Genève

  • Les étés d'avant aux Bains des Pâquis

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    Paquis_02-700.jpgEn cette année 2021, l'été a fait faux bond, il est passé par là et repassera peut-être. Nul ne sait, la météo est capricieuse. Il est cependant possible de se rappeler les étés d'avant où la température élevée entraine tout le monde à se rafraichir et à profiter de l'eau. Alors quoi de mieux que les Bains des Pâquis, lieu emblématique genevois s'il en est. Faut-il rappeler les 500 m de plage en pleine ville, son SPA et ses événements culturels réguliers ?

    La bibliothèque patrimoniale de la ville, la Bibliothèque de Genève et son centre iconographique, conserve une collection de photographies anciennes que vous pouvez découvrir chaque samedi dans l'édition de la Tribune de Genève, rubrique "Genève au fil du temps". Créés en 1872, suivant en cela la vogue des bains que connait toute l'Europe, les Bains des Pâquis ont la particularité d'être en pleine ville, et leur mode ne se dément pas de génération en génération. Privés tout d'abord, la Ville de Genève en devient propriétaire en 1890. De nombreuses villes suisses offrent la possibilité de se baigner en plein centre ville : aux bords de l'Aare à Berne, ou sur le lac de Zürich. Une manière d'être proche de la nature.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration : Frank-Henri Jullien, Genève, bains des Pâquis, 1932
    Négatif positif noir/blanc sur plaque de verre, 13×18 cm, Bibliothèque de Genève inv. vg n13x18 07682

     

  • Nom de code : Lontad. La numérisation des Archives de la SDN

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    SDN.jpgLa Société des Nations (SDN) a été créée à Genève en 1919 après la Première Guerre mondiale : c'est la première organisation intergouvernementale pour la paix et la coopération, qui a conduit à une institutionnalisation des relations internationales telles que nous les connaissons. Ses activités sont reprises ensuite en 1946 par l'Organisation des Nations-Unies (ONU). Les archives de la SDN sont déposées à l'ONU qui a commencé en 2018 leur numérisation.

    Quelques chiffres-clés : les archives de la SDN représentent 15 millions de pages, 500 000 unités documentaires et mesurent près de 3 kilomètres linéaires. En 2009, l'importance historique des archives de la Société des Nations est reconnue par l'UNESCO, avec son inscription sur le Registre de la Mémoire du monde. Elles témoignent de la coopération entreprise par les diplomates, les agents et les premiers fonctionnaires internationaux pour garantir la paix et la sécurité.

    Le projet Lontad - nom de code du projet de numérisation - court jusqu'en 2022, ce qui rendra ainsi possible l'accès à ces archives aux chercheurs, historiens et au grand public.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration : Archives de la Société des Nations dans la salle de lecture John D. Rockefeller à l'Organisation des Nations Unies de Genève.

  • Les 20 ans de Wikipedia

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    Cette semaine voit l'anniversaire de la création de l'encyclopédie libre en ligne il y a 20 ans, Wikipedia. Très décriée à ses débuts comme peu crédible, elle est maintenant utilisée par toutes et tous, de 7 à 77 ans, voire plus. Elle a même détrôné les grandes encyclopédies universelles telle l'Universalis (qui existe toujours cependant sous format numérique, mais a abandonné sa forme papier).

    Il est vrai que le format numérique est particulièrement adapté à ce type d'outil bibliographique, notamment pour la mise à jour des informations, plus souple et moins coûteuse que le recours à des éditions papier successives. Même si les encyclopédies reliées, avec de nombreux volumes ont fait les beaux jours de certaines bibliothèques (personnelles ou publiques), Wikipedia y a mis fin.

    Le modèle économique de Wikipedia est fondé sur l'écriture d'articles par des bénévoles, articles qui sont ensuite revus, corrigés ou amendés par une communauté *.  Les articles de l'encyclopédie peuvent être copiés librement, tout en citant bien sûr la source. A l'heure actuelle, Wikipedia en français, c'est plus de deux millions d'articles et plus de 20 000 contributeurs. L'article sur Genève est particulièrement complet et sa dernière mise à jour date du 18 janvier 2021.

    Jean-Philippe Accart

    Pour aller plus loin, voir l'ouvrage de Guy Delsaut, aux Editions Klog, et celui de Rémy Mathis aux éditions First consacrés à Wikipedia

    * Certaines bibliothèques organisent périodiquement des ateliers d'écriture Wikipedia, telle la Bibliothèque de Genève

  • Le nouvel horizon des bibliothèques suisses

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    slspreal.pngLe 7 décembre prochain, la presque totalité des grandes bibliothèques scientifiques suisses (Universités, Grandes et Hautes écoles) vont utiliser un nouveau système de gestion intégré (SIGB) qui, pour le public, s'appellera "Swisscovery" (un outil de découverte adapté à la Suisse). A Genève, sont concernés principalement la Bibliothèque de Genève, l'Université de Genève et les Hautes écoles (HEPIA; HEAD; HETS; HEG...). Ce système va remplacer les systèmes existants Rero et Nebis.

    Swiss Library Service Platform (SLSP) est la plateforme qui va gérer ce système et les nouveaux services qui sont intégrés, notamment le prêt entre bibliothèques. Ainsi, depuis presque deux années, 475 bibliothèques scientifiques et 2500 bibliothécaires travaillent d'arrache-pied pour la réussite du projet SLSP. La société SLSP AG dont le siège est à Zürich réunit tous les partenaires concernés qui en sont actionnaires. La Confédération helvétique finance également ce projet d'envergure.

    C'est un changement de paradigme avec l'arrivée de cette nouvelle plateforme nationale de services. Pour celles et ceux qui voudront emprunter des documents ou les faire venir chez eux ou dans leur bibliothèque, il faudra se réinscrire (le mieux est de consulter la page web de sa bibliothèque). Des millions de documents seront ainsi accessibles et consultables pour la partie ressources électroniques (en étant affilié à une université).

    C'est donc un nouvel horizon qui s'annonce pour les bibliothèques suisses.

    Jean-Philippe Accart

  • La bibliothèque itinérante de Napoléon

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    Napo.jpgNapoléon, grand lecteur, aimait partir en campagne ou en déplacement  avec sa bibliothèque personnelle, selon les historiens. Comme il souhaite avoir à sa disposition un choix conséquent d'ouvrages divers, il fait concevoir spécialement pour lui, des bibliothèques itinérantes (voir illustration) pouvant contenir des ouvrages de petits formats, avec un dos relié, en cuir très souple, très manipulables.

    En juillet 1803, il passe ainsi commande à Antoine-Alexandre Barbier, son bibliothécaire particulier :  « C’est l’intention de Sa Majesté de faire imprimer ces œuvres pour son usage spécial et afin d’économiser l’espace, qu’il n’y ait pas de marge ». Ces ouvrages sont contenus dans des caisses recouvertes de cuir et garnies de velours. Une caisse contient alors soixante petits volumes et un catalogue permet de les retrouver.

    Tout jeune, et pas encore empereur, Bonaparte entretient des relations étroites avec plusieurs éditeurs afin d'obtenir des ouvrages. L'éditeur Borde à Genève lui fournit ainsi les écrits de Jean-Jacques Rousseau. Plus tard, pendant la campagne d'Egypte, il emporta avec lui les titres suivants:

    - Le cours d'études par Condillac,
    - Les Œuvres diverses d Arnaud,
    - Les Essais de Bacon,
    - De l'influence des passions par Mme de Staël,
    - Les visions philosophiques par Mercier

    Installé ensuite à Malmaison avec Joséphine de Beauharnais, il crée sa bibliothèque personnelle de 5 à 6 000 ouvrages, qui furent ensuite dispersés. Seuls quelques-uns partirent avec lui lors de son exil à Saint Hélène.

    Jean-Philippe Accart

    Voir aussi cet article : lien

     
  • Le smartphone, cet objet qui nous définit si bien

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    smart.pngLe smartphone est un objet essentiel du quotidien, utilisé par des milliards de personnes de par le monde, et sa fin ne semble guère proche. Même si la technologie avance vite, on ne voit pas pour l'instant par quoi il pourrait être remplacé : les lunettes connectées ne sont plus à la mode, il n'y a plus guère que la puce électronique implantée sous la peau qui aurait un avenir. A voir...

    Nicolas Nova dans son dernier livre paru chez MetisPresses (qui est aussi téléchargeable gratuitement) nous livre un brillant essai de presque 400 pages sur l'utilisation de cet objet qui nous définit si bien : pour lui, l'utilisation continuelle du smartphone n'est pas tant une addiction qu'un acte compulsif, où nous serions à la recherche sans fin de nouveautés. Les notifications que nous recevons de manière constante (un nouveau message, un Like, un Whatsapp...) sont autant de manières d'attirer - et de détourner - notre attention. Si le déficit d'attention est bien étudié chez l'enfant ou l'adolescent (on parle du "syndrome du poisson rouge" qui ne dépasse pas huit secondes d'attention par information reçue), celui de l'adulte reste encore un champ d'exploration.

    L'auteur est professeur à la HEAD, il est aussi fondateur d'une agence de prospective. Son livre s'appuie sur une étude de terrain sur trois continents (à Genève, Tokyo et Los Angeles) et il étudie le smartphone sous l'angle de plusieurs facettes à découvrir...dans son livre.

    Jean-Philippe Accart

  • Jeunes auteurs romands, à vos plumes !

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    sdl.jpgLa Fondation pour l’Ecrit du Salon du Livre de Genève propose un programme en vue d'encourager les jeunes auteurs romands et leur apporter un soutien dans l'écriture. Il s'agit du programme "De l'écriture à la promotion", comportant une formation pratique - gratuite - avec des ateliers au nombre de 5, des rencontres, la présence à différents salons du livre (Sion, Genève). 

    Dans ces ateliers, sont traités la communication orale et numérique, les techniques de narration (non fictionnelle), l'écrit en rapport avec d'autres formes artistiques.

    Assurer la relève de la littérature suisse romande apparait comme un enjeu important à l'heure actuelle, et cette initiative est à relever. 

    Certaines conditions doivent être remplies pour bénéficier de ce programme. Le dossier de candidature est à envoyer avant le 16 février 2020.

    Jean-Philippe Accart

    Illustration : Logo Salon du Livre de Genève (Facebook)

  • Les déambulations genevoises de Jorge Luis Borges

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    borges.jpgJorge Luis Borges, le plus célèbre écrivain argentin, vécut quelques années à Genève en tant que collégien au Collège Calvin. Ses parents devenus rentiers s'y étaient installés. Il se promena beaucoup dans la vieille ville, et aussi à la Jonction. Devenu non-voyant, il revint régulièrement dans la ville du bout du lac, se rappelant très bien des rues et des passages. Il est décédé à Genève et est enterré au cimetière des Rois, près de Plainpalais. L'émission de la RTS, Couleurs locales, nous le rappelait encore la semaine dernière.

    Malheureusement, il n'y a pas - encore - de "circuit littéraire" pour rappeler ces faits, comme il en existe dans d'autres villes. La ville de Trieste, au nord de l'Italie, a par exemple plusieurs parcours littéraires pour célébrer les nombreux écrivains qui y ont vécu : Italo Svevo, James Joyce, en passant par Umberto Saba ou Rainer Maria Rilke.

    Même si cela ne console pas beaucoup, la capitale argentine Buenos Aires ne célèbre que très peu cet immense écrivain, à peine une ou deux plaques sur certains bâtiments dont l'ancienne bibliothèque nationale dont il fut le directeur, et qui possède encore son bureau et quelques livres annotés de sa main.

    Jean-Philippe Accart

    Photo : la tombe de JL Borges à Genève - crédit : JP Accart

    Voir un autre billet consacré à J.L. Borges sur ce site

     

     

     

    https://jpaccart.blog.tdg.ch/archive/2016/03/20/le-reve-de-jorge-luis-borges-revisite-274915.html

  • Dans le secret des bibliothèques privées

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    bibliothèques_privees.jpgLes bibliothèques publiques, patrimoniales, scientifiques sont bien implantées et nombreuses en Suisse : rien que pour la ville de Genève, on dénombre 9 millions de documents *, ce qui est un chiffre qui dépasse ce que possède bien des villes comparables dans le monde.

    La revue "Domus Antica Helvetica" dans son son bulletin #70, 12/2019 a la bonne idée d'éditer un dossier spécial consacré aux bibliothèques privées et historiques en Suisse et les découvertes sont nombreuses. Quelques exemples après une introduction détaillée de Mme Marie-Christine Streuli :

    - la bibliothèque du Reposoir (Château du Reposoir, commune de Prégny-Chambésy, 1750), soit 2800 ouvrages ;

    - la bibliothèque du château d'Oron (Commune d'Oron-le-Châtel), 18 000 romans publiés à Paris entre 1750 et 1815 ;

    - la bibliothèque du Sprecherhaus (Commune de Maienfeld), 23 000 volumes répartis dans cinq pièces, le plus ancien datant de 1282 ;

    Et d'autres encore, le château de Burgistein(Canton de Berne, famille Von Graffenried) ou le très étonnant "Cabinet de littérature sentimentale" à Soleure.

    Ces bibliothèques privées sont le reflet de l'histoire d'une famille généralement bourgeoise ou aristocrate, d'érudits ou d'une succession de propriétaires qui ont racheté l'entièreté des biens d'une demeure. Certaines collections voient le jour avec Les lumières, les oeuvres de Voltaire ou Rousseau. Elles sont aussi le reflet d'une histoire de la Suisse, au milieu de l'Europe et refuge de bien des collectionneurs.

    Jean-Philippe Accart

    * voir la page Livres et bibliothèques à Genève sur le site de la Ville de Genève

  • Genève, la Ville-Monde

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    geneva.jpgPhilippe Burrin, personnalité de la Genève internationale, laisse sa place de directeur de l'IHEID et livre, dans son discours de départ, sa vision de Genève comme ville-monde. On peut trouver son discours in extenso sur le site d'Heidi News et c'est passionnant ! 

    Il débute son propos en citant Dostoïevski, un temps résidant genevois et qui en dresse un portrait pour le moins contrasté où l'on reconnait assez peu la Genève actuelle. L'arrivée de la Société des Nations (SDN) change bien évidemment ce portrait et insère Genève - et la Suisse ! - dans le concert des nations après la 1ere Guerre mondiale, ce qui ne s'est pas démenti depuis. P. Burrin cite à bon escient l'influence de Paul Otlet, père de la documentation et universaliste de renom, voyant dans Genève, la future capitale du monde (la Cité mondiale).

    Ce projet n'aboutit pas, mais après 1950, l'ONU installe son agence européenne, et 184 organisations internationales voient le jour, occupant quelque 25 000 fonctionnaires internationaux...

    Et enfin, pour citer Philippe Burrin lui-même : "La ville tient une place de premier plan dans le système de gouvernance globale parce qu’elle est à la fois une enceinte de négociation multilatérale et un centre d’opérations qui s’étendent au monde entier (travail, migrations, santé etc). Elle est à la fois l’une des plus petites villes mondiales et l’une des plus importantes, sinon la plus importante par rapport à sa population."

    Jean-Philippe Accart

     

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève, Histoire, Humeur, Temps 0 commentaire
  • Photos : «Nous, saisonniers, saisonnières… Genève 1931-2019»

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    saisonnier.jpgGenève ne serait pas Genève sans ceux qui l'ont construite, aménagée, réparée... dans un passé encore pas si lointain, et notamment ces travailleurs saisonniers provenant de toute l'Europe, représentant au fil des ans plusieurs milliers de personnes. La libre circulation était encore loin, et ces travailleurs avaient besoin d'un permis de travail temporaire. Ils venaient généralement sans leurs familles, ou en les cachant. Beaucoup de femmes étrangères (entre 8 000 à 12 000) ont ainsi travaillé pour les familles aisées de Genève.

    L'espace culturel Le Commun au sein du Musée d’art moderne et contemporain de Genève (MAMCO) nous le rappelle a bon escient au travers de cette exposition sous l'angle de belles photographies en noir et blanc qui parlent d'elles-mêmes. Elles s'étalent sur une longue période, plus de 70 ans, et rendent un bel hommage à ces hommes et ces femmes, que les sociologues nomment comme étant un sous-prolétariat.

    Evidemment, Genève n'est pas une exception, beaucoup d'autres villes et d'autres pays ont fait appel à ce type de main d'oeuvre. Mais peu rendent hommage de cette manière à ces travailleurs et travailleuses, avec humanité.

    Jean-Philippe Accart

    Plus d'informations dans l'article de Daniele Mariani "Le travail précaire au temps des saisonniers" publié sur Swissinfo le 19 novembre 2019

     

     

  • L'histoire de Genève sous le prisme de ses bibliothèques

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    jvr-ombre-1.jpgPeu de Genevois le savent, mais leur ville est une des plus riches au monde en terme documentaire : les collections de ses bibliothèques, et ce depuis au moins de deux siècles, comptabilisent le plus grand nombre d'ouvrages par habitant, constituant un patrimoine documentaire, littéraire et scientifique inégalé. A l'heure où l'on parle de numérique, ces collections papier existent toujours, et occupent un grand nombre de professionnels : doit-on voir dans cette richesse documentaire une des clés de la réussite de Genève puisqu'elle nourrit les milliers d'étudiants et de professeurs ? Certainement. L'habitant lambda n'est pas exclu puisque le réseau des bibliothèques municipales de Genève est lui aussi très dynamique.

    La maison d'édition genevoise L'Esprit de la lettre publie un ouvrage à quatre mains intitulé "Histoire d’une (r)évolution | L’informatisation des bibliothèques à Genève 1963 – 2018 : là aussi, peu de Genevois le savent, mais l'histoire des bibliothèques suit de près celle de l'informatique. Plus rien - ou très peu - de transactions au sein d'une bibliothèque a à voir avec le papier : tout est informatisé par des systèmes de gestion de bibliothèques performants qui permettent de réaliser une multitude d'opérations.

    Les auteurs de cet ouvrages ont participé activement à l'évolution des bibliothèques genevoises, et il faut leur rendre cet hommage-là : ils ont accompagné toutes les transformations depuis une bonne quarantaine d'années, Alain Jacquesson en tant directeur de la Bibliothèque de Genève et Gabrielle Von Roten de l'Université de Genève.

    Sur le chemin de l'histoire, Genève peut aussi être vue sous le prisme de ses bibliothèques.

    Jean-Philippe Accart

  • Votre journal a 140 ans !

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    topelement.jpgLe saviez-vous ? La Tribune de Genève fête ses 140 ans cette année : autant dire que par les temps qui courent, c'est un exploit et c'est bien sûr grâce à ses lecteurs et ses journalistes. Souhaitons-lui encore 140 ans d'existence !

    La Bibliothèque de Genève, bibliothèque patrimoniale, a numérisé la TdG de 1879 à 1920, en attendant l'entier de la collection. Une autre bibliothèque, la Bibliothèque nationale suisse, a entrepris un vaste projet de numérisation de la presse suisse, travail titanesque (87 journaux numérisés) que l'on peut retrouver sur le site e-newspaperarchives

    La Tribune de Genève est donc un des plus anciens quotidiens suisses encore publié, et vous retrouverez régulièrement dans ces colonnes les événements qui ont jalonnés l'histoire de Genève, et bien sûr l'histoire mondiale.

    En illustration, la première une du 1er février 1879, un régal !

    Jean-Philippe Accart

     

     

     

  • Une politique culturelle pour Genève

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    BGE.jpgLe conseiller d'Etat Thierry Apothéloz vient de publier un document  qui dévoile ses ambitions pour une véritable politique culturelle à Genève. Aussi étonnant que cela paraisse, un tel document n'existait pas jusque-là... : il est vrai que la culture en ville et dans le canton de Genève apparait disparate et sans grande cohérence, même s'il existe de nombreux événements culturels dignes de ce nom. Or, vu le renom international de la ville, c'est pour le moins surprenant et pas en adéquation avec les richesses (culturelles, littéraires, artistiques, patrimoniales...) de celle-ci.

    Que propose le conseiller d'Etat ? Notamment que la constitution genevoise instaure une nouvelle gouvernance pour la culture entre les communes, les villes et le canton. Parmi les propositions : un rapprochement des Archives de l'Etat avec la Bibliothèque de Genève ce qui renforcerait un pôle patrimonial d'envergure ; la création d'un musée de la bande dessinée ; et enfin, une rétribution équitables des artistes.

    Ce projet est soumis à observations jusqu'au 30 septembre avant d'être présenté au Conseil d'Etat.

    Jean-Philippe Accart

    Illustrations : La Bibliothèque de Genève au Parc des Bastions

     

  • Léonard de Vinci et Genève

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    indexLV.jpgUn mystère sera peut-être dévoilé le vendredi 1er mars prochain à 12h15 à la Bibliothèque de Genève, aux Bastions. Le célèbre manuscrit De Divina Proportione écrit par Luca Piacioli  et conservé par la bibliothèque depuis 1756 comporte-t-il réellement 60 dessins de la main de Leonard de Vinci ?

    De Divina Proportione (La Divine Proportion) est un livre de mathématiques composé aux alentours de 1498 à Milan et publié pour la première fois en 1509 à Venise. Il détaille la proportion mathématique et son application en géométrie, dans les arts et en architecture. C'est dire son importance, et qui en effet mieux que Leonard de Vinci pouvait l'illustrer ?

    A l'occasion de la célébration des 500 ans de la mort du grand homme, le manuscrit partira pour Rome pour être exposé aux Scuderie del Quirinale. Mais auparavant, il sera présenté au public genevois à l'Espace Ami Lullin le samedi 2 mars, une fois le mystère levé la veille au cours d'un débat avec des conservateurs, des historiens et des scientifiques. Une occasion à ne pas manquer.

    Jean-Philippe Accart

    Voir le programme de la manifestation 

     

  • Le Musée Voltaire à Genève vous accueille pour une "Nuit des Délices"

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    la_famille_du_duc_de_penthieevr121415.jpgPour celles et ceux qui ne connaissent pas - encore - ce musée dédié aux Lumières et sis en plein Genève, cette "Nuit des Délices" peut être l'occasion de le découvrir. Elle aura lieu le 5 février prochain à 18.30, et sera l'occasion de recréer l'ambiance d'un salon littéraire tel qu'il pouvait exister au 18è siècle...

    Deux récitants, Rose Marie Fuchs-Nicolas et Louis Martinet, prendront les rôles respectifs de Madame du Deffand et de Voltaire et liront des morceaux choisis de leur correspondance assidue qui dura plus de vingt-cinq ans.

    D'après les organisateurs de cette soirée, ces échanges épistolaires sont à la fois "éblouissants, élégants et facétieux". L'esprit du Siècle des Lumières sera bien présent le 5 février.

    Jean-Philippe Accart

    Entrée libre, mais places limitées. S'inscrire par mail à  communication.bge@ville-ge.ch

    Le Musée Voltaire fait partie de la Bibliothèque de Genève

    Ill. fr.muzeo.com

     

     

     

  • Nicolas Bouvier, l'écrivain photographe et iconographe

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    bouvier-28651324.jpgL'automne genevois nous a régalé d'un choix d'illustrations du fonds iconographique de Nicolas Bouvier, invitant ainsi à une promenade non pas littéraire mais artistique dans les rues de la ville.

    La Bibliothèque de Genève prolonge cette promenade par une exposition des propres photographies de l'auteur prises au cours d'un de ses voyages mythiques en 1953, à travers l'ex Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, le Pakistan, avec son ami, peintre, Thierry Vernet. Le résultat de ce voyage est le non moins mythique ouvrage "L'usage du monde".

    La littérature, la photographie, le dessin ou le cinéma sont des arts à la puissance évocatrice, qui ont le pouvoir de nous transporter dans un ailleurs, ou hors du temps. Les photographies de Nicolas Bouvier ont cette force-là, et on ne saurait trop recommander d'aller les contempler jusqu'au 2 février 2019... et de relire "L'Usage du monde" !

    Jean-Philippe Accart

    Voir aussi le site "Le voyage en images"

    Ill. extraite du site Swissinfo.ch : Nicolas Bouvier et Thierry Vernet

    Interview de Nicolas Bouvier à la RTS à propos de "L'Usage du monde"

  • Une Suisse digitale : autour du SwissDigitalDay

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    digital.pngLe 25 octobre a lieu la 2ème Journée du Digital en Suisse ou SwissDigitalDay. Le succès de la 1ère édition a permis d'en organiser une seconde qui semble prometteuse. Une des particularités de cette journée digitale (ou numérique) est d'avoir lieu dans 12 lieux différents sur tout le territoire suisse, avec plus de 80 événements don vous pouvez consulter le programme ici. Parmi les partenaires de cette manifestation, citons Google, Ringier, les CFF, la RTS et Swisscom.

    L'Association qui gère cet événement que l'on peut qualifier d'hors-normes est digitalswitzerland, fondée en 2015, avec 120 entreprises et organisations diverses.

    Le programme du 25 octobre est très riche, allant d'ateliers, à des conférences, des  lives en gare de Zürich ou de Sion, avec des spécialistes de l'intelligence artificielle, des réseaux sociaux, du monde numérique en général.

    Jean-Philippe Accart

    Les bibliothèques participent également: vous trouverez ici plus d’informations ainsi que les programmes :
    https://www.digitaltag.swiss/fr/
    https://www.dsi.uzh.ch/de/digitaltag.html
    https://www.ethz.ch/de/news-und-veranstaltungen/veranstaltungen/digitaltag.html
    https://www.zb.uzh.ch/Medien/zb_programm_e-day_180920_print.pdf

  • Le 4è, un nouvel espace numérique à Genève

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    untitled.pngLes bibliothèques municipales de le Ville de Genève viennent d'annoncer l'ouverture de l'Espace Le 4è à la Bibliothèque de la Cité. Une expérience semblable (mais moins développée dans l'offre) avait eu lieu lors de travaux entrepris dans cette même bibliothèque il y a quelques années.
     
    Ce nouvel espace prometteur sera entièrement dédié au numérique et aux nouvelles technologies, mais il se veut également un lieu de réflexion, de découverte et d'apprentissage autour des nouvelles pratiques numériques. Enfin, devrait-on dire...
     
    L'aspect bibliothèque et accès aux ressources n'est pas oublié avec l'offre de milliers de journaux et de magazines en ligne, de jeux vidéo (on pourra les emprunter), l'apprentissage de la vie numérique soit d'un point de vue technique (apprendre à utiliser sa liseuse), soit afin de mieux protéger sa vie privée sur les réseaux sociaux. On pourra aussi programmer un robot, trouver de l’information fiable sur internet, faire des démarches administratives en ligne, rédiger un article sur Wikipédia ou encore créer une BD numérique.
     
    Evidemment, on ne peut que se féliciter d'une telle réalisation en ville de Genève.  

    Journée portes ouvertes le samedi 10 mars 2018 de 10h00 à 18h00
     
    Jean-Philippe Accart

  • Maîtrise de l'information et accès à l'emploi des jeunes diplômés

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    il.jpgFaut-il être expert en recherche d'information, maîtriser l'information sous tous ses aspects pour décrocher un job ? Cela ne semble pas être le cas puisque d'une part ce n'est jamais mentionné dans les offres d'emploi, et d'autre part, décideurs et managers n'y accordent en général que peu d'importance...

    C'est sans compter les efforts déployés par les universités pour faire en sorte que leurs étudiants soient le mieux armés possible pour comprendre l'environnement informationnel, travailler dans de bonnes conditions à leurs thèses et mémoires  et éviter les pièges du plagiat ou de la fraude. Depuis une dizaine d'années, l'Université de Genève et ses bibliothèques déploient de nombreux efforts dans ce sens, avec succès. Des programmes de maîtrise de l'information sont rendus obligatoires dans un certain nombre de cursus, leur permettant d'obtenir des crédits ECTS selon le processus de Bologne. Un tutoriel en ligne "Infotrack" a été créé, avec des vidéos drôles et interactives qui démythifient l'information. 

    Cet aspect de l'employabilité des jeunes diplômés incluant la maîtrise de l'information devrait être mieux pris en compte par les entreprises. Rares sont celles qui ont compris que le management de l'information, la gestion des savoirs (ou knowledge management) ou la formation à l'information (information literacy) sont bénéfiques à la prise de décision et à la bonne marche de l'entreprise. Des études récentes démontrent que les employés perdent en moyenne 8 heures par semaine à trouver l'information qu'ils recherchent...

    Jean-Philippe Accart

    Illustration extraite du site Lynda.com

    Etude sur le temps perdu en entreprise, voir ce lien 

  • Rencontre avec Alberto Manguel, héritier de Jorge Luis Borgès

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    manguel.jpgUn voyage à Buenos Aires - en vue de découvrir cette ville magnifique s'étirant au bord du Rio de La Plata - est aussi une manière de marcher dans les pas de Jorge Luis Borgès, auteur que j'avais déjà évoqué dans un précédent billet de ce blog. Les connexions de l'écrivain argentin avec la Suisse sont importantes car il y vécut enfant, et il repose maintenant au cimetière des Rois à Genève.

    Quoi de mieux que de rencontrer (même brièvement) son héritier spirituel en la personne d'Alberto Manguel, écrivain et directeur de la Bibliothèque nationale d'Argentine ? Celui-ci a bien voulu me recevoir et j'ai ainsi pu découvrir son projet de rénovation du bureau de Borgès dans l'ancienne bibliothèque nationale (calle Mexico 564) dont celui-ci fut le directeur entre 1955 et 1973. L'actuelle bibliothèque nationale n'a rien à voir avec l'ancien édifice, le nouvel édifice ressemblant à un énorme vaisseau extra-terrestre posé dans la ville. Cependant, un pays qui nomme à la tête d'une institution culturelle prestigieuse deux de ses plus grands écrivains ne peut mériter qu'une grande considération. 

    Retrouver les traces de l'écrivain Borgès dans Buenos Aires n'est pas aisé, rien n'est vraiment fait pour cela, contrairement à d'autres villes qui nous font vraiment suivre les chemins empruntés par leurs écrivains (on pense notamment à Trieste où vécurent Umberto Saba, Italo Svevo, Claudio Magris ; ou Ferrare avec Giorgio Bassani). S'il existe bien une Fondation Borgès créée en 1988 par sa veuve Maria Kodama ainsi qu'un centre culturel qui porte son nom, la rénovation du lieu où Borgès travailla pendant 18 ans, en plus de quelques dizaines d'ouvrages annotés de sa main possédés par la bibliothèque nationale, va contribuer à conserver sa mémoire. En attendant, il faut lire ou relire Borgès et son héritier Alberto Manguel qui se voit plus tard comme un futur "ermite". 

    Jean-Philippe Accart

    Lien permanent Catégories : Bibliothèque, Genève, Histoire, Voyage 0 commentaire
  • "Les lectures de Lénine": une exposition à la Bibliothèque nationale suisse

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    lenine.jpgPeu de personnes le savent (à part quelques initiés) ou s'en souviennent, mais  Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, fréquenta la Bibliothèque nationale suisse en 1915 (à l'époque die Landesbibliothek), soit deux ans avant la Révolution bolchevique qui bouleversa et bouleverse encore la carte du monde. Il est, avec son épouse Nadejda Krupskaïa, vraisemblablement habitué de la Suisse, puisqu'ils vécurent plusieurs années à Genève au début du XXè siècle. Un article fort intéressant de la Tribune de Genève relate ce passage de Lénine à Genève.

    Mais que lisait donc le célèbre révolutionnaire dont la dépouille est toujours conservée dans son mausolée du Kremlin ? La Bibliothèque nationale a bien sûr conservé des traces du passage de ce visiteur si célèbre - mais inconnu à l'époque - et notamment les fiches de prêt des livres, soit une soixantaine. Ce sont des livres d'histoire, mais aussi des livres sur l'organisation, la technique ou encore la politique - en allemand, français et italien.

    L'exposition qui se tient en ce moment à Berne jusqu'au 26 août (en prémice des célébrations de la révolution d'octobre 1917), raconte ce parcours livresque en présentant des documents qui n'ont encore jamais été montrés, en provenance des Archives fédérales et des Archives de l'Etat de Berne. A l'époque, Lénine se montra impressionné par le système des bibliothèques en Suisse. Il partit ensuite pour Zürich, puis retourna en Russie et nous connaissons la suite de l'histoire...

    Jean-Philippe Accart

  • Madame de Staël entre dans La Pléiade

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    stael.jpg2017 est l'année du bicentenaire de la mort de Germaine de Staël, et cet événement est célébré à la fois en France et en Suisse. Très célèbre dans toute l'Europe à son époque pour défendre le rôle et la condition des femmes dans la société, elle est née à Paris en 1766 d'un père genevois, Jacques Necker (alors ministre des Finances de Louis XVI) et d’une mère vaudoise, Suzanne Curchod qui tenait un salon littéraire à Paris et recevait Diderot. Baignée par l'esprit des Lumières, elle écrit de nombreux ouvrages, essais et romans : De l'Allemagne ; Delphine ; De la littérature ; Corinne ou l'Italie...

    Peu appréciée par Napoléon (et réciproquement), elle se réfugie alors au Château de Coppet qu'elle hérite de son père et continue à écrire. Esprit libre, moderne et sensible, elle est une des rares femmes à entrer dans La Pléiade.

    Cet anniversaire est l'occasion d'un certain nombre de manifestations à Coppet, à Paris. Mme de Staël sera notamment interprétée par l'actrice Brigitte Fossey, au cours d'une pièce de théâtre retraçant sa confrontation avec Napoléon.

    Jean-Philippe Accart

    Madame de Staël, Œuvres, édition de Catriona Seth avec la collaboration de Valérie Cossy
    Parution le 20 Avril 2017
    Bibliothèque de la Pléiade, n° 621

    Bicentenaire Mme de Staël, Château de Coppet et Paris, d’avril à juillet. www.festivaldestael.ch 

  • Webstory.ch : lire, écrire et publier des textes en ligne

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    logo.pngNous avons tous une ou des histoire(s) à raconter: celle inspirée par nos parents, nos grands-parents, ou nos enfants ; nos voyages sont aussi une belle source d'inspiration (on ne compte plus le nombre de blogs éphémères) ; certains écrivent leur quotidien au fil d'un journal en ligne... Bref, en parallèle à la photographie personnelle qui s'expose de plus en plus sur les comptes Instagram, l'écriture en ligne (ou l'écriture sur le web), a peut-être de beaux jours devant elle.

    C'est certainement ce qui a motivé Helena Zanelli, fondatrice du site webstory.ch, initiative prometteuse et originale. Il s'agit d'une plateforme d'écriture, qui permet à la fois d'écrire et de publier, mais aussi de lire de nouveaux textes, sur son mobile par exemple. Avec Internet, les textes courts sont privilégiés et s'adaptent complètement à ce média. Webstory.ch permet d'être webreader, webwriter, ou les deux à la fois. Plusieurs possibilités d'abonnements sont proposées et vont être développées. 

    Non contente d'offrir cette plateforme, la créatrice lance depuis 2012 un concours annuel d'écriture avec des thématiques différentes (en 2016, le polar) sous la houlette d'un jury. Le concours 2017 devrait être annoncé prochainement.

    Jean-Philippe Accart

  • Mieux comprendre ce qu'est l'information avec Info Track de l'Université de Genève

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    logoInfoTrack.pngLes bibliothécaires de l'Université de Genève se soucient de leurs étudiants et de leurs professeurs. Ils mettent à disposition une formation en ligne, Info Track, leur permettant de mieux gérer l'information, de l'évaluer, tout en sensibilisant au phénomène grandissant du plagiat.

    Il s'agit de plusieurs modules indépendants (Comment trouver ; Plan de recherche documentaire ; Trier ; Plagiat ; Rédaction et communication), s'appuyant sur des vidéos courtes explicatives - et présentées avec humour - , une rubrique "A retenir" et un quizz.

    Aider les étudiants dans la réalisation de leurs travaux académiques est donc l'objectif principal de cette formation nouvelle manière en ligne qui va s'avérer certainement vite utile et indispensable.

    Jean-Philippe Accart