reading the City et pourquoi pas participez à ce projet collaboratif. Il est présent aussi sur Facebook, Instagram et Pinterest.

    Jean-Philippe Accart

  • Le smartphone, cet objet qui nous définit si bien

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    smart.pngLe smartphone est un objet essentiel du quotidien, utilisé par des milliards de personnes de par le monde, et sa fin ne semble guère proche. Même si la technologie avance vite, on ne voit pas pour l'instant par quoi il pourrait être remplacé : les lunettes connectées ne sont plus à la mode, il n'y a plus guère que la puce électronique implantée sous la peau qui aurait un avenir. A voir...

    Nicolas Nova dans son dernier livre paru chez MetisPresses (qui est aussi téléchargeable gratuitement) nous livre un brillant essai de presque 400 pages sur l'utilisation de cet objet qui nous définit si bien : pour lui, l'utilisation continuelle du smartphone n'est pas tant une addiction qu'un acte compulsif, où nous serions à la recherche sans fin de nouveautés. Les notifications que nous recevons de manière constante (un nouveau message, un Like, un Whatsapp...) sont autant de manières d'attirer - et de détourner - notre attention. Si le déficit d'attention est bien étudié chez l'enfant ou l'adolescent (on parle du "syndrome du poisson rouge" qui ne dépasse pas huit secondes d'attention par information reçue), celui de l'adulte reste encore un champ d'exploration.

    L'auteur est professeur à la HEAD, il est aussi fondateur d'une agence de prospective. Son livre s'appuie sur une étude de terrain sur trois continents (à Genève, Tokyo et Los Angeles) et il étudie le smartphone sous l'angle de plusieurs facettes à découvrir...dans son livre.

    Jean-Philippe Accart

  • Les mots 2021 de la langue française

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    rober2021.pngLes dictionnaires ont beau être d'anciennes institutions littéraires, elles intègrent cependant les nouveaux termes qui rentrent chaque année dans la langue française, par le biais du langage parlé ou de la presse ou de l'édition. C'est en réalité un reflet de l'époque. 

    On ne sera donc pas très étonné de voir apparaitre dans l'édition 2021 du Petit Robert, des termes tels que Covid, téléconsultation ou déconfinement... Quand au Larousse 2021( soit plus de 70 000 définitions), ce ne sont pas moins de 150 nouveaux mots qui sont intégrés : féminicide, Black Blocks, dégagisme sont parmi les plus frappants.

    Avec le numérique, ces dictionnaires ont bien tiré leur épingle du jeu, même s'ils conservent des éditions papier : on les retrouve bien entendu en ligne pour le Robert  (soit plus de 40 produits en ligne) ou le Larousse.

    Qui a dit que les dictionnaires étaient morts ?

    Jean-Philippe Accart

  • Le voyage a-t-il encore un sens ?

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    IMG_6881.jpegC'est la question à se poser en ce moment, et c'est celle que pose la revue en ligne Helvetia Historica. D'après un sondage cité par la RTS ce jour, 32% des Suisses croient encore qu'ils vont faire des voyages lointains cet été... Il faudrait d'abord attendre que les frontières ouvrent de nouveau, que les transports fonctionnent correctement, et que les avionneurs acceptent les réservations pendant l'été, ce qui ne semble pas être le cas.

    Alors Helvetia Historica propose de se tourner vers... la Suisse et quoi de mieux en effet. Bien sûr il n'y a pas la mer, mais il y a les lacs ; les randonnées en montagne remplacent aisément les marches dans le désert ; et avec le réchauffement climatique, les canicules estivales en Europe n'ont rien à envier aux Tropiques.

    Les musées et les bibliothèques vont ouvrir, donc il y a amplement de quoi se cultiver... et de, pourquoi pas, s'ennuyer un peu.

    Peut-être - sûrement - est-ce aussi une manière de redécouvrir son propre pays et d'en profiter pleinement, à la fois physiquement et intellectuellement. Cela vaut la peine d'y réfléchir.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site Helvetia Historica

  • Lisez maintenant...!

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    imagepapierebook.jpgEn ces temps incertains, d'enfermement, tout d'un coup une faim de musique, de spectacle, de film s'empare de tout un chacun. Et on peut vraiment l'assouvir sans trop de peine, vu les multiples diffusions télévisuelles ou sur les réseaux sociaux : beaucoup d'artistes y vont de leur chanson en live, voire d'un mini-spectacle en ligne, d'un concert improvisé...

    Mais quid de la lecture ? Les librairies sont fermées, on peut bien sûr commander des livres papier en ligne, de préférence à des libraires indépendants... et en Suisse, à Genève, ils sont nombreux à le proposer (Voir ce site). Mais pour ceux qui n'ont guère l'envie ou les moyens financiers, il existe d'autres possibilités, notamment le prêt numérique de livres (par des bibliothèques) ou le téléchargement gratuit de livres (oui c'est possible !): Bibliomedia a ainsi lancé la plateforme e-bibliomedia et si vous êtes inscrit dans une bibliothèque publique, vous pouvez bénéficier du prêt numérique (le livre est mis à disposition en ligne pendant une certaine période). Autre possibilité, le livre numérique à télécharger gratuitement sur votre ordinateur : le site Outilstice donne la liste complète des sites où c'est rendu possible pendant cette période à la maison. Alors, plus d'excuses pour ne pas lire...

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site Librinova

    Autre billet sur ce blog avec : Le livre en streaming

  • Une société où l'on s'expose en permanence

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    La-Societe-d-exposition-Desir-et-desobeiance-a-l-ere-numerique.jpgC'est l'objet du dernier ouvrage publié par Bernard E. Harcourt et l'actualité récente en est la preuve flagrante. Tout un chacun livre ses secrets sans vraiment en avoir conscience, grâce aux traces laissées sur nos tablettes, ordinateurs et autres smartphones. Le moteur principal de ce dévoilement intime est, d'après l'auteur, le plaisir. Bernard E. Harcourt est philosophe, de nationalité franco-américaine. Il est professeur de droit et de philosophie politique à Columbia University, à New York, et directeur d’études à l’EHESS, à Paris.

    Pour vivre heureux, vivons... exposés… et cela rend les individus heureux (certains) : le réseau social Instagram en est la preuve flagrante. À l’ère numérique, livrer en pâture les moindres recoins de sa vie privée sur Facebook, Twitter ou Instagram, permet de jouir d'une certaine "aura" numérique. L'auteur détaille pour nous ce lien entre une exposition constante et le plaisir qu'il procure... et c'est passionnant. Sera-t-il possible de s'en défaire ? Rien n'est moins sûr.

    Jean-Philippe Accart

    La Société d’exposition. Désir et désobéissance à l’ère numérique, de Bernard E. Harcourt, traduit de l’anglais (États-Unis) par Sophie Renaut, coll. La Couleur des idées, éd. du Seuil, 336 p.
  • Genève, la Ville-Monde

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    geneva.jpgPhilippe Burrin, personnalité de la Genève internationale, laisse sa place de directeur de l'IHEID et livre, dans son discours de départ, sa vision de Genève comme ville-monde. On peut trouver son discours in extenso sur le site d'Heidi News et c'est passionnant ! 

    Il débute son propos en citant Dostoïevski, un temps résidant genevois et qui en dresse un portrait pour le moins contrasté où l'on reconnait assez peu la Genève actuelle. L'arrivée de la Société des Nations (SDN) change bien évidemment ce portrait et insère Genève - et la Suisse ! - dans le concert des nations après la 1ere Guerre mondiale, ce qui ne s'est pas démenti depuis. P. Burrin cite à bon escient l'influence de Paul Otlet, père de la documentation et universaliste de renom, voyant dans Genève, la future capitale du monde (la Cité mondiale).

    Ce projet n'aboutit pas, mais après 1950, l'ONU installe son agence européenne, et 184 organisations internationales voient le jour, occupant quelque 25 000 fonctionnaires internationaux...

    Et enfin, pour citer Philippe Burrin lui-même : "La ville tient une place de premier plan dans le système de gouvernance globale parce qu’elle est à la fois une enceinte de négociation multilatérale et un centre d’opérations qui s’étendent au monde entier (travail, migrations, santé etc). Elle est à la fois l’une des plus petites villes mondiales et l’une des plus importantes, sinon la plus importante par rapport à sa population."

    Jean-Philippe Accart

     

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève, Histoire, Humeur, Temps 0 commentaire
  • Photos : «Nous, saisonniers, saisonnières… Genève 1931-2019»

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    saisonnier.jpgGenève ne serait pas Genève sans ceux qui l'ont construite, aménagée, réparée... dans un passé encore pas si lointain, et notamment ces travailleurs saisonniers provenant de toute l'Europe, représentant au fil des ans plusieurs milliers de personnes. La libre circulation était encore loin, et ces travailleurs avaient besoin d'un permis de travail temporaire. Ils venaient généralement sans leurs familles, ou en les cachant. Beaucoup de femmes étrangères (entre 8 000 à 12 000) ont ainsi travaillé pour les familles aisées de Genève.

    L'espace culturel Le Commun au sein du Musée d’art moderne et contemporain de Genève (MAMCO) nous le rappelle a bon escient au travers de cette exposition sous l'angle de belles photographies en noir et blanc qui parlent d'elles-mêmes. Elles s'étalent sur une longue période, plus de 70 ans, et rendent un bel hommage à ces hommes et ces femmes, que les sociologues nomment comme étant un sous-prolétariat.

    Evidemment, Genève n'est pas une exception, beaucoup d'autres villes et d'autres pays ont fait appel à ce type de main d'oeuvre. Mais peu rendent hommage de cette manière à ces travailleurs et travailleuses, avec humanité.

    Jean-Philippe Accart

    Plus d'informations dans l'article de Daniele Mariani "Le travail précaire au temps des saisonniers" publié sur Swissinfo le 19 novembre 2019

     

     

  • La presse numérisée en Suisse : une opération d'envergure de la Bibliothèque nationale

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    A l'heure où des titres de presse disparaissent ou laissent la place à la presse en ligne, la Bibliothèque nationale suisse a lancé depuis une dizaine d'années une opération d'envergure de numérisation de la presse suisse. Dorénavant, ce sont 115 titres soit plus de 4 millions de pages et 36 millions d'articles de presse qui sont sauvegardés pour - on ose le croire - l'éternité.

    Ce travail a pu être réalisé dans le temps avec plusieurs partenaires, les titres de presse eux-mêmes (tel Le Temps) ou des institutions (La Médiathèque Valais). On peut consulter le site créé à cet effet : www.e-newspaperarchives.ch. Une carte de la Suisse permet de visualiser l'étendue de la collection.

    Lire la suite

  • L'histoire de Genève sous le prisme de ses bibliothèques

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    jvr-ombre-1.jpgPeu de Genevois le savent, mais leur ville est une des plus riches au monde en terme documentaire : les collections de ses bibliothèques, et ce depuis au moins de deux siècles, comptabilisent le plus grand nombre d'ouvrages par habitant, constituant un patrimoine documentaire, littéraire et scientifique inégalé. A l'heure où l'on parle de numérique, ces collections papier existent toujours, et occupent un grand nombre de professionnels : doit-on voir dans cette richesse documentaire une des clés de la réussite de Genève puisqu'elle nourrit les milliers d'étudiants et de professeurs ? Certainement. L'habitant lambda n'est pas exclu puisque le réseau des bibliothèques municipales de Genève est lui aussi très dynamique.

    La maison d'édition genevoise L'Esprit de la lettre publie un ouvrage à quatre mains intitulé "Histoire d’une (r)évolution | L’informatisation des bibliothèques à Genève 1963 – 2018 : là aussi, peu de Genevois le savent, mais l'histoire des bibliothèques suit de près celle de l'informatique. Plus rien - ou très peu - de transactions au sein d'une bibliothèque a à voir avec le papier : tout est informatisé par des systèmes de gestion de bibliothèques performants qui permettent de réaliser une multitude d'opérations.

    Les auteurs de cet ouvrages ont participé activement à l'évolution des bibliothèques genevoises, et il faut leur rendre cet hommage-là : ils ont accompagné toutes les transformations depuis une bonne quarantaine d'années, Alain Jacquesson en tant directeur de la Bibliothèque de Genève et Gabrielle Von Roten de l'Université de Genève.

    Sur le chemin de l'histoire, Genève peut aussi être vue sous le prisme de ses bibliothèques.

    Jean-Philippe Accart

  • Votre journal a 140 ans !

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    topelement.jpgLe saviez-vous ? La Tribune de Genève fête ses 140 ans cette année : autant dire que par les temps qui courent, c'est un exploit et c'est bien sûr grâce à ses lecteurs et ses journalistes. Souhaitons-lui encore 140 ans d'existence !

    La Bibliothèque de Genève, bibliothèque patrimoniale, a numérisé la TdG de 1879 à 1920, en attendant l'entier de la collection. Une autre bibliothèque, la Bibliothèque nationale suisse, a entrepris un vaste projet de numérisation de la presse suisse, travail titanesque (87 journaux numérisés) que l'on peut retrouver sur le site e-newspaperarchives

    La Tribune de Genève est donc un des plus anciens quotidiens suisses encore publié, et vous retrouverez régulièrement dans ces colonnes les événements qui ont jalonnés l'histoire de Genève, et bien sûr l'histoire mondiale.

    En illustration, la première une du 1er février 1879, un régal !

    Jean-Philippe Accart

     

     

     

  • Etes-vous "Brut" ?

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    brut.pngLa question est peut-être brut...ale, mais si vous avez plus de 35 ans, n'êtes pas sur les réseaux sociaux, vous avez peu de chance d'en avoir entendu parler. Il s'agit en réalité d'un nouveau support d'information - un nouveau média - créé par des journalistes télé (parmi lesquels d'anciens de Canal+) qui est 100% vidéo et 100% réseaux sociaux (donc pas de papier, pas d'édition numérique). Concrètement cela donne quoi ? L'information - quelle qu'elle soit - est traitée dans une vidéo très courte de quelques minutes et traite indifféremment de politique, d'une catastrophe, d'une guerre ou de la vie d'une star de l'écran.

    La rédaction de Brut est entre Paris et New York, il y a maintenant un Brut America, un Brut India, un Brut UK, un Brut Mexico. Au quotidien, une vingtaine de vidéos sont réalisées et diffusées sur Facebook, Youtube, Instagram, Twitter, Snapchat... Brut se rémunère en produisant des films publicitaires.

    L'époque de l'instantanéité, du tout tout de suite, du format court est donc à son apogée : on peut le regretter et préférer la lenteur, la lecture d'un journal papier ou l'écoute du Journal télévisé de Darius Rochebin... On peut aussi poser la question de la prise de recul par rapport à un événement filmé en direct, et du métier de journaliste lui-même. Il n'en reste pas moins que Brut existe bel et bien, et rencontre un certain succès.

    Jean-Philippe Accart

  • Difficile d'effacer ses traces sur Internet

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    458059_3449772199142_901571561_o.jpgDes enquêtes récentes le démontrent (voir en note) : la plus petite démarche sur Internet depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone engendre des traces qu'il n'est pratiquement plus possible de supprimer. Il est possible maintenant de bloquer les publicités intempestives qui nous arrivent grâce à des  bloqueurs de publicité ou de script (des extensions comme Ghostery, Privacy Badger ou NoScript). Mais pour le reste, nos traces apparaissent comme indélébiles : les polices de caractères spécifiques et les émojis laissent d'importantes traces. Grâce aux emojis qui indiquent une appréciation (ou l'inverse) d'une nouvelle, d'une photo ou autres, les fournisseurs d'information type Google ou Facebook récoltent ainsi de précieuses informations sur ce qui va constituer le profil d'un individu et pourra être analysé  par l'intelligence artificielle (IA). Les contacts pris, les données géographiques qui nous localisent sont d'autres indices précieux. 

    On peut cependant se servir de ce qui est récolté sur nous, mais ce sera l'objet d'un autre billet de blog...

    Jean-Philippe Accart

    Plus d'informations sur le site Thot Cursus

  • 200 ans de littérature pour enfants et jeunes adultes : 6 000 ouvrages numérisés

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    Au travers de la numérisation de 6 000 ouvrages pour jeunes adultes sur une période de 200 ans (principalement de livres en anglais), nous pouvons apprendre beaucoup. Plusieurs genres ont prospéré : l’instruction religieuse, mais aussi des livres de langue et d’orthographe, des contes de fées, des codes de conduite, et, surtout, des livres d'aventure comme ceux de Jules Verne. Ces livres offrent une vue (très colonialiste) du vaste monde. Ils sont souvent publiés en série dans les journaux à partir des années 1890, et mêlent fiction, voyage, histoire naturelle et sciences.

    Mais d'autres genres prospèrent qui rencontrent un grand succès : la poésie avec Elfin Rhymes de Norman ou le fantastique avec le Magicien d'Oz de Frank L. Baum et le non moins célèbre Peter Pan de J. M. Barrie. Ils préfigurent la série des Harry Potter et bien d'autres encore.

    L'étude des 200 prochaines années de ce type de littérature sera certainement tout aussi passionnante.

    Jean-Philippe Accart

    Pour en savoir plus, suivre ce lien

  • Mobilité chérie

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    mobilite.jpgLa société actuelle nous pousse à toujours plus de mobilité : dans le travail et la vie professionnelle en général, il faut changer de travail tous les 5 ans en moyenne et le fait d'habiter loin de son lieu de travail oblige à utiliser les transports en commun ou sa voiture (d'où l'obligation de posséder une voiture); en terme de loisirs et de vacances, les voyages lointains ont la cote au vu des développements du transport aérien (4,3 milliards de personnes en 2018 dans les airs, rapporte le bilan annuel de l'Organisation de l'aviation civile internationale)... en bref, être mobile ou ne pas être, telle est la question.

    Etre mobile, oui, mais dans quel but ? Le plupart des travailleurs résidant loin de leur lieu de travail ne font pas ce choix par plaisir, c'est souvent le coût de la vie qui les y oblige (cherté des loyers ; centre-ville peu pratique pour les familles), ils n'ont donc pas de choix. Le choix est là purement économique. 

    Les désagréments de la mobilité sont nombreux : les coûts engendrés sont élevés, le temps perdu en trajet est conséquent (embouteillages, intempéries), la pollution augmente... Cela a une influence non négligeable sur la santé et au final sur le travail lui-même. Peut-on toujours parler de "mobilité chérie" ?

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site www.genie.ch

    Plus d'informations dans le dossier de Télérama du 6 mars 2019 "La mobilité, de la liberté à l'aliénation"

  • Mode de vie : êtes-vous adepte du frugalisme ?

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    frugalisme.jpgSi la société actuelle peut entraîner une consommation à tout va, parfois même excessive, elle engendre également des mouvements contraires, prônant moins de consommation, un plus grande attention à soi et aux autres, le souhait d'un meilleur équilibre vie privée, travail et vie sociale... Le frugalisme, venu des Etats-Unis, est l'un de ces mouvements : ses adeptes veulent profiter de la vie et du temps à disposition en travaillant moins, voire en arrêtant de travailler à 35-40 ans, en ayant fait suffisamment d'économies pour assurer un niveau de vie minimum ensuite. On va alors parler de déconsommation. 

    Comment est-ce possible ? En réduisant son budget mensuel, en épargnant davantage, en investissant ses économies dans des placements financiers, boursiers ou immobiliers, tout en se projetant dans l'organisation d'un nouveau quotidien (vivre en autogestion ou s'installer sur un autre continent par exemple où le niveau de vie est moins coûteux qu'en Europe). L'argent économisé, et/ou placé, doit ainsi assurer de pouvoir vivre une vie de frugaliste.

    On peut bien sûr qualifier ce mouvement d'individualiste, d'hédoniste ou d'égoïste, ce qui n'est pas complètement faux. Mais il fait tout de même réfléchir sur les contraintes liées à la société actuelle et au monde du travail. Alors, prêt pour adhérer ?

    Jean-Philippe Accart

    Plus d'information dans cet article du journal La Tribune par Fanny Parise (08.10.2018)

    Illustration parue dans le journal La Montagne du 07.08.2018

     

  • Le livre a-t-il un avenir... numérique ?

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    biblio_numerique_image-1269530748.jpgIl y a une dizaine d'années, la mort du livre papier est annoncée au profit du livre numérique : les liseuses rencontrent le succès et Google se lance dans la numérisation de livres à grande échelle. Les différents intermédiaires de la chaîne du livre (éditeurs, libraires, bibliothécaires notamment) n'ont plus qu'à chercher un autre emploi.

    En 2018, rien de ce qui était annoncé n'a eu lieu, ou en tous les cas, pas avec l'ampleur prévue. Si le livre numérique (e-book) prend une certaine part de marché, le livre physique en conserve une très large majorité (95 %, en volume comme en chiffre d’affaires selon une étude GfK pour l'édition francophone). C'est ce que constate également les principaux éditeurs américains tels Macmillan, Simon & Schuster ou Penguin Random House. Amazon ouvre même des librairies aux Etats-Unis. De nouvelles librairies privées s'ouvrent à Paris ou en province. Les bibliothèques n'ont pas fermé leurs portes, de nouvelles sont construites de par le monde.

    A quoi cela est-il dû ? De nombreuses raisons peuvent être avancées, mais d'après Anne Mangen, chercheuse au Centre sur la lecture de l'université de Stavanger en Norvège, qui a réalisé plusieurs enquêtes comparatives entre lecture sur papier et lecture sur liseuses, "la lecture sur papier est plus empathique, et permet une meilleure immersion dans la narration". De plus "les étudiants qui lisent des textes imprimés obtiennent de meilleurs résultats".

    Jean-Philippe Accart

    voir aussi l'article paru dans Le Monde du 28 septembre 2018 : "Gutenberg vit encore"

    illustration extraite du site "Du temps pour le livre numérique"

  • Le nouveau portail "Mon Manuel Scolaire Numérique"

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    ban3.pngUne quasi vingtaine d'éditeurs scolaires français lance un nouveau portail : "Mon Manuel Scolaire Numérique". Mais attention: les livres proposés ne sont pas gratuits, la plateforme redirigeant les intéressés vers l'éditeur du livre concerné. Cependant, les prix restent assez modiques dans l'ensemble. L'avantage est de voir regroupés un ensemble de manuels scolaires, et de pouvoir les télécharger sur une tablette ou un ordinateur par exemple. Du primaire au lycée, ceux-ci sont disponibles dans toutes les matières et pour tous les niveaux, même en vacances...

    Le Manuel Scolaire Numérique propose de nombreuses ressources supplémentaires (vidéos, sons, animations) et des fonctionnalités interactives, rendant ainsi la navigation plus ludique. Les éditeurs ont souhaité une ergonomie accentuée pour ce site facilitant l'appropriation par des enfants en situation de handicap par exemple (zoom ou écoute de textes sont ainsi rendus plus aisés). 

    Reste maintenant à savoir si les enfants vont s'approprier ce site, et notamment la lecture de manuels sur un écran...

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site Mon Manuel Scolaire Numérique